f6k ~ Summer Star Wars - Rogue One

Fichier créé le 22 juin 2017 • Dernière mise à jour le 27 juin 2017.

Logo Il y a dans l’air ce petit parfum qui nous rappelle que la venue de l’été signifie le départ du vaisseau spatial du challenge Summer Star Wars. Dans sa version Rogue One cette année, le lancement officiel a donc été fait hier et nous sommes partis pour trois mois de lectures et de chroniques d’œuvres (romans, essais, BD, nouvelles, films, séries, jeux vidéos, comptes rendus d’expositions ou de conférences) traitant de space opera et/ou de planet opera. Pour cette édition Lhisbei nous a réservé quelques petites surprises. En effet seront tenus trois concours qui permettront aux participants de gagner des livres. De plus un prix sera décerné à celui ou celle qui aura réalisé le plus de chronique ! Comme chaque année, j’espère faire mieux que l’année précédente et, pourquoi pas, peut-être avoir la chance de gagner un lot — comme cela a été le cas pour moi il y a deux ans et il y a quatre ans. J’ai évidemment de nombreuses idées de chroniques mais reste à voir si j’aurai le temps d’en venir à bout !

Sommaire

  1. La Méthode Scientifique, Le Space Opera du XXIe siècle, 17 févr. 2017
  2. La Méthode Scientifique, Comment éditer la science-fiction en 2017 ?, 24 mars 2017
  3. La Méthode Scientifique, La science-fiction selon Gérard Klein, 9 juin 2017
  4. Mars, Saison 1, 2016

La Méthode Scientifique, Le Space Opera du XXIe siècle, 17 févr. 2017

Rédigé le 24 juin 2017.

couverture Le 17 février dernier, Nicolas Martin pour son émission La Méthode Scientifique a reçu deux invités, Romain Lucazeau et Serge Lehman, afin de parler du space opera au XXIe siècle. D’une manière générale, les invités vont se demander si, avec des séries et des films qui reviennent en tête d’affiche, le space opera revit une sorte d’âge d’or. Romain Lucazeau est, évidemment, l’auteur que l’on connaît bien maintenant pour avoir écrit Latium ; quant à Serge Lehman, il est l’auteur du cycle de F.A.U.S.T. ainsi que de nombreuses anthologies.

Il est assez rare pour moi, qui ne fréquente pas les festivals de littérature, d’avoir l’occasion d’entendre s’exprimer des auteurs — encore moins des auteurs de science-fiction. Ne connaissant que très peu la science-fiction française, je ne connais pas par exemple M. Lehman ; quant à M. Lucazeau, j’en ai évidemment beaucoup entendu parler pour avoir vu passer de nombreuses chroniques sur son Latium — que j’ai d’ailleurs décidé de lire pour ce challenge. D’ailleurs, au début de l’émission, j’ai eu peur du spoil car l’auteur évoque bien sûr son ouvrage, la façon dont il a été amené à l’écrire, la raison des thèmes choisis — qui sont fonction bien sûr de ses propres recherches en littérature et philosophie antique — ainsi que l’esprit général de l’histoire. Heureusement les intervenants prennent les précautions d’usage pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte de ceux et celles qui n’ont pas encore ouvert le livre ; du coup, ces quelques informations m’ont donné encore plus envie de le lire.

Concernant le thème de l’émission nous avons ici un échange très sympathique autour de la situation de la littérature de science-fiction en France et dans le monde, et plus précisément sur le space opera. L’on y parle aussi des liens entre littérature, séries télévisées et cinéma, en mettant en perspective par exemple la série The Expanse, Battlestar galactica ou encore les derniers films des franchises Star Wars et Star Trek. J’ai passé un bon moment à les écouter, l’ambiance est détendue et l’on se sent moins dans une simple interview mais plutôt dans le cadre d’une bonne discussion thématique autour d’un verre. L’émission dure une heure — dont une quarantaine de minutes réservée au dossier qui nous occupe — et peut se réécouter à volonté sur la page de l’épisode. Franchement ce serait dommage de ne pas en profiter !

La Méthode Scientifique, Comment éditer la science-fiction en 2017 ?, 24 mars 2017

Rédigé le 24 juin 2017.

couverture Après avoir invité des auteurs de science-fiction à La Méthode Scientifique, Nicolas Martin a organisé une table ronde lors du salon du Livre en mars dernier qui a regroupé des acteurs du monde de l’édition, à savoir Marion Mazauric des éditions Au Diable Vauvert, Pascal Godbillon de la collection Folio SF, et Manuel Tricoteaux de la collection Exofictions chez Actes Sud. La question qui va occuper nos intervenants est celle de l’édition de la science-fiction à notre époque. Notez que l’on dépasse ici un peu du cadre simple du space opera et du planet opera tel que voulu par le défi Summer Star Wars, mais j’espère que ce cher Excel Vador ne m’en tiendra pas trop grief.

