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Dim. 15 oct. 2017. — Depuis quelques temps je me retrouve assez dans certains écrits récents de Cyrille Borne, ingénieur informatique devenu enseignant en 2003. Je l’ai suivi jusqu’à présent sur les différents blogs qu’il a eu où il traite de logiciels libres, d’informatique en général, de sa vision de la société, et de pleins d’autres choses aussi comme, notamment, de son expérience de prof dans un lycée plus ou moins oublié par son académie avec des élèves qui s’abreuvent de vidéos débiles sur youtube.

Comme j’ai déjà pu l’évoquer dans ce journal, je suis rentré en septembre dans ma troisième année d’assistant d’éducation — c’est-à-dire que je suis surveillant, un pion quoi — dans un lycée professionnel et technologique. Malgré de très grands atouts, notamment des ateliers gigantesques faisant la fierté du recteur, le lycée souffre d’une mauvaise image de marque. D’une part, et comme dit, c’est un lycée professionnel et, apparemment en France, c’est (vraiment) moins bien que d’être un lycée général — même nos élèves qui aiment ce qu’ils font ont ce cliché. Ensuite il lui colle à la peau une affreuse image de lycée de zone mais qui n’en a pas le statut. Cependant cet établissement mériterait clairement d’être déclaré zone d’éducation prioritaire histoire d’avoir des moyens à la hauteur des défis et problèmes que les équipes pédagogiques, éducatives et administratives ont à résoudre au quotidien — problèmes qui font parfois la une du journal régional. Mais cela ne se fera pas. Pourquoi ? Deux raisons. La première découle de la contradiction dans mes phrases précédentes : être simplement vu comme un lycée de zone est déjà dommageable pour la réputation du lycée parce que c’est très mal perçu ; avoir véritablement le statut en question finirai d’enfoncer le clou. La seconde raison serait due aux coûts trop grands que cela engendrerai pour l’académie selon les off que j’ai pu entendre. Et pourtant, pourtant. Nous avons certains gamins qui, bien qu’encore jeunes, sont clairement abîmés, vivent dans des environnements sociaux et familiaux difficiles, violents parfois. Et tout cela s’exprime par un mal-être profond, des réactions brusques, des pieds de nez à toute forme d’autorité, une recherche d’attention par tous les moyens — même (surtout ?) les moins recommandables.

Nous passons, en tant que pion, et surtout le soir à l’internat, pas mal de temps à échanger avec les élèves. Parfois, ils nous racontent d’où ils viennent et ce qu’ils vivent, les douleurs émotionnelles, les manques et les carences. Mais la violence ressentie aussi, omniprésente, qu’ils intègrent et expriment ensuite comme ils peuvent. Je me suis personnellement retrouvé dans des situations où, physiquement, j’étais le dernier rempart empêchant une explosion d’agressivité entre élèves. Il n’y plus le temps alors pour la parole ou pour le raisonnement, tout tient à un fil. Après coup, je me demande encore comment se fait-il que ces situations, plus qu’électriques, n’ont pas complètement dégénérées. C’est peut-être dû à la chance ? L’an dernier, un collègue a fait un tour aux urgences et a eu droit à huit jours d’interruption temporaire de travail suite à une agression qu’il a subi dans l’enceinte du lycée par des éléments extérieurs — comprendre, pas des élèves à nous. Le lendemain pourtant, il arrivait au lycée ; il n’avait pas voulu se faire manger par la peur et était revenu affronter la situation, ne pas ruminer seul chez lui. En y pensant, c’est la décision la plus judicieuse qu’il pouvait prendre. Cyrille disait dans son complément 6 du 30 septembre qu’il a « l’habitude de travailler avec les jeunes, de faire retirer les casquettes, d’avoir des gamins qui ont des piercings, des écarteurs, des gros tatouages. Comprenez que quand nos jeunes feraient peur à n’importe quelle petite vieille, nous c’est notre quotidien ». J’ai des élèves qui se sont complètement déscolarisés et auxquels il ne reste rien, des exclusions pour avoir défoncé le crâne d’un autre élève à coup-de-poing américain, d’autres qui se sont mis dans de tels problèmes qu’ils ne pouvaient plus venir à l’école sans risques, d’autres encore qui ont fini en prison ou qui n’en sont pas loin. J’ai un collègue recruté cette année qui, comme moi, est diplomé en psychologie. Pour payer ses études, il travaillait dans la sécurité privée. Il a fait une blague récemment à l’un de nos CPE lui disant qu’il l’avait recruté non pas parce qu’il avait étudié la psychologie mais parce qu’il avait un passif en sécurité. C’est certain, c’est loin du lycée tranquille de centre-ville où il suffit de faire les gros yeux pour imposer le silence. Si vous avez été pion dans mon lycée, vous pouvez être pion presque n’importe où.

