f6k ~ Summer Star Wars - Rogue One

Fichier créé le 22 juin 2017 • Dernière mise à jour le 25 septembre 2017.

Logo Il y a dans l’air ce petit parfum qui nous rappelle que la venue de l’été signifie le départ du vaisseau spatial du challenge Summer Star Wars. Dans sa version Rogue One cette année, le lancement officiel a donc été fait hier et nous sommes partis pour trois mois de lectures et de chroniques d’œuvres (romans, essais, BD, nouvelles, films, séries, jeux vidéos, comptes rendus d’expositions ou de conférences) traitant de space opera et/ou de planet opera. Pour cette édition Lhisbei nous a réservé quelques petites surprises. En effet seront tenus trois concours qui permettront aux participants de gagner des livres. De plus un prix sera décerné à celui ou celle qui aura réalisé le plus de chronique ! Comme chaque année, j’espère faire mieux que l’année précédente et, pourquoi pas, peut-être avoir la chance de gagner un lot — comme cela a été le cas pour moi il y a deux ans et il y a quatre ans. J’ai évidemment de nombreuses idées de chroniques mais reste à voir si j’aurai le temps d’en venir à bout !

Sommaire

  1. La Méthode Scientifique, Le Space Opera du XXIe siècle, 17 févr. 2017
  2. La Méthode Scientifique, Comment éditer la science-fiction en 2017 ?, 24 mars 2017
  3. La Méthode Scientifique, La science-fiction selon Gérard Klein, 9 juin 2017
  4. Mars, Saison 1, 2016
  5. Peter F. Hamilton, La Saga du Commonwealth, 2004-2005
  6. Valérian et la Cité des mille planètes, 2017
  7. Tim Lebbon et Dirk Maggs, Alien : La sortie des profondeurs, 2017
  8. The Expanse, Saison 1 et 2, 2015-2017
  9. Alien: Covenant, 2017
  10. Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2, 2017
  11. Romain Lucazeau, Latium, Tome 1, 2016
  12. Futurs Présents, #2, 2017
  13. Isaac Asimov, Quand les Ténèbres viendront, 1970
  14. Compte-rendu du challenge

La Méthode Scientifique, Le Space Opera du XXIe siècle, 17 févr. 2017

Rédigé le 24 juin 2017.

Le 17 février dernier, Nicolas Martin pour son émission La Méthode Scientifique a reçu deux invités, Romain Lucazeau et Serge Lehman, afin de parler du space opera au XXIe siècle. D’une manière générale, les invités vont se demander si, avec des séries et des films qui reviennent en tête d’affiche, le space opera revit une sorte d’âge d’or. Romain Lucazeau est, évidemment, l’auteur que l’on connaît bien maintenant pour avoir écrit Latium ; quant à Serge Lehman, il est l’auteur du cycle de F.A.U.S.T. ainsi que de nombreuses anthologies.

Il est assez rare pour moi, qui ne fréquente pas les festivals de littérature, d’avoir l’occasion d’entendre s’exprimer des auteurs — encore moins des auteurs de science-fiction. Ne connaissant que très peu la science-fiction française, je ne connais pas par exemple M. Lehman ; quant à M. Lucazeau, j’en ai évidemment beaucoup entendu parler pour avoir vu passer de nombreuses chroniques sur son Latium — que j’ai d’ailleurs décidé de lire pour ce challenge. D’ailleurs, au début de l’émission, j’ai eu peur du spoil car l’auteur évoque bien sûr son ouvrage, la façon dont il a été amené à l’écrire, la raison des thèmes choisis — qui sont fonction bien sûr de ses propres recherches en littérature et philosophie antique — ainsi que l’esprit général de l’histoire. Heureusement les intervenants prennent les précautions d’usage pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte de ceux et celles qui n’ont pas encore ouvert le livre ; du coup, ces quelques informations m’ont donné encore plus envie de le lire.

Concernant le thème de l’émission nous avons ici un échange très sympathique autour de la situation de la littérature de science-fiction en France et dans le monde, et plus précisément sur le space opera. L’on y parle aussi des liens entre littérature, séries télévisées et cinéma, en mettant en perspective par exemple la série The Expanse, Battlestar galactica ou encore les derniers films des franchises Star Wars et Star Trek. J’ai passé un bon moment à les écouter, l’ambiance est détendue et l’on se sent moins dans une simple interview mais plutôt dans le cadre d’une bonne discussion thématique autour d’un verre. L’émission dure une heure — dont une quarantaine de minutes réservée au dossier qui nous occupe — et peut se réécouter à volonté sur la page de l’épisode. Franchement ce serait dommage de ne pas en profiter !

La Méthode Scientifique, Comment éditer la science-fiction en 2017 ?, 24 mars 2017

Rédigé le 24 juin 2017.

Après avoir invité des auteurs de science-fiction à La Méthode Scientifique, Nicolas Martin a organisé une table ronde lors du salon du Livre en mars dernier qui a regroupé des acteurs du monde de l’édition, à savoir Marion Mazauric des éditions Au Diable Vauvert, Pascal Godbillon de la collection Folio SF, et Manuel Tricoteaux de la collection Exofictions chez Actes Sud. La question qui va occuper nos intervenants est celle de l’édition de la science-fiction à notre époque. Notez que l’on dépasse ici un peu du cadre simple du space opera et du planet opera tel que voulu par le défi Summer Star Wars, mais j’espère que ce cher Excel Vador ne m’en tiendra pas trop grief.

Je l’ai indiqué lors de la chronique précédente, j’ai peu l’habitude d’entendre des auteurs s’exprimer ; autant dire que concernant des éditeurs, c’est encore plus rare — ce doit être la deuxième fois. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, sinon à écouter les constatations comme quoi l’édition de la littérature de science-fiction n’est plus celle des années 1990. Effectivement les éditeurs font ce constat. Par contre j’ai tout à fait été intéressé par leur remède à la situation, et notamment en ce qui concerne la définition même de la science-fiction. En écoutant la discussion, il m’est revenu en tête ce qu’avait dit Isaac Asimov sur cette littérature. Déjà, à son époque, il combattait le fait que le monde de l’édition voyait la science-fiction comme un genre au même titre que le western, les romans à l’eau de rose ou le policier. Une des tâches d’Asimov a été d’expliquer — et de démontrer — qu’au contraire la science-fiction n’est pas qu’un genre mais que c’est bien une littérature dans la littérature. La science-fiction a différents genres, comme le space opera, la hard science, etc., mais elle est plus que cela puisque l’on peut tout à fait écrire des westerns de science-fiction, des romans policiers de science-fiction, etc. Les amateurs de science-fiction ne le savent que trop mais combien de fois avons-nous entendu des personnes dire qu’elles n’aimaient pas la science-fiction ? Car dans leur représentation ce n’est que des boulons et des vaisseaux qui se tirent dessus à coup de rayons lasers. Je n’avais pas de doutes que les éditeurs ont conscience de cela mais, pourtant, lorsque l’on arpente les rayons des librairies et des bibliothèques, l’on voit toujours que la science-fiction est cataloguée comme un genre parmi d’autres. Effectivement le roman 1984 de George Orwell — pour prendre un exemple simple — se raconte dans un univers dit de science-fiction que l’on peut classer dans le genre de la dystopie mais chacun sait que ce n’est pas que cela et qu’il aurait toute sa place dans les rayons de littérature générale.

Pour en revenir à l’émission, c’est exactement ce problème qui est mis en exergue. Et l’on note les efforts des éditeurs réunis autour de la table pour dépasser cette dichotomie. Pour certains, la tâche est plus difficile, moins naturelle, mais il est clair qu’ils ont conscience qu’il ne s’agit pas seulement d’une lutte idéologique mais bien d’un enjeu de société afin de permettre au plus grand nombre d’avoir accès à de grands écrits, de ne pas les rejeter parce que “ah moi, non, je n’aime pas la science-fiction”. Sans parler du fait que, pour les éditeurs, il s’agit aussi d’un enjeu financier important. C’est donc une émission très intéressante et qui amène de nombreuses questions et de nombreuses réflexions. Je regrette simplement qu’il n’y ai pas eu autour de cette table d’autres acteurs du monde de l’édition comme Le Bélial’, Bragelonne ou même, pourquoi pas, Denoël. Comme pour la présentation précédente, il est possible de réécouter l’épisode en suivant le lien vers le site de l’émission.