Je l’ai indiqué lors de la chronique précédente, j’ai peu l’habitude d’entendre des auteurs s’exprimer ; autant dire que concernant des éditeurs, c’est encore plus rare — ce doit être la deuxième fois. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, sinon à écouter les constatations comme quoi l’édition de la littérature de science-fiction n’est plus celle des années 1990. Effectivement les éditeurs font ce constat. Par contre j’ai tout à fait été intéressé par leur remède à la situation, et notamment en ce qui concerne la définition même de la science-fiction. En écoutant la discussion, il m’est revenu en tête ce qu’avait dit Isaac Asimov sur cette littérature. Déjà, à son époque, il combattait le fait que le monde de l’édition voyait la science-fiction comme un genre au même titre que le western, les romans à l’eau de rose ou le policier. Une des tâches d’Asimov a été d’expliquer — et de démontrer — qu’au contraire la science-fiction n’est pas qu’un genre mais que c’est bien une littérature dans la littérature. La science-fiction a différents genres, comme le space opera, la hard science, etc., mais elle est plus que cela puisque l’on peut tout à fait écrire des westerns de science-fiction, des romans policiers de science-fiction, etc. Les amateurs de science-fiction ne le savent que trop mais combien de fois avons-nous entendu des personnes dire qu’elles n’aimaient pas la science-fiction ? Car dans leur représentation ce n’est que des boulons et des vaisseaux qui se tirent dessus à coup de rayons lasers. Je n’avais pas de doutes que les éditeurs ont conscience de cela mais, pourtant, lorsque l’on arpente les rayons des librairies et des bibliothèques, l’on voit toujours que la science-fiction est cataloguée comme un genre parmi d’autres. Effectivement le roman 1984 de George Orwell — pour prendre un exemple simple — se raconte dans un univers dit de science-fiction que l’on peut classer dans le genre de la dystopie mais chacun sait que ce n’est pas que cela et qu’il aurait toute sa place dans les rayons de littérature générale.

Pour en revenir à l’émission, c’est exactement ce problème qui est mis en exergue. Et l’on note les efforts des éditeurs réunis autour de la table pour dépasser cette dichotomie. Pour certains, la tâche est plus difficile, moins naturelle, mais il est clair qu’ils ont conscience qu’il ne s’agit pas seulement d’une lutte idéologique mais bien d’un enjeu de société afin de permettre au plus grand nombre d’avoir accès à de grands écrits, de ne pas les rejeter parce que “ah moi, non, je n’aime pas la science-fiction”. Sans parler du fait que, pour les éditeurs, il s’agit aussi d’un enjeu financier important. C’est donc une émission très intéressante et qui amène de nombreuses questions et de nombreuses réflexions. Je regrette simplement qu’il n’y ai pas eu autour de cette table d’autres acteurs du monde de l’édition comme Le Bélial’, Bragelonne ou même, pourquoi pas, Denoël. Comme pour la présentation précédente, il est possible de réécouter l’épisode en suivant le lien vers le site de l’émission.

La Méthode Scientifique, La science-fiction selon Gérard Klein, 9 juin 2017

Rédigé le 24 juin 2017.

couverture À nouveau je vais déborder avec cette chronique du cadre du challenge mais je ne pouvais pas m’arrêter en si bon chemin et ne pas parler un peu de l’émission de la Méthode Scientifique de Nicolas Martin consacrée à Gérard Klein. J’ai beau ne rien y connaître en science-fiction française, je connais tout de même M. Klein ! Contrairement aux deux autres émissions, nous avons ici une interview dans la plus pure tradition. Alors que les précédents dossiers sur le sujet de la science-fiction tournaient autour de discussions, parfois animées mais toujours bon enfant, au contraire cette fois-ci cela a été moins facile pour M. Martin. J’ai parfois lu M. Klein, notamment quelques préfaces, mais je ne l’avais jamais entendu parler. Évidemment c’est un puits de science en la matière et il y a de nombreuses anecdotes intéressantes qu’il partage. Son expérience riche de plusieurs décennies lui permet d’avoir un important recul sur la situation actuelle de la science-fiction, ce qui a l’avantage de bousculer quelque peu des idées préconçues que je pouvais avoir. Et pour bousculer, il bouscule ; et notamment M. Martin se fait couper, se faire reprendre comme un mauvais élève ! Il y a même un moment où le journaliste, cherchant à reformuler le propos de l’invité pour avancer, se fait dire qu’il n’a rien compris et que son invité n’a jamais dit ça — et le tout de façon peu courtoise. Je ne sais pas si M. Klein est connu pour être aussi tranchant mais lors de l’émission il apparaît comme quelqu’un de peu patient voir même bougon. Cela n’enlève rien évidemment, je le redis, à l’expertise de ce monsieur mais sa conduite qui, à un moment, frise presque l’irrespect opère un certain décalage là où l’on s’attend à avoir une interview enrichissante. À tel point d’ailleurs que je me rends compte que ma chronique ne va traiter pratiquement que du comportement de ce monsieur et non pas du fond. Mais il faut dire que c’est vraiment ce que je retiens de cette émission. Si vous souhaitez vous faire votre propre opinion, je vous invite à écouter cette interview en suivant le lien vers le site de l’émission.

