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Mar. 14 nov. 2017. — Au mois de septembre j’avais fait apprenti manœuvre pour la préparation à l’ouverture d’un restaurant gastronomique. Comme je l’avais dit alors c’est l’établissement d’un ami et j’étais content de pouvoir apporter un petit coup de main. Il se trouve qu’il est passé aujourd’hui à la radio. En effet Julia Duarte a reçu Guillaume Bisson, le chef de la Grande Bouteille à Caen, dans son émission On cuisine ensemble sur France Bleu Normandie pour parler, notamment, du gibier et de la façon de le cuisiner. Trop de publicité et trop de musique ; on n’entend pas assez Guillaume parler de sa passion à mon goût — mais j’avoue ne pas être objectif. Et c’est assez drôle d’entendre une voix connue en baladodiffusion.

Lun. 13 nov. 2017. — Vincent Charpentier a reçu dans son émission Carbone 14 du 5 novembre Jean-Paul Demoule, professeur de protohistoire européenne à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne. Cet archéologue et historien a publié aux éditions Fayard en septembre de cette année Les dix millénaires oubliés qui ont fait l’Histoire : quand on inventa l’agriculture, la guerre et les chefs. Il revient donc sur le contenu de son ouvrage dans cet épisode intitulé Les millénaires oubliés de l’Histoire — disponible en réécoute. M. Demoule s’interroge sur ce qui a pu provoquer la situation actuelle où de fortes inégalités s’observent partout dans le monde. Il explique ainsi que le néolithique a été une grande période de bouleversement, notamment avec l’introduction de l’agriculture évidemment. Selon lui ce passage à la sédentarité va briser le système d’abondance dans lequel les êtres humains vivaient jusqu’à présent et être « le temps d’exceptionnelles expérimentations, qui verront l’apparition du bronze, du fer, de la ville et de l’État, de la roue mais aussi les religions et, surtout, de la “servitude volontaire” chère à La Boétie ». Je ne pensais pas que l’on pouvait remonter aussi loin pour expliquer ces problèmatiques contemporaines. C’est vraiment intéressant et cela amène de nombreuses questions et pistes de réflexion.

Dim. 12 nov. 2017. — « La plus grande grâce que nous accorde la Providence est sans conteste notre ignorance de l’avenir. Si nous connaissions à l’avance l’issue de nos espoirs et de nos projets, ou si nous savions comment nous sommes condamnés à mourir, imaginez combien cela gâcherait notre vie ! Au lieu de quoi, nous continuons de vivre au jour le jour, aussi inconscients que des animaux. Or toute chose finit par mourir ; aucun être humain, aucun système, aucune époque n’échappe à cette loi. Tout ce qui est sous les étoiles doit périr ; la roche la plus dure finit par s’émousser. Rien ne perdure, sauf les mots. » — Robert Harris, Imperium, 2009.

Sam. 11 nov. 2017. — J - 42.

Vendr. 10 nov. 2017. — Caen. — On se souvient cet été de l’affaire chez Google suite à la diffusion d’une lettre sexiste de l’un de ses ingénieurs où l’on pouvait y lire que les hommes ont des aptitudes naturelles qui les mènent « à devenir programmeurs en informatique, alors que les femmes sont plus enclines “aux sentiments et l’esthétique plutôt que vers les idées” », cela « en grande partie en raison de causes biologiques ». Une autre polémique similaire a éclaté il y a quelques jours dans la communauté des Makers adeptes du do it yourself — ayant une forte propension d’ingénieurs. En effet Dale Dougherty, directeur d’un magazine influent, a rapporté et soutenu une fausse nouvelle sur twitter disant que Naomi Wu (@realsexycyborg) n’était en réalité pas celle qu’elle prétendait mais n’était que le prête-nom de vrais ingénieurs hommes qui, eux, en coulisse, faisaient tout le travail. Du fait de son genre et de son apparence, il était impossible qu’elle soit décemment le cerveau derrière les projets qu’elle présente notamment sur sa chaîne YouTube. Ce n’était pas la première fois qu’il mettait en doute la valeur de Mme Wu et cette attaque, pour laquelle M. Dougherty s’est excusé par la suite, a pris des proportions incroyables conduisant, entre autre, à du harcèlement de masse envers elle. Cela a porté un grand préjudice à sa réputation de makeuse entraînant des impacts catastrophiques sur sa carrière, cela sans même parler de l’affront fait à sa personne. Heureusement de nombreux boucliers se sont levés pour l’aider à se défendre et tenter de réparer autant que faire ce peu les choses. Notamment Andrew Shane Huang (@bunniestudios) a rédigé un long article sur son blog, A Clash of Cultures. Il y pointe différents biais ayant mené à cette histoire qui, clairement, peuvent être extraits de ce cas d’espèce et extrapolés en dehors du monde des makers. Une lecture profonde de laquelle on peut, sans conteste, tirer de nombreux enseignements.