Le tableau présenté paraît bien sombre ? Il ne l’est pas du tout. Je parie que je pourrais postuler pour un de ces lycées de centre-ville et être pris sans aucunes questions. Mais je ne le fais pas. Je ne changerai d’établissement pour rien au monde. Comme expliqué, nous avons des élèves en difficulté, en vraiment grande difficulté parfois. Certains sont, à l’inverse, très stables et sans problèmes. Et il y a toute la palette entre les deux. Dans tous les cas, les uns comme les autres ont tous quelque chose en eux qui mérite qu’on continue, ils ont tous un potentiel à exploiter. Et tous les collègues aiment ces gamins ; oui, ils peuvent être immatures, oui, certains ne sont vraiment pas des flèches, oui, certains passent leur temps à chercher les problèmes, oui, on retrouve des couteaux ou des brises vitres planqués dans les poches, oui, des fois, ça sent étrangement les plantes aux abords du lycée dès huit heures le matin et on pars en chasse, oui, certains nous tapent vraiment sur les nerfs, mais il ne viendrait à aucun d’entre nous l’idée de les laisser tomber. Il y a beaucoup de boulot. Ne serait-ce que faire comprendre à certains qu’il vaut mieux prendre deux secondes — juste deux réelles secondes — et réflêchir aux conséquences avant d’agir paraît mission impossible. Cyrille, dans nombre de ses articles, parle d’un devoir ; devoir d’inculquer des règles, devoir de préparer cette génération à la vie difficile qui les attend, là, dehors. C’est un travail de longue haleine, on avance millimètre par millimètre, quotidiennement, sans relâche. Des fois, cela fonctionne ; des fois, non. Mais quand cela fonctionne, on sait que l’on a fait, à notre mesure, quelque chose de bien.

Mercr. 11 oct. 2017. — Les préparations pour le NaNoWriMo vont bon train sur le canal IRC. Ce matin il y avait une discussion entre Ippa et Marylou concernant leurs univers de science-fiction respectifs et les recherches qu’ils avaient à faire pour obtenir quelque chose de cohérent. J’ai cru bon, dès lors, de partager avec eux un lien que j’avais trouvé cet été sur le shaarli de sebsauvage et que je garde pour le jour où, moi-même, je me déciderai enfin à me lancer dans de la science-fiction pour mon NaNo. Il s’agit du site Atomic Rockets tenu par Winchell Chung depuis 1999. Il maintient, seul, un nombre impressionnant de pages très complètes sur toutes sortes de sujets, depuis la conception des ponts de vaisseaux spatiaux, jusqu’à la confection de mondes scientifiquement consistants en passant par la mise en place de systèmes politiques, culturels, etc. Il y a des cartes, des schémas, des extraits d’ouvrages, de romans, et de bande-dessinées, des explications sur de possibles controverses, et j’en passe encore. Le site peut se lire comme un livre, de façon linéaire, mais l’on aura tendance à y naviguer par l’intermédiaire du menu en bas de chaque page, voir en passant par l’index. Rajoutant régulièrement de nouveaux contenus, toutes les informations que proposent Chung ont été vérifiées, contrôlées et sont mises à jours le cas échéant, ce qui fait de ce site une base incontournable, une véritabe mine d’or, pour tout écrivain, en herbe ou non, de science-fiction plutôt porté sur la hard science, le space opera et/ou le planet opera, mais aussi pour toute personne qui s’intéresse de près ou de loin à ces genres.

Mar. 10 oct. 2017. — Je n’ai longtemps été attiré que par les romans édités ; j’entends par là des histoires écrites par des auteurs qui contactent des maisons d’édition qui s’occupent alors de la mise en production et de la proposition de l’ouvrage au public. Mais depuis quelques temps je remarque que je suis de plus en plus curieux de l’auto-publication. Le tournant, je pense, a été ma lecture de L’Anomalie du Centaure de C.P. Rigel que j’avais évoqué dans le deuxième volume de ce journal. Je ne savais pas, lorsque j’ai commencé à le lire, qu’il s’agissait d’un amateur qui s’était auto-publié, je ne l’ai appris qu’en cours de lecture. J’avais vraiment beaucoup aimé ce livre et il avait remis en question les préjugés inconscients que je pouvais avoir en matière d’auto-édition — ce qui est surprenant puisque je suis un convaincu de cette forme d’édition et que j’avais déjà trouvé quelques titres qui pouvaient m’intéresser sur InLibroVeritas mais sans jamais vraiment les lire. Mon problème surtout, j’imagine, était de savoir si la lecture valait le coup ou non. L’avantage de passer par des maisons d’édition installées est que l’on a au moins la certitude que l’ouvrage a déjà été lu, relu, et sélectionné, corrigé jusqu’à un résultat convaincant, que d’une certaine manière donc — du moins du point de vue de l’éditeur — le roman mérite d’être vendu. Pourtant il est clair que ce n’est pas un gage de qualité. Nous avons généralement tous déjà eu entre les mains au moins un livre dont on se demande pourquoi il avait été édité ; inversement, il y a de nombreux auteurs qui ont littéralement galéré avant de trouver une maison d’édition et alors même que l’ouvrage in fine s’avère excellent. Le roman de Rigel, outre le plaisir que j’ai pris à le lire, a donc aussi eu le mérite de m’avoir ouvert les yeux sur mes contradictions à ce sujet.