La Méthode Scientifique, La science-fiction selon Gérard Klein, 9 juin 2017

Rédigé le 24 juin 2017.

À nouveau je vais déborder avec cette chronique du cadre du challenge mais je ne pouvais pas m’arrêter en si bon chemin et ne pas parler un peu de l’émission de la Méthode Scientifique de Nicolas Martin consacrée à Gérard Klein. J’ai beau ne rien y connaître en science-fiction française, je connais tout de même M. Klein ! Contrairement aux deux autres émissions, nous avons ici une interview dans la plus pure tradition. Alors que les précédents dossiers sur le sujet de la science-fiction tournaient autour de discussions, parfois animées mais toujours bon enfant, au contraire cette fois-ci cela a été moins facile pour M. Martin. J’ai parfois lu M. Klein, notamment quelques préfaces, mais je ne l’avais jamais entendu parler. Évidemment c’est un puits de science en la matière et il y a de nombreuses anecdotes intéressantes qu’il partage. Son expérience riche de plusieurs décennies lui permet d’avoir un important recul sur la situation actuelle de la science-fiction, ce qui a l’avantage de bousculer quelque peu des idées préconçues que je pouvais avoir. Et pour bousculer, il bouscule ; et notamment M. Martin se fait couper, se faire reprendre comme un mauvais élève ! Il y a même un moment où le journaliste, cherchant à reformuler le propos de l’invité pour avancer, se fait dire qu’il n’a rien compris et que son invité n’a jamais dit ça — et le tout de façon peu courtoise. Je ne sais pas si M. Klein est connu pour être aussi tranchant mais lors de l’émission il apparaît comme quelqu’un de peu patient voir même bougon. Cela n’enlève rien évidemment, je le redis, à l’expertise de ce monsieur mais sa conduite qui, à un moment, frise presque l’irrespect opère un certain décalage là où l’on s’attend à avoir une interview enrichissante. À tel point d’ailleurs que je me rends compte que ma chronique ne va traiter pratiquement que du comportement de ce monsieur et non pas du fond. Mais il faut dire que c’est vraiment ce que je retiens de cette émission. Si vous souhaitez vous faire votre propre opinion, je vous invite à écouter cette interview en suivant le lien vers le site de l’émission.

Mars, Saison 1, 2016

Rédigé le 27 juin 2017.

couverture Après avoir fait un état des lieux de la science-fiction en ce début de XXIe siècle dans les premières chroniques, nous pouvons maintenant nous élancer depuis l’orbite terrestre vers le voyage promis par le SSW jusqu’aux confins de l’univers. Mais avant d’arriver dans des espaces inconnus, nous allons d’abord visiter et explorer notre voisinage. Produite par le National Geographic, Mars est un docufiction qui comprend pour le moment une saison de six épisodes et d’un pilote. Elle a été créée par Ben Young Mason et Justin Wilkes à partir de l’ouvrage de Stephen Petranek How We’ll Live on Mars. L’idée de ce documentaire fictionnel est de nous présenter la possible colonisation de la planète Mars et sa gestion depuis la Terre, tout en nous présentant la situation de la science actuellement — notamment en ce qui concerne les avancées technologiques et les défis à relever. D’une manière générale, chaque épisode se découpe entre l’année 2016 avec des interviews de grandes personnalités apportant des informations diverses — comme Elon Musk ou Neil deGrasse Tyson —, des retours sur des expériences passées — comme les conditions de vie en Antarctique —, et l’année 2033 où la première fusée à destination de la planète rouge est lancée. Chaque découpage étant présenté plusieurs fois durant un épisode, de façon alternative. À propos de la partie fictionnelle, nous suivons principalement les sept membres d’équipage du vaisseau Daedalus qui aura pour lourde tâche d’une part d’arriver à bon port, de se poser et d’autre part de jeter les premières bases de la première colonie martienne. Chaque épisode présente les différentes étapes de ce processus en se concentrant sur un point particulier comme par exemple les difficultés d’un atterrissage sur Mars, les mises en place des ressources énergétiques, la gestion de l’aspect humain, etc.

Je suis tombé par hasard sur cette série et j’ai été très emballé par le pilote. J’ai été ensuite surpris par la forme de la série en elle-même — notamment avec ces découpages — mais je m’y suis fait assez vite. Il est indéniable que c’est une série très bien documentée et riche d’informations, même parfois d’anecdotes. Concernant la projection de l’établissement d’une colonie sur Mars, c’est clairement un point essentiel qui manque, je trouve, d’une certaine rigueur tant dans le jeu des acteurs que dans le scénario. Plus précisément concernant ce dernier, les auteurs préfèrent parfois mettre en avant du sensationnel au détriment de la logique ; pour exemple, je pense notamment à ce passage où l’équipe envoie l’un des explorateurs à quelques trois cent mètres de profondeurs à l’aide d’un treuil — exercice périlleux — alors qu’ils ont des drones munis de caméra qui auraient évité la prise de risque et la mise en danger d’un membre de l’équipage. Mais cela ne gâche en fait rien au plaisir de cette série qui se regarde très bien. L’on y apprend énormément tout en se divertissant et en se demandant comment les protagonistes vont pouvoir faire face à la prochaine épreuve qui les attend. La mise en scène est même suffisamment bien faite et la tension si bien gérée que, parfois, l’on se prenne à vouloir voir un monstre de l’espace de type xénomorphe surgir au détour d’une coursive — mais non là, c’est la réalité, même si fictionnelle, et aucune créature mécanique meurtrière ne va soudainement apparaître dans un bruit de roulement strident depuis le renfoncement d’une dune. Bref, même si elle souffre de quelques lacunes, c’est une très bonne série qui mêle habilement anticipation et documentaire scientifique.

En attendant la deuxième saison qui devrait arriver vers la fin de l’année, il est possible de continuer l’expérience en se rendant sur le site français de la série qui fournit quelques données notamment sur l’équipage, et de voir quelques vidéos en relation avec la série sur la page idoine du site étasunien.

Peter F. Hamilton, La Saga du Commonwealth, 2004-2005

Rédigé le 11 août 2017.

couverture Quelques trois cents ans après que le premier homme ait posé un pied sur Mars, la Terre a colonisé une assez bonne partie du voisinage du système solaire, cela grâce à la technologie des trous de vers. L’espèce humaine est regroupée et organisée autour d’une confédération comprenant principalement les quinze planètes majeures du Commonwealth. Les problèmes de surpopulation et d’accès aux ressources primaires ont en grande majorité été résolus grâce à cette expansion. De plus, les Hommes ont la possibilité d’avoir virtuellement accès à la vie éternelle grâce à des processus de rajeunissements ou encore, en cas de mort physique, par l’implantation de leur dernière copie mémoire dans un clone. Cependant, ces technologies coûtant très chers, la vaste majorité de l’humanité doit travailler et économiser pour s’offrir ces privilèges.