Mars, Saison 1, 2016

Rédigé le 27 juin 2017.

couverture Après avoir fait un état des lieux de la science-fiction en ce début de XXIe siècle dans les premières chroniques, nous pouvons maintenant nous élancer depuis l’orbite terrestre vers le voyage promis par le SSW jusqu’aux confins de l’univers. Mais avant d’arriver dans des espaces inconnus, nous allons d’abord visiter et explorer notre voisinage. Produite par le National Geographic, Mars est un docufiction qui comprend pour le moment une saison de six épisodes et d’un pilote. Elle a été créée par Ben Young Mason et Justin Wilkes à partir de l’ouvrage de Stephen Petranek How We’ll Live on Mars. L’idée de ce documentaire fictionnel est de nous présenter la possible colonisation de la planète Mars et sa gestion depuis la Terre, tout en nous présentant la situation de la science actuellement — notamment en ce qui concerne les avancées technologiques et les défis à relever. D’une manière générale, chaque épisode se découpe entre l’année 2016 avec des interviews de grandes personnalités apportant des informations diverses — comme Elon Musk ou Neil deGrasse Tyson —, des retours sur des expériences passées — comme les conditions de vie en Antarctique —, et l’année 2033 où la première fusée à destination de la planète rouge est lancée. Chaque découpage étant présenté plusieurs fois durant un épisode, de façon alternative. À propos de la partie fictionnelle, nous suivons principalement les sept membres d’équipage du vaisseau Daedalus qui aura pour lourde tâche d’une part d’arriver à bon port, de se poser et d’autre part de jeter les premières bases de la première colonie martienne. Chaque épisode présente les différentes étapes de ce processus en se concentrant sur un point particulier comme par exemple les difficultés d’un atterrissage sur Mars, les mises en place des ressources énergétiques, la gestion de l’aspect humain, etc.

Je suis tombé par hasard sur cette série et j’ai été très emballé par le pilote. J’ai été ensuite surpris par la forme de la série en elle-même — notamment avec ces découpages — mais je m’y suis fait assez vite. Il est indéniable que c’est une série très bien documentée et riche d’informations, même parfois d’anecdotes. Concernant la projection de l’établissement d’une colonie sur Mars, c’est clairement un point essentiel qui manque, je trouve, d’une certaine rigueur tant dans le jeu des acteurs que dans le scénario. Plus précisément concernant ce dernier, les auteurs préfèrent parfois mettre en avant du sensationnel au détriment de la logique ; pour exemple, je pense notamment à ce passage où l’équipe envoie l’un des explorateurs à quelques trois cent mètres de profondeurs à l’aide d’un treuil — exercice périlleux — alors qu’ils ont des drones munis de caméra qui auraient évité la prise de risque et la mise en danger d’un membre de l’équipage. Mais cela ne gâche en fait rien au plaisir de cette série qui se regarde très bien. L’on y apprend énormément tout en se divertissant et en se demandant comment les protagonistes vont pouvoir faire face à la prochaine épreuve qui les attend. La mise en scène est même suffisamment bien faite et la tension si bien gérée que, parfois, l’on se prenne à vouloir voir un monstre de l’espace de type xénomorphe surgir au détour d’une coursive — mais non là, c’est la réalité, même si fictionnelle, et aucune créature mécanique meurtrière ne va soudainement apparaître dans un bruit de roulement strident depuis le renfoncement d’une dune. Bref, même si elle souffre de quelques lacunes, c’est une très bonne série qui mêle habilement anticipation et documentaire scientifique.

En attendant la deuxième saison qui devrait arriver vers la fin de l’année, il est possible de continuer l’expérience en se rendant sur le site français de la série qui fournit quelques données notamment sur l’équipage, et de voir quelques vidéos en relation avec la série sur la page idoine du site étasunien.