Mais il n’y a pas que lui. En effet depuis que je participe au NaNoWriMo, je me suis rapproché d’autres participants, du débutant qui s’incrit pour la première fois, jusqu’à de véritables auteurs — selon moi en tout cas — qui écrivent depuis des années. Ces personnes dont je parle s’auto-publient soit directement par l’intermédiaire de blogs ou encore grâce à des sites spécialisés. J’ai pu lire certains de leurs écrits et y prendre beaucoup de plaisir. C’est ainsi que je me suis mis à suivre IMG par exemple, connue sous le pseudonyme de nat28 sur WeLoveWords, qui s’est lancée cette année dans un projet Bradbury. J’aime tellement ce qu’elle écrit que je me suis inscrit sur le site pour pouvoir la suivre et, pourquoi pas, découvrir d’autres auteurs publiant leurs propres textes. Évidemment tout n’est pas excellent mais l’on tombe souvent sur des pépites qui méritent réellement la lecture. De la même manière, je traîne aussi un peu sur Wattpad, autre plateforme bien connue, mais je n’ai pas encore trouvé les auteurs qui m’accrochent. J’avoue que je cherche surtout de la science-fiction et les résultats de mes recherches sont assez pauvres en français — et je n’ai pas encore eu le courage de me lancer dans des lectures en anglais. J’ai pourtant une ou deux histoires dans ma liste à lire sur le site ; il faudra que je m’y mette. Je me suis aussi lancé dans la lecture de fan fiction sur le site de référence en la matière à savoir fanfiction.net. Petite parenthèse, et pour information, la sélection de la langue française sur ce site ne peut pas se faire par une recherche mais se fait après avoir choisi l’univers fictionnel, en utilisant le filtre prévu. Pour le moment je n’ai lu que deux fictions, l’une se plaçant dans l’univers de Star Wars et l’autre dans le cadre de la série X-Files. Je n’ai pas encore complètement accroché je dois dire, mais ça me plaît assez. Dans un autre genre, je me suis aussi replongé aujourd’hui dans les journaux intimes, et notamment dans tout ce que l’on peut trouver sur la plateforme en français Journal Intime.com. Ici tout est différent bien sûr puisque l’on n’est plus dans la fiction pure mais dans l’autobiographie, romancée ou non. Cela satisfait malgré tout mes envies de lecture compulsive et rapide — enfin en apparence cependant car nous avons là un véritable vortex temporel dans lequel se perdent allègrement les heures.

Je ne délaisse donc certainement pas mes lectures tirées du monde de l’édition traditionnelle mais je me rends compte que durant de nombreuses années je suis passé à côté de lectures vraiment intéressantes et enrichissantes.

Lun. 9 oct. 2017. — Comme je l’avais déjà expliqué à la fin du mois dernier, mon Eee PC fonctionne parfaitement sous Debian 8. J’avais eu des problèmes de sons que j’avais pu résoudre sans trop de soucis. Une autre petite chose que je devais régler cependant était le gestion du son par l’intermédiaire des touches Fonction du clavier. En effet celles-ci fonctionnent toutes et ont un comportement attendu sauf celles concernant le son qui n’ont pas d’effets. Mon gestionnaire de fenêtres étant ratpoison, je me suis souvenu que gapz s’était confectionné une configuration justement pour cela. Reprenant le travail de Stephan Walter, il y a ajouté une fonction pratique qui permet d’activer ou de désactiver le son — le fameux mute — tout en permettant d’augmenter et baisser le volume et d’avoir un retour sur son niveau dans la barre d’état de ratpoison. Le script est récupérable directement depuis la section Code du site de gapz et j’en ai une copie dans mon dossier scripts sur github. Pour son intégration avec le gestionnaire de fenêtres, rien de plus simple, il suffit d’ajouter ces quelques règles dans le ~/.ratpoisonrc :

definekey top XF86AudioRaiseVolume exec ~/g/scripts/rat-volume.sh 5%+
definekey top XF86AudioLowerVolume exec ~/g/scripts/rat-volume.sh 5%-
definekey top XF86AudioMute exec ~/g/scripts/rat-volume.sh

Il faudra bien sûr veiller à ce que les touches de fonction portent bien les bons noms en les vérifiant avec l’outil xev, et indiquer aussi le bon chemin vers le script. Notons que celui-ci utilise abondamment amixer qui devrait de toute façon être installé par défaut si le gestionnaire de son alsa est présent. Il se trouve que gapz avait aussi mis en place le même genre de configuration pour la gestion de la luminosité de l’écran avec rat-bright mais, celle-ci fonctionnant nativement sans problème sur mon système, je ne l’utilise pas.