La Saga du Commonwealth est un cycle en quatre volumes écrit par Peter F. Hamilton et publié en 2004 et 2005 (2005 et 2007 pour la France). La série se nomme L’Étoile de Pandore et regroupe, dans la version française, quatre volumes comprenant Pandore abusée (2004), Pandore menacée (2004), Judas déchaîné (2005) et Judas démasqué (2005). Nous avons avec ces romans un univers très riche et très complet, une histoire qui s’étalent sur plusieurs années et une bonne vingtaine de personnages principaux ; ce qui fait qu’il est très difficile d’en donner un résumé ou de rentrer dans les détails sans gâcher le plaisir de la découverte. Ce cycle porte bien son nom. C’est une véritable saga où les destins se croisent, avec des histoires dans les histoires, de très nombreux thèmes, le tout suivant un fil rouge où la survie de l’espèce humaine est en jeu, rien de moins. Les personnages — très nombreux donc — sont tous très attachants avec des personnalités bien marquées. Ce n’est pas qu’un space opera, c’est aussi un roman d’amour, une enquête policière et un récit d’aventure pour n’en citer qu’une partie. Bien que le nombre de pages soit conséquent, ce cycle se lit rapidement grâce à une écriture fluide et simple où se mélange à la fois des scènes presque cinématographiques pour les actions fortes mais aussi des descriptions riches et variées des différents mondes ou encore des réflexions philosophiques. Pour le découpage, nous avons des chapitres qui peuvent être plus ou moins longs mais qui sont, de toute façon, eux-mêmes découpés en partie séparées par des astérismes. Aussi ce sont des romans qui peuvent tout à fait se lire sur une grosse session, comme par un dimanche après-midi pluvieux, mais qui s’apprécie aussi au travers de petites lectures rapides, dans le métro par exemple. Ces livres m’ont ainsi accompagné pendant environ deux semaines et je dois dire que je ne me suis ennuyé à aucun moment. Bien au contraire, tous ces éléments et ces possibilités de lecture m’ont permis de m’immerger réellement et complètement dans l’histoire.

Si vous aimez les romans univers, La Saga du Commonwealth est faite pour vous. Et si vous ne vous êtes jamais plongés dans quelque chose de similaire, c’est une très bonne porte d’entrée. N’hésitez pas à aller aussi lire les avis de M. Lhisbei, de Claude Ecken, de Psychovision, de Marc, de Hassan, sur le blog du Paysage imaginaire, et de La Confrérie des Libraires Extraordinaires.

Valérian et la Cité des mille planètes, 2017

Rédigé le 12 août 2017.

couverture Je n’ai découvert que ce film existait que très peu de temps avant de le voir alors que je me dirigeais vers une salle dans un cinéma pour un autre film. Évidemment, à voir l’affiche du coin de l’œil en passant, et en plein Sumer Star Wars, j’ai été intéressé. Quelques minutes plus tard, dans la salle en question, je me retrouve devant la bande-annonce et me rend compte qu’il est réalisé par Luc Besson. Oui, j’ai complètement débarqué des semaines après tout le monde mais, que voulez-vous, cela fait parti du charme d’être déconnecté du monde. Séduit donc, je résous d’aller le voir assez rapidement. Ce que je fais deux jours plus tard. Je remets ici le contexte en place histoire de bien faire comprendre que je n’avais dès lors pas d’attente particulière — je n’ai jamais lu la bande dessinée. Et heureusement. Je pense que si j’en avais entendu parler avant, je me serais imaginé énormément de choses et la déception n’en aurait été que plus grande encore.

(attention spoiler à partir d’ici) Pour faire un rapide synopsis nous suivons les aventures de deux jeunes agents spatiaux du XXVIIIe siècle, Valérian et Laureline, qui vont se retrouver intriqués dans une sorte de complot emmêlant, d’un côté, le destin d’une espèce pratiquement réduite à néant et, de l’autre, l’avenir de la station Alpha regroupant une vaste population hétéroclite ainsi que tout leur savoir combiné. L’histoire est énormément centrée sur ces agents où le premier est particulièrement irascible et la seconde une mignonne qui lève très bien les yeux au ciel. J’exagère certainement pour Laureline ; heureusement que Cara Delevingne — l’actrice qui l’interprète — est présente et fait tout ce qu’elle peut pour rattraper le couple. Le film étant assez centré sur eux, sans sa présence, cela aurait été probablement catastrophique — le titre aurait d’ailleurs dû être Laureline traînant Valérian et la Cité des mille planètes.

Je ne sais pas trop par où commencer. Les premières impressions déjà ; sur le moment, j’ai été pris complètement par les images. C’est beau et l’on en prend plein la vue dès le départ. Puis, à un moment donné, je ne saurais dire exactement quand, j’ai commencé à décrocher — je crois un peu avant la fin de la première mission sur Tatouine, euhm, non je veux dire la planète de sable où se trouve l’une des entrées du grand marché galactique. Ce qui m’a fait bondir surtout je pense, c’est de voir que nos deux comparses s’échappent in extremis des griffes de l’énorme monstre à six pattes et aux dents longues comme ma jambe, sans essayer même de tendre la main aux militaires qui sont là depuis le début pour les défendre et les aider dans leur mission, et en les laissant derrière eux à se faire dévorer par la grosse bestiole. Sans un regard en arrière. Ni une ligne de script. Ni une pensée. Rien. Bon, après tout, peut-être. Ce sont quand même des supers agents travaillant directement sous les ordres du Ministère de la Défense, avec une formation en béton apparemment, portant du matériel très sophistiqué et probablement très cher tout en se baladant aux commandes d’un vaisseau certainement plus cher encore. Alors prendre la peine de se demander si les biffins qui ont grandement participé à leur sauver la mise ont souffert ou non, ils sont au-dessus de ça. Oui, je pense que c’est vraiment à ce moment-là où je me suis rendu compte consciemment que les deux me tapaient sur les nerfs — pour Valérian en réalité ça a été dès ses premières répliques avec Laureline.

Et malheureusement la suite ne va pas s’arranger. Déjà parce que ce type de personnages utilitaires va se retrouver tout au long du film. Les deux personnages principaux — je n’arrive pas à les nommer héros — se retrouvent dans un situation apparemment sans issue ? Pas de problème, Tonton Besson sort un personnage de son chapeau et vient résoudre la situation en deux temps et trois mouvements, avant de disparaître sans autre forme de procès. Cela dit, il nous est ainsi donné l’occasion de voir apparaître Alain Chabbat dans un rôle où je ne l’ai même pas reconnu sur le moment — j’ai vu le film en version espagnole, je n’ai pas pu me fier à la voix, ça marche comme excuse ? Mais surtout — et alors que Valérian cherche à libérer Laureline du grand méchant Empereur mangeur de cervelle et tombe, le hasard comme par hasard, sur un être protéiforme qui va pouvoir lui permettre d’y arriver, cela avant de mourir soudainement bien sûr, c’est pas de chance mais tu vois ma cocotte, faut faire de la place pour la suite — surtout, disais-je donc, c’est l’occasion pour nous d’avoir Rihanna relativement dévêtue, sous toutes les coutures, en plan large, serré, américain, le tout sur grand écran et en point de vue spectateur, qui nous exécute une danse magistrale en nous regardant droit dans les yeux. Bon, pour le reste… Je pourrais encore en dire beaucoup comme ça mais à quoi bon ? Au final, je reste vraiment mitigé ; je n’ai pas été fondamentalement déçu par ce film mais le temps passant — je l’ai vu il y a un peu plus d’une semaine maintenant — je me rends compte que c’est tout de même un joli gâchis. Sincèrement les images sont belles, comme je l’ai lu ici et là c’est typiquement le genre de film à voir au cinéma pour bien en profiter, et il y a de bonnes idées. Je ne sais pas ce qui est repris ou non de la bande dessinée car, comme dit, je ne la connais pas mais dans tous les cas, oui les idées sont là. Le scénario quant à lui n’est pas vraiment bon, il est rempli de facilités d’écriture et de clichés du type « el amor es más fuerte que las armas » — oui, version espagnole dans le texte. Non, c’est vraiment dommage car avec un tel matériel nous aurions vraiment pu avoir un Guardians Of The Galaxy à la française et avec un vrai budget. Je sais qu’EuropaCorp a besoin de faire des films promotionnels pour se mettre en avant ainsi que le savoir-faire à la française, mais faire un truc peut-être moins brouillon et, disons-le, mieux écrit, ça n’aurait pas été du luxe — surtout que M. Besson sait écrire de bons films. Peut-être pour Valérian 2 ?

Pour aller plus loin et avoir des avis plus construits que le mien je vous invite à lire le très bon article Valérian et le cycle des 1 000 réincarnations où Calimaq nous montre les différentes influences de la bande dessinée Valérian et Laureline sur le cinéma de science fiction, ainsi qu’à visionner la critique faite par INTHEPANDA trouvé dans cet article, mais aussi à lire les avis d’Anudar, de Lhisbei, de Vert et de Zina dans le cadre de leur participation au défi.

Tim Lebbon et Dirk Maggs, Alien : La sortie des profondeurs, 2017

Rédigé le 13 août 2017.

couverture Je suis un nostalgique d’une époque que je n’ai pas connu qui est celle où la télévision n’était pas nécessairement dans toutes les chaumières et où la radio avait encore une grande place dans la population. Les radios proposaient alors une grande variété d’émissions et, notamment, des adaptations radiophoniques d’œuvres connues ou des créations originales. Je pense bien sûr à des choses comme l’incontournable The War of the Worlds d’Orson Welles qui a vraiment fait croire en 1938 à l’invasion extra-terrestre, et que l’on peut toujours entendre, par exemple ici, ou bien, en France, aux épisodes de Tintin diffusés sur le RTF dans les années 1960 trois soirs par semaine et que France Culture rediffuse de temps à autre. Cette tradition ne s’est cependant pas perdue. il y a quelques années je me souviens avoir attendu chaque jour à 19 heures, toujours sur France Culture, l’épisode du soir de l’adaptation du tome 1 de Millenium, Les hommes qui n’aimaient pas les femmes. Ainsi, en fan d’Alien, lorsque j’ai appris que la société Audible d’Amazon avait racheté les droits d’un ouvrage de Tim Lebbon s’inscrivant dans la saga pour en faire une adaptation sonore, j’ai été tout de suite enchanté. Plus encore quand j’ai compris qu’il ne s’agissait pas simplement d’un livre audio mais bien de théâtre radiophonique, comme on disait il y a soixante-dix ans, avec ambiance sonore et acteurs.

Alien : La sortie des profondeurs est donc une version, dite omnisonore, reconnue officiellement comme s’intégrant dans la saga et qui vient s’intercaler entre Alien, le huitième passager de Ridley Scott et Aliens, le retour de James Cameron. L’on y retrouve ainsi toute l’ambiance des films, non seulement en terme de fond sonore, mais aussi en terme de rythme et, surtout, Tania Torrens est de la partie pour nous interpréter à nouveau Ellen Ripley ! Joie dans mon cœur ! Autant dire que les attentes étaient grandes. Craintif cependant au départ, je me suis mis dans les meilleurs conditions pour l’écoute, à savoir sous ma couette, dans une semi obscurité et avec des écouteurs. Et, dès le début, j’ai été pris dedans. Nous sommes aux abords de la planète LV178 autour de laquelle orbite le vaisseau satellite extracteur Marion. Sa mission est de repérer des gisements de valeurs et d’en opérer l’extraction. Au sol, a été découvert de la trimonite, le gros lot pour les miniers. Mais voilà, ils sont aussi tombés sur ce qui ressemble à de gros œufs qui s’ouvrent quand on les approche. De là, on le comprend, tout va très vite, et la situation s’envenime très rapidement. Nous sommes alors partis pour quatre heures et demi de fuite et de lutte contre les xénomorphes. Il faut avouer qu’il n’y a pas de très grandes surprises, ni d’énormes twist dans l’histoire. On sait où l’on va plus ou moins, il n’y a pas nécessairement de suspens sur la résolution. La question est plutôt de savoir qui va s’en sortir et comment. Et ça fonctionne très bien ! L’on suit sans hésitations nos héros sur LV178 ainsi qu’à bord du Marion et l’on se laisse prendre par l’action et la fuite panique et désespérée ; avant de reprendre notre souffle le temps d’une courte accalmie salvatrice. J’ai réellement passé un excellent moment durant cette écoute. La stratégie d’Audible a très bien fonctionné avec moi. C’est un épisode d’Alien très accrocheur, très bien réalisé, bien adapté dans sa version française et qui m’a donné envie d’en écouter plus. Forcément le téléchargement gratuit avec l’offre d’essai a été un plus pour m’y entraîner. Évidemment ce n’est pas une révolution en terme d’émission radiophonique mais je suis heureux de voir que ce titre fonctionne, en espérant que cette réussite fera que d’autres œuvres pourront être ainsi adaptées. J’en ai d’ailleurs déjà trouvé une ou deux sur le site d’Audible qui m’intéressent fortement.

N’hésitez pas à lire aussi la chronique sur le sujet de Futurs Présents ainsi que celle du Papa Blogueur.

The Expanse, Saison 1 et 2, 2015-2017

Rédigé le 14 août 2017.

couverture Créée par Mark Fergus et Hawk Ostby pour la chaîne Syfy, The Expanse est basée sur les ouvrages éponymes de James S. A. Corey, pseudonyme des auteurs Daniel Abraham et Ty Franck. Quelques deux cents ans dans le futur, l’humanité a colonisé une partie du système solaire en commençant d’abord par Mars puis par ce qui sera nommé simplement la Ceinture, référence à l’amas d’astéroïdes entre Mars et Jupiter. Nous suivons Josephus Miller, un belter né sur Ceres, qui a reçu pour mission de retrouver une certaine Juliette “Julie” Andromeda Mao, riche héritière du conglomérat Mao-Kwikowski tenu par son père Jules-Pierre Mao. Dans le même temps James Holden, second sur le transporteur de glace Canterbury, va se retrouver malgré lui mêlé à un incident qui va venir tendre encore plus les relations déjà houleuses entre la Terre, qui manque de ressources, Mars, dont le pouvoir et l’influence ne fait que grandir, et la Ceinture où fourmille une vaste population totalement exploitée par ces deux grandes puissances. Sur Terre, Chrisjen Avasarala, l’une des dirigeantes des Nations Unies, use de tous les moyens possibles pour atténuer ce climat et éviter la guerre avec Mars, guerre qui semble pourtant inévitable.

Je n’ai entendu parler de cette série que tout récemment alors que j’écoutais l’émission de La Méthode Scientifique qui traitait du space opera au XXIe siècle. Les critiques étaient assez bonnes même si les intervenants mettaient en avant le fait que la série manquait de cœur et de magie. Je n’ai pas lu les ouvrages mais je me lançais malgré tout dans l’aventure. Nous suivons donc trois personnages principaux qui vont finir par se retrouver autour de la disparition mystérieuse de la fille Mao. Relations politiques tendues, mouvements sociaux, alliances éphémères, trahisons, combats dans l’espace, complots mettant en jeu l’avenir même de l’espèce humaine ; tout y est. J’ai adhéré dès le départ à cette série prometteuse et, alors que j’ai eu du mal à m’accrocher à l’un des personnages principaux — James Holden —, d’autres au contraire m’ont vraiment touché — comme Josephus Miller ou Amos Burton, l’un des mécaniciens du Canterbury et véritable chien de guerre. L’intrigue est bien tournée, la photographie et les effets spéciaux sont agréables et réalistes, les acteurs sont convaincants, et chaque fin d’épisodes donne envie de lancer le suivant. Une des choses qui m’a le plus plu est la mise en avant des cultures différentes, notamment celle de la Ceinture qui a même son propre langage, à la fois verbal et non verbal. Dans la version en anglais en tout cas, c’est une sorte d’argot, vrai melting pot avec des mots basés sur le français ou encore l’espagnol, et avec des accents particuliers. De la même manière les intrigues politiques sont très intéressantes même si j’aurai aimé qu’elles soient un peu plus développées — peut-être le sont-elles d’ailleurs dans les livres. Je voudrais éviter de trop spoiler aussi je dirais simplement que la saison 1 forme une histoire en elle-même en relation avec la présentation faite ci-dessus. Pratiquement tout sera révélé, aussi il n’y aura que peu de frustration. Mais un gros dossier reste encore en suspend et il sera repris dans la saison 2. Vraiment c’est une série qui fonctionne et que j’ai dévoré en simplement quelques jours. Effectivement, elle manque peut-être un peu de magie comme on peut l’avoir dans Battlestar Galactica, mais cela n’enlève rien et j’attends donc avec un peu d’impatience la suivante qui devrait nous arriver au début de l’année prochaine. Les bonnes séries de space opera ne sont pas légions en ce moment selon moi, alors profitons-en !