Dim. 8 oct. 2017. — Je n’ai toujours pas payé l’université. C’est étrange. J’ai voulu le faire à plusieurs reprises, m’étant même déplacé à l’administration mais il m’a été dit à la caisse qu’il fallait prendre rendez-vous. Je dois juste délivrer un chèque, est-il vraiment nécessaire de prendre rendez-vous pour cela ? J’imagine que non, mais c’est la procédure. Il me faut donc simplement envoyer la somme par courrier ou juste mettre moi-même l’enveloppe dans la boîte aux lettres du bâtiment A. Pourtant, je ne l’ai toujours pas fait. Est-ce que c’est une façon pour moi d’éviter quelque chose que je ne veux pas ? À savoir recommencer, encore, ce fichu semestre ? Je ne sais pas vraiment ; peut-être. Quoiqu’il en soit j’ai tout de même jusqu’au 15 octobre pour m’affranchir de la somme, faute de quoi je ne serai pas éligible aux examens de décembre. Ce qui serait quand même dommage puisque je suis revenu spécialement pour cela. Dans le même temps je n’ai toujours pas fait mon TD pour demain 10 heures. Mais je dois dire que cette semaine ne m’a pas vraiment laissé le temps de m’y plonger comme je le voulais. Je m’étais fixé comme objectif de faire mes TD les fins de semaine mais je me rends compte que c’est finalement une mauvaise option. Je devrais plutôt les faire en début de semaine — bien en avance donc — histoire de voir venir.

Ainsi, cela fait plus d’un mois que je suis rentré et je vois que je ne suis toujours pas calé dans mon quotidien. Je pense que cela vient du fait que je suis rivé sur la fin, sur le fait de repartir au lieu de me concentrer sur les choses que j’ai à faire au jour le jour. C’est clairement une erreur et cela entraîne des désagréments comme le fait que je ne suis pas complètement investi dans mes études universitaires, que je n’ai pas repris le sport et que je ne fais pas la moitié des choses à faire que je note pourtant assez consciencieusement dans mon bullet journal.

Depuis plusieurs années déjà j’étais à la recherche d’un système qui puisse m’aider dans la gestion des tâches quotidiennes. Il existe de nombreuses manières de faire cela, notamment mise en avant par David Allen dans son ouvrage maintenant bien connu Getting things done, abrégé en GTD, publié en 2001. Sans aller jusqu’à des choses aussi poussées que cela je m’étais reporté sur l’utilisation d’un petit outils nommé Todo.txt. C’est en fait un simple script bash qui permet facilement de gérer un fichier en texte brut contenant une liste de choses à faire que l’on peut arranger par date, priorité, etc. L’avantage que j’y trouve est que le fichier est facilement exportable et lisible sur tous types de support — depuis un simple terminal, en passant par n’importe quel éditeur de texte, jusqu’à des applications pour téléphones intelligents. Mais ce fichier, et sa gestion par Todo.txt a ses limites, notamment lorsque l’on veut établir d’autres types de listes, comme une pile de livres à lire, des épisodes de séries vus, l’avancée dans des exercices physiques quotidiens, etc. J’avais donc d’autres fichiers en texte brut pour chacunes de ses différentes listes, en plus de mon fichier todo.txt. Et puis, la sérendipité aidant, je suis tombé à la fin du mois d’août dernier sur le concept de bullet journal développé par Ryder Carroll. Il le présente comme un système analogique pour l’âge numérique — mauvaise traduction personnelle de the analog system for the digital age. L’idée est finalement assez simple. Il a regroupé au sein d’un même bloc-note papier un agenda, une liste de choses à faire et un journal. L’idée d’utiliser un bloc-note papier est somme toute assez intéressante puisque cela permet de modeler son contenu à notre guise. Au lieu d’utiliser un agenda avec une présentation figée, il est possible de créer la sienne, voir de la faire évoluer dans le temps en fonction des besoins. De plus, sur une page vierge, il est possible d’imaginer et d’arranger toutes les listes dont on pourrait avoir besoin à notre convenance. Si la chose n’est pas forcément simple à expliquer, voir à comprendre, c’est pourtant très basique et très efficace. D’ailleurs l’auteur a publié une courte vidéo expliquant clairement le concept. Le phénomène a pris tellement d’ampleur qu’une large communauté s’est créée autour de ça et l’on retrouve de nombreuses vidéos présentant différents journaux personnels sur youtube ou encore de nombreuses photos sur instagram — ce qui aide pour voir ce qu’il est possible de faire et donner des idées.

Inutile de le préciser, j’ai été séduit. Par contre, bien que j’ai essayé de commencer à utiliser ce système dans un format papier, celui-ci ne me convient pas. Principalement parce qu’il m’est difficile de me déplacer constamment avec un bloc-note qui doit, pour répondre à une utilisation efficace, avoir une certaine taille. Je pourrais en avoir un vraiment petit qui se loge dans la poche arrière de mon pantalon, avec un stylo tout aussi discret, mais je n’ai pas trouvé cela pratique. Mais, comme beaucoup de gens, je ne me déplace pratiquement jamais sans mon téléphone. J’ai donc décidé de reprendre le bullet journal et de l’adapter dans un format numérique au sein d’un fichier en texte brut. L’avantage est que je peux le synchroniser entre mon téléphone et mon ordinateur, et l’éditer à ma guise sur l’un ou l’autre. Le seul désavantage est qu’il ne m’est pas possible de le customiser autant que l’on pourrait le faire sur du papier. Je reste dépendant, forcément, des contraintes liées à un fichier numérique en texte brut — par exemple, il est difficile de faire des cercles et d’écrire au sein de ceux-ci aisément, même en faisant de l’ASCII art. Cependant j’ai pu m’en arranger et développer mon propre système sur cette base. Après environ un mois d’utilisation, je dois dire que j’en suis assez content. À l’inverse de beaucoup d’autres, je n’utilise pas d’agenda par jours, mais uniquement par semaine, dans lequel je note ma liste de choses à faire durant ces septs jours. J’y ajoute une date lorsqu’il est nécessaire pour moi de faire quelque chose un jour spécifique, comme prendre un rendez-vous par exemple. Chaque semaine se retrouve prise dans une plus grande catégorie mensuelle qui m’offre un simple calendrier basique tel que le fourni la commande cal(1) sous GNU/Linux. Juste sous celui-ci, j’y adjoins sans problème des évènements devant arriver pendant le mois en cours, comme des anniversaires, des rendez-vous, des examens, etc., que je peux ensuite reporter dans la semaine en cours lorsque celle-ci survient. À part cela, j’ai aussi mis en place une pile à lire et un suivi des épisodes des séries que je regarde. Il me faudra rajouter aussi un compteur de mes exercices physiques quotidiens, et mon bullet journal sera presque complet. Initialement j’avais aussi rajouté un suivi de mes heures de sommeil, mais j’ai rapidement abandonné l’idée, n’y voyant qu’un intérêt très relatif.

Cela fait donc plus d’un mois que j’utilise le bullet journal avec plus ou moins de succès. Plus ou moins parce qu’en effet je le mets à jour relativement régulièrement et le consulte pareillement. Cependant, et même s’il me permet de gérer plus efficacement toutes les choses que j’ai à faire, il n’est pas complètement efficient pour lutter contre mon inertie naturelle. Mais les choses sont en bonne progression je pense, et je ne désespère pas d’arriver au final à une efficacité renforcée.

Mar. 3 oct. 2017. — J’ai commencé à mettre en place mon projet pour le NaNoWriMo de cette année. J’ai décidé de reprendre mon récit inachevé autour de mon voyage au Mexique durant l’été 2016, qui correspond en fait au volume 1 de ce présent journal. J’ai ainsi créé la page sur le site du NaNo, ce qui ne m’a pas pris beaucoup de temps puisque je reprends exactement le même sujet que l’an passé. Je ne sais pas si cette année je vais publier au fur et à mesure mes écrits. À l’origine j’avais eu cette idée histoire de me motiver un peu mais force est de constater que cela n’a que peu d’influence sur le résultat. Il est même possible que cela ne m’aide pas car le simple fait de voir une publication, même sur un obscure dépôt github que personne ne visite, me pousse invariablement à relire ce que je viens d’écrire et à le corriger. Cela pourrait être une bonne chose en soi mais dans le cadre du NaNo où le but est d’avancer pour arriver au bout, cela se transforme en contrainte et en perte de temps. Le mois de novembre n’est pas fait pour la relecture, ni pour peaufiner le texte ; le but est simplement d’écrire, d’avancer et d’atteindre les 50 000 mots. L’équipe de Paris a aussi commencé à travailler pour mettre en place des évènements. Les deux plus importants dans mon cas avant le lancement officiel seront deux temps de préparation, des NaNoPrep, les samedi 14 et vendredi 20 octobre, sur le canal irc #nanowrimo_france. Ce sont des rendez-vous que je vais tenter le plus possible d’honorer étant donné qu’il me va être absolument nécessaire de bien préparer les choses cette fois-ci. Avant ces dates cependant, je m’empêche de faire quoique ce soit de concret pour le moment ; je ne souhaite pas me lancer trop tôt et perdre mon modjo avant même que cela ne commence vraiment. Mais il est évident que l’excitation du démarrage commence à monter !