Alien: Covenant, 2017

Rédigé le 14 août 2017.

couverture En 2104, soit onze an après la découverte faite par le Prometheus, le vaisseau Covenant fait route vers la planète Origae-6 afin d’y établir durablement une colonie. Dans ses soutes, deux cents colons en stase et quelques milliers d’embryons humains. Le vaisseau, durant le voyage, est monitoré par Walter, réplique de David du Prometheus. Seulement un éclatement de neutrinos solaires va venir frapper le vaisseau de façon suffisamment grave pour que Walter prenne la décision de réveiller l’équipage. Alors que les réparations sont en cours, ils reçoivent une transmission radio d’une planète proche appelant à l’aide. Malgré quelques contestations, la décision est prise d’aller jeter un œil et, après avoir mis le Covenant en orbite, une équipe est formée pour descendre à terre.

La suite au prequel Prometheus de 2012 — qui a fait coulé beaucoup d’encre, rappelons-le — était très attendue par les fans. Ridley Scott allait-il poursuivre le chemin mystique qu’il a entamé ou bien allait-il finalement revenir à un Alien plus orthodoxe ? Et bien les deux mon capitaine ! Pour ceux qui connaissent bien le premier Alien, il est intriguant de voir comment, presque dès le départ, certains arcs narratifs de celui-ci sont repris dans Alien: Covenant. Mais après tout, pourrait-on se dire, c’est comme cela que fonctionne Alien ; des explorateurs arrivent sur une planète alors que ça n’était peu ou pas prévu, découvre des œufs, et c’est parti. Typiquement, c’est le genre de scénario qui fonctionne, nous l’avons vu avec Alien : La sortie des profondeurs. Certains sont critiques à cause de cela mais, personnellement, ça ne me gène pas. Par contre, le fait de reprendre presque plan par plan certaines scènes des films précédents me pose un peu plus problème. Dans le même temps, M. Scott poursuit son développement initié par Prometheus en ce qui semble être la recherche d’une perfection divine. Ce thème n’est en réalité pas nouveau ; il y est clairement fait référence de nombreuses fois depuis les premiers films, y compris par Ash dans le premier opus qui voit dans le xénomorphe une créature parfaite. Simplement, au contraire de la première quadrilogie, c’est ici un thème central de ce prequel — et qui a valu à Prometheus de nombreuses critiques. J’avoue que pour ce dernier, il n’était pas forcément évident de voir où M. Scott voulait en venir mais cela ne m’avait pas empêché d’apprécier le film, et même de le revoir une fois pour me remettre dans le bain. En ce qui concerne Covenant, je suis un peu plus mitigé. Du point de vue du scénario, je me suis un peu ennuyé sur cette mystérieuse planète nommée number four par le navigateur Rick. Le jeu de Michael Fassbender est toujours aussi bon que dans le film précédent mais j’avoue n’avoir pas été nécessairement intéressé par la lutte entre un David libéré du joug humain en quête de divinité et un Walter plus prosaïque et soumis mais qui, pourtant, sent poindre en lui une envie de libération émotionnelle. À nouveau, c’est un thème qui avait déjà été abordé par la première quadrilogie notamment par Annalee Call dans Alien, la résurrection de Jean-Pierre Jeunet — mon préféré je pense, même si le premier film lui tient encore tête.

Je ne suis donc pas très critique envers Covenant, ni envers ces deux prequels en général. Les thèmes que l’on y trouve ne sont pas nouveaux, font sens et, pour moi, sont parfaitement en lien avec les premiers opus. Concernant ce dernier film en particulier, je ne peux pas dire cependant que j’ai vraiment accroché. Il est certes beau visuellement, et il y a des moments sympa mais trop de lourdeurs aussi à mon goût. J’ai trouvé que les acteurs sont fades et je n’ai pas été convaincu par Janet “Danny” Daniels, interprétée par Katherine Waterston. De plus, tout est trop lisse, tout est trop propre. Ce qui me plaisait dans Alien c’était aussi ses vaisseaux crasseux qu’il faut bidouiller sans cesse — un peu à la manière de Firefly — ou bien ses personnages revêches, mauvaises gueules, mal fagotés qui sentent le cambouis et la transpiration. Alors que là on s’approche plus d’un Star Trek où aucune poussière ne vient abîmer le lustre du sol, dans un univers où personne ne semble jamais avoir d’épis sur la tête. Et aussi j’ai l’impression d’avoir retrouvé les mêmes sensations que devant la série Alien vs. Predator ; de l’action mêlée à du mysticisme humain devenu religion, mais où l’horreur n’est pas du tout présent — et alors même qu’il est vendu comme cela. Je ne suis pas de ceux qui en veulent à M. Scott pour avoir pris une autre direction, un autre chemin que celui déjà emprunté, pour essayer de traiter de choses qu’ils lui tiennent à cœur. C’est son œuvre et je n’y vois aucune trahison par rapport à l’esprit d’origine. Cependant je ne suis pas aussi enthousiaste que je voudrais l’être. Je ne saurais dire en fait ce qu’il manque pour que je sois vraiment pris ; peut-être que j’aurais voulu quelque chose de plus tangible, de plus vrai, de moins propre et convenu. Mais le fait est que je n’ai clairement pas le même attachement que pour la première série.

Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2, 2017

Rédigé le 14 août 2017.

couverture Depuis qu’ils ont sauvé la galaxie juste à temps et aux yeux de tout le monde, nos cinq parias ne manquent pas de travail. Le dernier en date consiste à protéger des batteries très onéreuses d’un monstre inter-dimensionnel très dangereux pour le compte d’Ayesha, dirigeante du peuple Sovereign. La mission remplie avec succès, celle-ci leur remet en payement une prisonnière qui n’est autre que la sœur de Gamora, Nebula. Alors qu’ils s’en vont vers de nouvelles aventures, ils se retrouvent soudainement poursuivis par l’armée Sovereign au complet…

Je voudrais commencer par dire que je ne suis pas un grand fan des productions Marvel, DC Comics et autre. J’ai dû voir deux Spiderman sur la pléthore sorti depuis 2002, un Hulk, un Thor parfaitement désespérant, deux X-Men sur les je-ne-sais-combien-sortis, un (ou deux ?) Wolverine — alors que j’aime beaucoup ce personnage. Dans les productions récentes, Deadpool m’a relativement laissé de marbre et je n’ai pas compris l’engouement pour Logan — alors que, je le redis, j’aime beaucoup le personnage de Wolverine. Autrement dit, c’est le genre de films que je regarde quand j’ai envie de voir quelque chose d’un peu creux mais qu’il n’y a vraiment rien d’autre. Je sais que c’est bien fait, qu’il y a de l’action et qu’on ne se prend pas la tête. Bref, de bons films servant à se vider le cerveau, mais c’est vraiment pas mon genre. Aussi, cela n’a été que l’an dernier que j’ai vu le premier Les Gardiens de la Galaxie. Et là, le choc ! J’ai littéralement été pris au dépourvu. J’ai adoré le ton décalé, les personnages, la musique tonitruante, et tout ce qu’on veut. Aussi c’est avec beaucoup d’impatience que j’ai attendu de voir la suite. Malheureusement je n’ai pas pu aller la voir au cinéma, tant pis ; je me suis rattrapé ces jours-ci dans des conditions pas trop mauvaises.

Dans Les Gardiens de la Galaxie Vol. 2 nous retrouvons donc nos cinq héros malgré eux. Fidèles à leur nature profonde malgré la gloire du dernier film, ils ont gardé tout leur charme, leur bêtise, leurs blagues débiles ou leurs affligeantes réflexions. Ce groupe aussi improbable soit-il, extrêmement attachant dans chacun de ses membres, tient toujours la route et est toujours aussi déjanté. Comme l’a merveilleusement dit Blop dans sa chronique pour le SSW, nous avons là « une belle bande de fêlés (…) ; heureux [soient-ils] car ils laissent passer la lumière ». Oui j’ai tellement aimé cette citation de ce bon vieux Groucho pour les décrire que je me permets de la reprendre. Elle est, je trouve, on ne peut plus vrai ici. Les personnages sont entiers et soutenus par des acteurs qui savent parfaitement ce qu’ils font et où ils vont. À la limite j’aurais peut-être voulu que Nebula soit un peu plus enragée encore, mais c’est un avis parfaitement subjectif. Ce film est beau, bien réalisé, avec un scénario qui tient parfaitement la route, même si ce second épisode m’a moins entraîné. L’histoire en elle-même m’a effectivement un peu moins motivé mais, même si on nous tend des perches pour nous indiquer où l’on va, j’ai été surpris par chaque revers de situation. Probablement parce que je me suis simplement laissé bercer par le rythme sans chercher à me prendre la tête plus que ça. La bande son, comme pour le premier, est vraiment géniale et chaque morceau colle parfaitement avec la scène sur laquelle il a été posé. C’est un film qui ne se prend pas au sérieux mais pour autant qui est loin de prendre son public pour des imbéciles à qui l’on cherche à en mettre simplement plein la vue et les oreilles parce que c’est vendeur ou pour je-ne-sais-quelle-autre-raison — oui Valérian, c’est toi que je regarde. La première scène du film résume à mon sens parfaitement ce qu’est le film dans son essence, sa philosophie et sa technique. Nous y avons notre Star-Lord, l’enchanteresse Gamora, l’indétrônable Drax et le frippon Rocket qui se démènent comme de beaux diables contre le monstre inter-dimensionnel. Cela fait évidemment un combat épique parfait pour une entrée en matière fracassante digne de ce nom. Seulement un autre parti a été pris. Au lieu de nous centrer sur ce combat magistral, le réalisateur a décidé de tout laisser en retrait en nous focalisant sur un bébé Groot qui se contrefout littéralement de ce qui se passe autour de lui et qui bouge son boule au son joyeux de Mr. Blue Sky par Electric Light Orchestra ; en arrière-plan, et tandis qu’il se déhanche sur la plateforme transformée pour l’occasion en piste de danse, nous voyons ses compagnons se faire littéralement défoncer la tête au rythme de la musique, mais peut lui importe, seul le groove de Groot compte ! La technique pour mettre en jeu ce décalage bien sûr n’est pas nouvelle, Stanley Kubrick nous l’avait bien expliqué dans Orange mécanique. Mais cependant nous avons là, dans cette superbe scène d’ouverture, tout ce qui fait le sel des Gardiens de la Galaxie à mon sens. Des plans calculés au millimètre, de l’action joliment tournée avec des effets spéciaux puissants, des personnages loufoques, parfois stupides mais courageux, pour ne pas dire téméraires et, non, gardons tout cela mais mettons-le en retrait pour apporter cette touche cool, ce décalage inattendu, ce truc qui nous dit qu’il ne faut pas s’en faire et que l’on va passer un excellent moment. Effectivement, l’histoire n’est pas grandiloquente mais le film tient ses promesses, l’on passe un excellent moment. Sans conteste, Les Gardiens de la Galaxie font partis des meilleurs films de space opera pour très grand public que l’on a vu depuis de nombreuses années.

N’hésitez pas à aller aussi lire les avis sur ce film de Blop et de Lhisbei.

Romain Lucazeau, Latium, Tome 1, 2016

Rédigé le 21 août 2017.

couverture Des siècles après l’Hécatombe, cet évènement qui verra la disparition complète de l’humanité, les automates créés par l’Homme ont évolué en des Intelligences supérieures prenant pour certains la forme de gigantesques vaisseaux spatiaux, les Nefs. D’outils, ils sont devenus des princes et des princesses de l’espace. Mais quel peut-être le but d’un outil aussi perfectionné soit-il sans son maître ? La question divise au sein de l’Urbs. Tandis qu’une partie prônent la continuation de l’ancien modèle et la recherche d’Hommes qui auraient échappé au désastre, les autres sont en faveur d’une évolution, évolution au-delà du Carcan qui les emprisonne, évolution qui semble être une absolue nécessité pour survivre à l’invasion des barbares qui se profile aux frontières du Limes. Exilés, Plautine et Othon sont deux de ces demi-dieux qui arpentent les limites du Latium à la recherche de réponses et, peut-être surtout, de solutions.

Romain Lucazeau nous livre un roman qui s’inscrit dans la tradition des épopées greco-romaines. L’Empire romain n’a jamais été défait et a même fini par conquérir le monde, apportant ainsi une certaine stabilité. C’est donc une uchronie qui permet surtout à l’auteur de se libérer des principes modernes des romans de science-fiction. Loin d’évoquer par exemple les trois lois de la Robotique, il crée le concept de Carcan qui a une portée beaucoup plus philosophique que les principes mis en place par Asimov. De la même manière, les personnages sont des purs héritiers de la tradition grecque et romaine, de son mode de pensée ou encore de son système politique. Latium est aussi une aventure spatiale d’envergure avec des combats épiques où les seules issues ne peuvent être que la mort ou une victoire si glorieuse qu’elle apportera le Triomphe. Mais surtout c’est un roman qui amène à la réflexion sur notre place dans l’Univers et sur notre héritage, se nourrissant — comme il est dit dans les présentations — de « la philosophie de Leibniz et du théâtre de Corneille ».

Un space opera se déroulant dans une réalité futuriste de la société romaine antique, avec des automates à l’intelligence démesurée, et des questionnements profonds sur la nature même des choses ? Voilà un roman, me suis-je dit, qui est fait pour moi, féru de science-fiction, amoureux d’Asimov, qui se plonge avec délice dans l’histoire de Rome, qui a lu une partie des écrits de Cicéron, qui a adoré l’Imperium, biographie romancée sur ce juriste par Robert Harris, et qui a dévoré toute la série de douze tomes Les Mystères de Rome, polar historique où l’on suit l’enquêteur Gordien écrite par Steven Saylor ! Je me suis donc abstenu autant que possible de tous spoilers qui seraient venus m’en dire trop, je n’ai lu aucun avis sur la question, ni aucune revue. La seule exception que je me suis autorisé a été l’émission de La Méthode Scientifique du 17 février de cette année qui a reçu comme invité M. Lucazeau. Et pourtant. Pourtant mon sentiment est assez mitigé. Oui, c’est très bien écrit. Oui, l’univers est très riche et très bien documenté. Oui, c’est une véritable épopée, bien plus qu’une simple aventure. Mais malgré tout, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher. Le début de lecture a été vraiment compliquée pour moi. Je crois que je ne m’attendais pas à ce que j’ai lu d’une part et, surtout, j’ai trouvé la lecture vraiment difficile, surtout au départ où l’on est abreuvé de concepts issus de la philosophie grecque. Mes connaissances dans ce domaine sont pratiquement nulles et les nombreux renvois en notes de bas de page — absolument nécessaires en l’espèce — ne m’ont pas forcément aidé à y voir plus clair. Surtout que, lisant la version numérique, celles-ci se trouvent en fin de chapitre ; lassé de faire des allers-retours (et alors que mon lecteur de livres électroniques est très pratique pour ça), j’ai finalement décidé de m’en passer, de les lire en fin de chapitre, et tant pis pour la compréhension lors de la lecture. J’ai donc continué malgré tout et j’ai quand même fini par me faire prendre par l’histoire et par les personnages, même si ces derniers ne m’ont pas animé. Je ne me suis en effet pas vraiment attaché à eux, sauf rares exceptions — et encore, ce n’est pas un attachement important. De la même manière j’ai eu de la difficulté à comprendre parfois où voulait en venir l’auteur, à comprendre même certaines situations qu’il cherchait à développer. Par exemple les Nefs ne sont pas que de simples vaisseaux animés par une Intelligence ; ce sont de véritables systèmes, très complexes, chacune ayant ses propres spécificités, ses propres règles, moitié mécaniques, moitié impulsions électriques, numériques pures. L’idée est excellente, vraiment, mais je me suis perdu ; soit c’est moi qui ait du mal à comprendre les choses, soit l’écriture ne m’a pas permis de saisir le tout — peut-être un peu les deux. Personnellement j’ai donc été loin du page turner promis. Il m’a fallu plusieurs semaines pour l’achever, petit bout par petit bout. J’ai arrêté plusieurs fois la lecture en plein milieu d’un chapitre, en plein milieu d’un paragraphe parce que je ne prêtais plus vraiment attention à ce que je lisais. Sur la fin cela a été plus simple, les cent cinquante dernières pages ayant été lues en un peu plus de deux jours — ce qui est quand même énorme pour moi, je suis habituellement beaucoup plus rapide. Je n’ai donc pas trouvé dans Latium le roman épique et passionnant auquel je m’attendais, et je ne sais pas si je vais lire le second tome, même si apparemment il permet de mieux comprendre l’univers.