Je ne perds cependant pas de vue mes deux objectifs principaux que je me suis fixé jusqu’à fin décembre. Tout d’abord, faire de l’argent, le plus possible pour les projets à venir. Ensuite — et je n’en ai pas encore vraiment parlé jusqu’à présent — finaliser complètement ma licence de droit. L’an dernier, je m’étais retrouvé à relever un grand défi, à savoir repasser pratiquement toutes mes matières des deux semestres au rattrapage. Ce fût une période difficile et j’étais parti au Mexique au début du mois de juillet avant même de connaître les résultats. La conclusion a été assez mitigée ; je n’ai pas eu mon année mais cette nouvelle a été atténuée par le fait que j’avais tout de même réussi à valider toutes mes matières sauf une, le droit social. J’avais pourtant eu cette matière lors de la première session mais le jeu des contrôles continus m’avaient obligé à la repasser au rattrapage et, malheureusement et sans que je le comprenne vraiment, je ne l’ai pas eu à la seconde session. Devoir repasser une matière où l’on a déjà eu la moyenne est déjà une épreuve en soi, mais la rater lors de la seconde session rend les choses encore plus difficile. Mais en droit il y a rarement de demi-victoire. J’ai donc beau pu réussir toutes mes matières, je me retrouve malgré tout à devoir refaire une année supplémentaire pour repasser le droit social qui se trouve être au moment où j’écris ces lignes, et c’est le comble, en grande réforme. Heureusement le programme du premier semestre porte sur les relations individuelles donc l’impact est relatif, mais tout de même. J’ai donc encore environ deux mois et demi devant moi pour me préparer à un examen que j’ai déjà eu une fois. Je ne suis pas complètement serein cependant puisque c’est une épreuve que j’ai aussi raté une fois. Mais dans cette situation ubuesque je ne perds pas espoir et c’est pour moi en fait une opportunité. Je vais donc étudier au maximum cette matière pour la valider au mois de décembre tout en mettant assez d’argent de côté. Ensuite, et en tablant sur le fait que je l’aurai effectivement passé avec succès, je vais pouvoir poursuivre ma route dans une direction qui m’attire depuis maintenant longtemps. Il me faut juste être encore un peu patient. Simplement encore un peu de patience.

Je reste donc proche du droit et continue de me cultiver dans ce domaine. D’ailleurs l’on m’a fait passé cette nuit la critique d’Étienne Tarride du livre de l’éthnologue Christiane Besnier intitulé La Vérité côté cour. Une ethnologue aux assises. Ayant assité à une quarantaine de procès criminels, elle y apporte un regard précis du comportement des différents acteurs présents, tant du côté de la cour que du côté des prévenus et de leurs avocats. Selon M. Tarride elle évite aisément les éceuils récurrents que font les commentateurs non expérimentés du droit tout en y jetant une réflexion selon un angle que l’on a peu l’habitude de lire. Malgré quelques reserves, l’ouvrage paraît riche et intéressant, et il faudra que je vois s’il est disponible dans ma bibliothèque universitaire.

Dim. 1 oct. 2017. — Caen. — Le compte à rebourd a commencé. Dans un mois exactement ce sera le début du NaNoWriMo. C’est toujours une sorte de défi pour moi qui n’ai jamais réussi à le terminer, et cela pour plusieurs raisons. La première est un manque évident de préparation. Mes expériences passées m’ont appris que je ne suis pas de ceux qui peuvent se lancer sans avoir une histoire et un plan assez bien défini. De ce fait, j’avais opté jusqu’à présent pour de la non-fiction — ce qui est assez marginal pour un NaNoWriMo où l’on doit normalement écrire de la fiction. La seconde raison est le manque flagrant de temps que j’ai à y consacrer. Idéalement pour atteindre le but des 50 000 mots il faut en écrire, de mémoire, 1613 par jour. Je sais que certains arrivent à dégager quotidiennement des heures pour cela en s’organisant des créneaux dans la journée. C’est une chose sur laquelle il faut que je travaille. Heureusement cette année mon planning universitaire est assez léger, j’ai donc bon espoir de ce côté. Pour en revenir à mon premier problème, je pense que je vais me motiver pour terminer — en fait reprendre — ce que j’avais déjà initié pour mes deux premiers NaNoWriMo. C’est-à-dire que je vais rester sur de la non-fiction — oui malgré tout — parce que j’ai déjà pas mal de notes mais qu’il va me falloir remettre quelque peu en forme durant ce mois d’octobre, et j’en profiterai pour faire quelques recherches sur des sujets que je vais avoir à développer. L’idée sera d’avoir quelque chose de bien construit, au moins sur la papier, avant que le mois de novembre ne commence effectivement. Il ne me restera plus qu’à simplement me lancer dans l’éciture proprement dite. Je sais que je vais sûrement avoir quelques difficultés en route, peut-être des recherches supplémentaires à faire au moment de la rédaction sur des choses que je n’aurai pas prévu, mais comme dit j’aurai plus de temps pour cela que les années précédentes. Il va falloir que je développe aussi une certaine méthodologie pour mon écriture dû à mes nombreux déplacements en semaine. Je sais d’ores et déjà que je ne pourrais pas écrire le matin, ou disons en tout cas tôt le matin ; j’essayerai donc de privilégier un temps pour cela le soir et j’adapterai en fonction de ma progression. De plus, je sais que la région Europe :: France :: Paris va organiser des évènements de préparation vers la fin du mois d’octobre, histoire de pouvoir commencer à bien se mettre dans le bain. Cela sans parler des personnes constamment présentes sur le canal irc #nanowrimo_france. Je m’intéresse cette année aussi à la région Europe :: France :: Elsewhere qui je crois va proposer quelques rendez-vous, et qui s’est dotée de canaux sur Discord. Tout ce qu’il faut donc pour mettre toutes les chances de son côté.

Jeu. 28 sept. 2017. — Mondeville. — Depuis quelques temps je cherchais une manière simple et économique de pouvoir dupliquer le système présent sur mon Raspberry Pi en cas de défaillance de la carte SD — ce qui va forcément arriver un jour. Aussi j’ai été assez intéressé par la publication de ZeroHeure sur son blog à propos d’une manière d’installer un GNU/Linux en simplement le copiant depuis une distribution déjà installée. Sorte de clonage à la main donc. Cette technique, même si un peu rudimentaire, pourrait complètement me convenir car ce type de carte à la fin de leur cycle d’écriture reste accessible en lecture. De plus elle ne nécessite aucun outil en particulier, pas d’accès internet, ni même d’accès réseau, en plus d’être assez rapide. L’auteur a ausi publié cet article sur linuxfr.org où l’on peut retrouver quelques commentaires intéressants, et notamment une autre manière de procéder. Et pendant que le système se copie, on pourra toujours passer le temps en allant faire un tour dans les archives des clichés pris par le photographe Nick DeWolf durant la fin des années 1950 et 1960.

Lun. 25 sept. 2017. — Caen. — Durant mon séjour au Mexique, un petit accident est arrivé à mon IdeaPad. Pour le dire rapidement, il a pris de la bière. Le résultat est que le clavier est devenu inutilisable et j’ai du le remplacer sur place par un clavier usb qwerty en espagnol. Mon utilisation première de cette machine est pour les cours ; aussi devoir me balader avec un gros clavier en plus rend le côté nomade un peu obsolète. J’ai donc dû lui trouver un remplaçant et, en l’absence d’argent pour ça, j’ai récupéré un petit Eee PC Seashell, un 1015BXO selon dmidecode, sur lequel j’ai installé une Debian 8. C’est un ordinateur sympa, assez léger et qui fait office pour moi de machine à écrire évoluée — je n’ai pas tellement besoin de plus. L’installation de GNU/Linux et sa configuration se fait sans souci. J’ai juste eu un petit problème avec le son. La bestiole embarque une ATI Wrestler HDMI avec un chipset Realtek ALC269VB chez moi. Seulement il se trouve qu’à cause du HDMI le système détecte deux cartes sons au lieu d’une. Aussi, par défaut, il va chercher à utiliser la première alors que le son ne peut sortir que de la seconde. Pour corriger cela, il faut simplement indiquer au système d’utiliser la deuxième (notée 1) en créant un fichier /etc/asound.conf contenant ces lignes :

defaults.ctl.card 1
defaults.pcm.card 1
defaults.timer.card 1

Ceci étant fait, il ne restera plus qu’à lancer alsamixer et augmenter le volume sur Master.