Retrouver les avis d’Anudar, de Lhisbei, de Lorhkan ainsi que de Lutin82 et de Samuel Ziterman.

Futurs Présents, #2, 2017

Rédigé le 25 août 2017.

couverture Initié par Xapur, Futurs Présents est un webzine trimestriel de science-fiction dans lequel on peut retrouver des dossiers et des avis, des compte-rendus ainsi que des suggestions, sur des livres, des films, des séries télévisées, des bandes dessinées ou encore des jeux, le tout en lien avec la SFFF. Dans ce second numéro, nous avons la plume de Xapur donc mais aussi d’Elessar, de Lutin82 et de Célindanaé — des noms biens connus de la blogosphère SFFF francophone. Diffusé au format pdf, il est augmenté de divers contenus multimédias en lien avec les articles. Cette seconde publication comprend entre autre un éditorial, les films et les livres du trimestre, pas moins de quatre dossiers, un book tag ainsi qu’une rétrospective des festivals et des prix littéraires du printemps. Il est à noter que ce magazine, gratuit au demeurant, est l’extension du blog du même nom qui existe depuis 2016 dans lequel l’on peut aussi retrouver des articles de Lullaby.

J’ai attendu avec une certaine impatience ce deuxième numéro où trois dossiers orientés space opera nous sont proposés. J’avais été enchanté de découvrir le premier numéro, et principalement le premier volet d’un dossier sur Battlestar Galactica — dossier qui m’avait conduit à revoir pratiquement d’une traite tous les épisodes de la série, la mini-série, les webisodes, sans oublier les films qui vont avec. Pour cet été, nous avons donc droit à la deuxième partie de ce dossier par Lutin82 où nous poursuivons l’exploration de cette série avec une présentation des saisons 2 et 3, et une notation épisode par épisode. Autre élément d’intérêt est le dossier phare de ce numéro intitulé Alien, l’univers étendu, qui fait la couverture. Célindanaé nous expose sur pas moins de onze pages une critique exhaustive de l’univers d’Alien, depuis le premier film de 1979 jusqu’au tout dernier Alien: covenant de 2017, en terminant par une présentation rapide de musées, des romans, des comics et des jeux. Je l’ai déjà évoqué dans ce fichier, je suis l’un des nombreux fans d’Alien mais pas suffisamment pour ne rien avoir appris de ce dossier. Bien au contraire même. Ayant vu tous les films y compris ceux en lien avec Predator, j’ai tout d’abord pris beaucoup de plaisir à lire ses avis et à connaître son point de vue sur chacun des six films. Surtout j’ai aussi appris diverses choses concernant les productions dérivées. J’aurais évidemment aimé en avoir plus sur ces dernières que je connais personnellement beaucoup moins mais il ne faut pas que j’exagère, le travail effectué est déjà impressionnant. Alien, l’univers étendu est donc un dossier assez complet ; les fans se retrouveront à argumenter mentalement sur les points de vue de Célindanaé tout en découvrant de nouvelles informations, tandis que les plus profanes y trouveront une excellente porte d’entrée à cet univers. En d’autres termes, c’est une lecture vraiment intéressante pour tous ceux et celles qui s’intéressent de près ou de loin à Alien et qui invite le lecteur à vouloir en savoir encore plus sur cette licence. Enfin je souhaite évoquer un autre dossier, par Xapur, sur un comics que je ne connais absolument pas intitulé Saga. Je ne suis que peu versé dans les bandes dessinées étasuniennes. J’ai lu une partie des Spawn sur les conseils d’un ami, les Walking Dead sur pression populaire, de nombreux Grimm Fairy Tales et les Danger Girl parce que j’aime les couvertures (oui je suis faible), et Y: The Last Man attend toujours que j’ouvre le premier numéro mais dont j’ai entendu tellement de bonnes choses. Justement, Saga, épopée galactique mêlant apparemment habilement science-fiction et fantasy, est signé par M. Vaughan qui n’est autre que le scénariste de Y: The Last Man. Cela me donne des idées pour le SSW ; à voir si j’aurai le temps de dégoter ce comics et d’en lire quelques uns avant la fin du challenge.

Je l’ai dit et je vais le répéter. J’ai été enchanté lorsqu’en février est sorti le premier numéro de Futurs Présents. Je me souviens avec nostalgie cette époque pas si lointaine où les webzines et autres fanzines de tout ordre pullulaient sur la toile. Avec ce magazine, nous avons là des amoureux du genre qui réalisent un travail de qualité autour de la SFFF et qui renoue avec ce type de publications numériques qui se font trop rares à mon goût — surtout dans la littérature. L’on sent très clairement une exigence importante à la fois dans l’écriture et dans la présentation afin de proposer un contenu exclusif, riche et enrichissant au monde. J’ai du mal à me rendre compte de la charge de travail et des efforts que cela demande mais il est évident que le résultat est des plus probants. Futurs Présents est certes encore jeune en tant que webzine mais il est porté par des auteurs qui ont déjà démontré leur valeur et leur passion sur leurs espaces respectifs. Si ce n’est pas encore chose faite, pas de temps à perdre ! Il ne faut pas hésiter à télécharger et découvrir le premier et le deuxième numéro de ce webzine à l’avenir prometteur. Pour terminer, je profite de cette modeste chronique pour remercier chaleureusement les auteurs de leur travail sur Futurs Présents et espère sincèrement que l’aventure continuera encore longtemps.

Isaac Asimov, Quand les Ténèbres viendront, 1970

Rédigé les 30 et 31 août 2017.

couverture Inconditionnel de M. Asimov, voilà que je n’avais jamais lu Quand les Ténèbres viendront ! Sorti en 1970 dans la collection Présence du Futur de chez Denoël, c’est le premier des trois recueils de nouvelles traduisant Nightfall and Other Stories, avec L’amour, vous connaissez ? et Jusqu’à la quatrième génération. Il faut noter qu’il a fait l’objet d’une nouvelle publication en 2014, toujours chez Denoël mais dans la collection Lunes d’encre, qui comprend cette fois-ci l’intégralité des nouvelles de l’ouvrage original étasunien. Ce premier volume ne comprend ainsi que quatre nouvelles dont seules les deux premières rentrent dans le cadre du challenge du SSW. Je m’attarderai donc principalement sur celles-ci tout en disant malgré tout quelques mots sur les deux autres.

Quand les Ténèbres viendront, sept. 1941. — Autour de la planète Lagash tournent six soleils faisant qu’elle est constamment baignée dans la lumière. Seulement voilà, depuis quelques mois seul un reste visible et il menace de disparaître d’ici quelques heures plongeant ainsi tout le monde dans les Ténèbres. Les Cultistes affirment que durant ce chaos apparaîtront les Étoiles qui sauveront leurs âmes. Les scientifiques quant à eux, tout en analysant le phénomène, tentent d’alarmer la population sur les dangers de cette nuit à venir qui causera, disent-ils, non moins que la fin du monde !