Mercr. 20 sept. 2017. — Mondeville. — Hier en fin de journée heure de Paris, s’est déclaré au Mexique un tremblement de terre de magnitude 7.1 au niveau d’Izúcar de Matamoros, plus précisément vers Raboso à l’est de l’État de Puebla. Extrêmement violent il a eu des répercussions importantes, notamment à Cuernavaca dans l’État voisin de Morelos. Selon les informations que j’ai pu glaner sur les radios locales il y a eu de nombreux dommages un peu partout, entre autres dans le centre historique et près du zócalo où j’ai mon logement, mais le plus impressionnant restant probablement l’effondrement de la Torre Latinoamericana. Dans la nuit qui a suivi une réplique s’est faite ressentir sans pour autant générer trop de problèmes supplémentaires. Les recherches dans les décombres ont commencé peu après le séisme, ont duré toute la nuit et continuent aujourd’hui. De plus une grande partie de la population mais aussi des entreprises privées aident comme elles le peuvent les personnes et les structures qui en ont besoin en apportant logistique, matériels, nourritures, médicaments, etc. De nombreux témoignages ont émergé sur les réseaux sociaux mais aussi dans les médias — même venant des médias eux-mêmes. Selon tout ce que j’ai pu voir, lire et entendre, cela a été l’enfer à vivre. Heureusement toutes les personnes que je connais sont saines et sauves mais sont clairement sous le choc. J’ai une envie folle d’être sur place, et ressent une certaine culpabilité à être si loin alors que je pourrais moi aussi aider. Depuis que c’est arrivé je n’arrive pas à décrocher de mon téléphone, à l’affût de toutes nouvelles informations. Je voudrais tellement être là-bas.

Lun. 18 sept. 2017. — Langrune-sur-Mer, Normandie. — Mes deux premières semaines de rentrée ont été bien remplies, trop remplies même. J’ai commencé par retrouver mon travail au lycée où je reprends cette année mon mi-temps comme assistant d’éducation pour deux nuits d’internat et une matinée d’externat. J’ai enchaîné toute la semaine suivante comme manœuvre sur le chantier d’un restaurant gastronomique. Je ne peux pas dire que j’ai été d’une grande aide, déjà à cause de la fatigue provoquée par le décalage horaire mais surtout parce que je n’y connais pas grand chose. Le travail commençait tôt le matin et finissait tard le soir ; ce qui m’a fatigué encore plus. Cependant ce fut une petite expérience riche en apprentissages et en rencontres. Surtout cela m’a permis de passer du temps avec les amis à qui appartiennent le restaurant en plus d’être gracieusement logé. La semaine passée je suis retourné au lycée pour reprendre mon service. Puis celui-ci terminé, je me suis cette fois-ci retrouvé sans perspective de logement. L’on m’avait pourtant fait miroiter une possible place dans une colocation mais finalement cela ne s’est pas fait. J’ai alors honteusement contacté des amis vivants sur la Côte de Nacre. Ce coin de pays porte ce nom du au fait que la mer est ici très irisée, lui donnant une couleur de nacre. Je me retrouve donc à quelques centaines de mètres de la Manche dans une petite maison de pierre typiquement normande. J’y suis arrivé vendredi soir dernier et, par décompensation je pense, je suis tombé malade le lendemain, sinusite et bronchite. Je suis donc de repos forcé depuis, ce qui au final n’est pas plus mal. Je vais en profiter pour finir les lectures que j’ai entamé et publier les dernières chroniques pour le Summer Star Wars qui prend fin dans quelques jours.

Mar. 5 sept. 2017. — Paris, Roissy Charles de Gaulle, France. — Terminal 2E. Rompu de fatigue, la transition est difficile. Le passage à la douane, automatisé dorénavant, se fait en un temps record. Je récupère mon sac et me voilà de retour sur le sol de notre chère France. C’est le début d’après-midi, le temps est gris mais je suis ravi de constater qu’il ne fait pas aussi froid que je l’aurais cru. Comme je l’avais sous-entendu à la fin du volume précédent, les impacts de l’ouragan Harvey ont quelque peu chamboulé le climat dans le nord mexicain, réduisant d’autant la température sur place. Cela m’a aidé à me réhabituer à un environnement plus froid. Je vais rester ici jusqu’à demain matin ; je prendrai ensuite un bus en direction de la Normandie pour retourner au travail demain soir. Il faut que je pense à l’université aussi. J’ai mille et une chose à faire mais, pourtant, je ne m’en fais pas tellement. Il résonne encore à mes oreilles des rythmes de banda mexicaine et, tournant la tête, j’ai l’impression d’apercevoir l’espace d’une fraction de seconde un vendeur de tacos ambulant. Si je ferme les yeux, alors soudain j’ai la sensation que je suis toujours là-bas, qu’il me suffit d’un rien pour prendre un bus pour Acapulco et arriver directement au bord de la playa Papagayo. Encore un petit effort et me voilà à Zipolite, rigolant à gorge déployée aux blagues de ce cher Antonio, tandis que son chat Mao Yang se frotte à ma jambe dans l’espoir d’un câlin. Tout à l’heure j’irai m’immerger dans le Pacifique du côté de la playa del amor. Mais pas maintenant. Maintenant je veux juste rester un peu plus longtemps en haut du Cósmico, bercé par le son des vagues en contrebas, enrobé de cette douce chaleur tropicale, tandis que je finis ma bière, cette bière si rafraîchissante. Si la vida te da limones, pide ¡tequila y sal!