Publiée dans Astounding Science Fiction alors qu’il n’avait encore que vingt-et-un an, cette nouvelle est celle qui marqua réellement le début de sa carrière de jeune écrivain. Elle fît « sensation » comme il l’explique lui-même dans la préface de la nouvelle, lui donnant pour la première fois une visibilité importante auprès des lecteurs. Je ne sais pas si c’est la meilleure comme le disent nombre de commentateurs mais il est vrai qu’elle est très intéressante. Isaac Asimov nous plonge dans un monde constamment illuminé où la nuit n’existe donc pas. À cause de la présence des six soleils, il a fallu beaucoup de temps à cette civilisation pour comprendre des phénomènes physiques qui nous paraissent pourtant essentiel. De plus, comme n’ayant jamais vu la nuit, les habitants de cette planète n’ont absolument pas conscience de l’Univers. L’auteur nous tient ainsi en haleine tandis que le décompte s’opère avant la nuit, laissant présager le pire. C’est, je dois dire, une très bonne nouvelle qui ouvre quelques questions non seulement sur nos propres croyances et hypothèses quant au monde qui nous entoure, mais aussi sur notre propre position dans l’Univers.

Taches vertes, nov. 1950. — Suite à la découverte d’une nouvelle planète, le vaisseau commandé par Saybrook s’auto-detruit sur les ordres de ce dernier. La raison ? L’unique forme de vie de ce monde étrange avait entrepris de contaminer les occupants, et plus largement toutes les formes de vie sur Terre après le voyage de retour.

Courte nouvelle parue dans Galaxy Science Fiction, nous suivons les pensées à la fois des voyageurs du second vaisseau envoyé sur la planète de Saybrook pour enquêter sur la créature extraterrestre, mais aussi celles de l’organisme unifié vivant sur la planète. Asimov, dans ce texte met ainsi dos à dos un système individualiste et libre penseur, et un fonctionnement complètement uni et largement contrôlé, en nous montrant tour à tour les points de vue des deux camps. Dans le même temps l’on se demande si la Terre finira colonisée ou non. La nouvelle souffre de quelques défauts de compréhension selon moi, notamment au niveau de la fin qui, je trouve, est mal expliquée. Malgré tout on se plaît à suivre les deux visions exposées. Il est d’ailleurs intéressant de noter qu’aucune animosité n’existe de part ou d’autre ; il y a une compréhension mutuelle mais chacun lutte évidemment pour faire valoir sa position à force d’arguments. C’est donc une question simple qui est posée : sommes-nous prêts à renoncer à ce qui fait de nous des individus en échange d’une vie moins incertaine où toute souffrance aurait disparu ?

Hôtesse, mai 1951. — Rose Smolett, biologiste à l’institut Jenkins pour les Sciences naturelles, s’apprête à recevoir dans son logis un habitant de la Planète de Hawkin, et cela contre l’avis de son mari Drake, membre du Conseil Mondial de Sécurité, qui n’aime pas vraiment ces individus. Cet extraterrestre est différent de l’être humain à de nombreux points de vue ; il dispose de trois paires de membres, n’est pas constitué pour s’asseoir, n’est pas absolument répugnant et respire du cyanure par exemple. Surtout personne n’a jamais vraiment eu l’occasion de les côtoyer car, lors de leurs rares présences sur Terre, ces créatures restent la plupart du temps confinés dans leurs chambres d’hôtel. Aussi recevoir ce docteur Hawkinsien chez elle est d’un grand intérêt pour Rose car cela lui donnera l’occasion de l’étudier de près. Tout en s’apprêtant à devenir une parfaite femme de maison sachant recevoir, redoutant cependant les réactions de son mari, elle prépare la chambre d’amis pour le future visiteur.

Autre nouvelle parue dans Galaxy Science Fiction, nous avons là une histoire regorgeant d’humour et d’intrigues où les termes de « choc culturel » prennent toute la mesure de leurs sens, mais qui a aussi des implications beaucoup plus grandes que ce que l’on pourrait imaginer de prime abord. Tout cela nous menant vers un développement et une conclusion parfaitement inattendue ! À lire, incontestablement.

Y a-t-il un homme en incubation… ?, juin 1951. — Un homme se retrouve enfermé en prison après avoir agressé un policier. Selon ses dires, s’il n’avait pas été enfermé, il se serait suicidé. Seulement, après recherche, il se trouve que cet homme n’est rien de moins que l’un des plus éminents chercheurs de la Commission de l’Énergie Atomique. L’un des collègues de cet homme, accompagné d’un enquêteur puis plus tard d’un psychiatre, tente de démêler le fin mot de l’histoire, tentant coûte que coûte de le faire revenir au travail. Qu’y a-t-il donc de si grave qui puisse pousser un honnête scientifique à de telles extrémités ?

Dans cette nouvelle publiée dans Astounding Science Fiction, nous retrouvons le thème largement éculé à l’époque sur l’énergie atomique et la guerre nucléaire. Ici cependant Asimov essaye de lui donner une dimension nouvelle et, sans toutefois réellement renouveler la matière, il y apporte un propos somme toute attrayant.

En guise de conclusion sur cet ouvrage, je dirais que, indéniablement, ce recueil est une lecture assez intéressante même si toutes les nouvelles ne se valent pas. Il nous donne l’occasion de nous plonger dans certaines des publications d’Asimov qui, selon lui, ont mérité de faire partie d’un ouvrage unique. J’aime aussi les préfaces rédigées pour l’occasion qui nous éclairent sur le contexte de l’écriture. Celle-ci d’ailleurs est directe, évite le superflu et permet de saisir aisément où veut en venir l’auteur. Il expose ainsi une idée simple dans une histoire qu’il raconte sans rajouter de complexifications inutiles. Il ne faut pas oublier aussi que ces nouvelles ont au moins soixante ans, publiées au début du fameux Golden Age de la science fiction étasunienne, et il est nécessaire je pense d’avoir ce recul lors de la lecture afin d’en apprécier le style et le rythme. J’ai lu bon nombre des romans écrits par Asimov, que j’adore ; ma série préférée (si l’on peut en parler en ces termes) restant ce qui fût nommé plus tard le cycle du futur, c’est-à-dire depuis le premier cycle des robots jusqu’à Fondation — soit pas moins de dix-huit livres en tout. Ce recueil ne regroupe pas ses meilleurs récits selon mon humble avis mais j’ai été cependant ravi de le retrouver dans ces nouvelles inédites pour moi. J’aime toujours autant Isaac Asimov qui reste une des grandes références dans mon parcours de lecteur. C’est une lecture rapide et je ne peux que conseiller ce recueil — a fortiori la réédition de 2014 puisque complète — à toute personne fan (et qui n’aurait toujours pas lu ces nouvelles) mais pour les autres ce n’est pas forcément la meilleure porte d’entrée dans l’univers de cet écrivain culte.

Compte-rendu du challenge

Rédigé le 25 septembre 2017.

Après trois mois d’aventure, le vaisseau du challenge SSW est finalement rentré sur Terre hier. Cette année a été la plus prolifique pour moi avec treize publications. J’ai aussi eu la chance de gagner un ouvrage numérique lors du premier concours ; il s’agit du Moineau de Dieu de Mary Doria Russell et édité chez ActuSF. Malheureusement je ne l’ai pas reçu mais je pense que cela vient des problèmes que j’ai avec ma précédente adresse mail que j’avais utilisé alors pour participer. Il faudra que je demande à Lhisbei s’il est possible de recontacter l’éditeur. Treize publications donc et pourtant je n’ai pas réussi à chroniquer tout ce que je voulais, faute de temps. Je suis toujous plongé dans le Dominium Mundi par François Bellanger. C’est un excellent space opera selon moi et j’aurai vraiment voulu le présenter pour le challenge. De la même manière je voulais traiter aussi de la série des années 1960 Lost in Space dont une nouvelle réalisation va sortir dans les mois qui viennent mais, toujours par manque de temps, je n’ai pas encore terminé la première saison. Ce sera peut-être pour l’an prochain. Pour terminer je voudrais dire un grand merci à Lhisbei et ExcelVador pour l’organisation et la tenue du challenge. Vivement la prochaine édition !