Jeu. 9 nov. 2017. — Mondeville. — Je travaille deux nuits et une matinée par semaine. Deux nuits d’internat du mercredi au jeudi et du jeudi au vendredi, et le jeudi matin de huit heures à midi. Par la force des choses j’ai pris l’habitude de rester au sein du lycée le jeudi après-midi — je ne vois pas, personnellement, l’utilité de rentrer à Caen pour revenir et reprendre le service quelques heures plus tard. Aussi, généralement, et si je n’ai rien d’autre à faire, dès midi, je marche quelques minutes vers le zone industrielle, en passant sous le pont de chemin de fer de l’avenue Nicolas Copernic. J’y fais mes courses à Lidl ; je prends toujours les mêmes choses et je reviens tranquillement au lycée. Je mange alors dans ma chambre en écoutant quelques baladodiffusions comme disent les québécois — La sphère, La tête au carré, La méthode scientifique ou encore Carbone 14, le magazine de l’archéologie par exemple. Parfois, ensuite, je me couche et fait une longue sieste. Il se trouve que mon étage, fermé dans l’après-midi, est réouvert par un collègue à dix-sept heures trente. C’est donc l’heure à laquelle je suis réveillé par l’énergie des adolescents dont j’ai la charge. De là, je passe du temps dans l’établissement, avec les collègues et les élèves avant de prendre mon service à dix-neuf heures trente. En fait je dois dire que j’aime assez y être en dehors de mes heures normales de travail. Techniquement, je ne suis pas censé y faire quoique ce soit mais, c’est un lycée, il y a toujours du travail en attente et des nouvelles choses qui se présentent. J’y trouve une certaine liberté d’esprit. J’ai des collègues, non contractuels, qui eux vivent dans le lycée, dans des logements de fonction. Je trouvais au départ le concept assez déplaisant mais, au final, plus tant que cela. Effectivement, par cet état de fait, on ne décroche jamais vraiment mais cela a un charme malgré tout assez particulier. Je suis donc moins hostile à l’idée ; au contraire même. Comme souvent dans notre établissement, et grâce au bon soin de notre plus ancien CPE, il y a eu une animation ce soir. Nous avons en effet reçu le premier spectacle du festival Mondeville sur rire qui va durer une semaine. Nous avons ainsi accueilli trois humoristes et des spectateurs extérieurs dans notre amphithéâtre. Forcément une bonne moitié des sièges étaient occupés par une partie de nos élèves internes. Ils ont passé une bonne soirée et nous aussi. C’était vraiment bien et nous en avons tous profité. Un souvenir riche de plus à garder dans l’un des nombreux tiroirs de ma mémoire.

Mercr. 8 nov. 2017. — Aujourd’hui commence le décompte avant une nouvelle étape dans ma vie. Cela fait un peu plus de deux mois que je suis revenu à Caen et il me reste moins d’un mois et demi avant le départ. Les dieux savent comme je me suis plains d’habiter ici — et comme je m’en plains encore parfois. C’est pourtant un endroit agréable à vivre et joli. J’y ai passé des moments vraiment merveilleux et j’y ai rencontré des gens incroyables. J’ai, d’une certaine manière, grandi ici. J’ai, littéralement, des milliers de souvenirs indélébiles, des centaines de visages et tout leur univers gravés à jamais qui me traversent l’esprit simplement en écrivant ces phrases. J’en suis submergé. Au point, même, que j’ai la sensation que je ne pourrais jamais dire, ni expliquer, ni même traduire, toutes ces émotions, ces exaltations, ces passions parfois, ressenties ici. Je ne pourrais pas plus raconter au point de le faire vivre à celui qui m’écouterait tous ces instants que j’ai vécu ; toutes les peines, les joies, les affolements, les rencontres fortuites, les personnes innombrables croisées, celles que je n’ai jamais revu, celles que j’ai gardé à jamais dans mon cœur, les passions avouées et inavouées, les inspirations et les frissons, les copains d’un soir, les amitiés pour la vie, les rires et les larmes, seul ou partagés, les folies à deux ou à plusieurs, toutes ces choses, oui, toutes ces choses qui nourrissent nos vies secondes après secondes. Ce n’est pas très étonnant ; cela fait plus de quinze ans que j’y suis. Partout où je porte mon regard dans cette ville, j’ai une histoire qui me revient. Il s’en passe en quinze ans. J’ai souhaité de nombreuses fois, j’ai rêvé même partir d’ici pour toujours. J’ai fait divers plans, je l’ai imaginé tant de fois. Et maintenant, étrangement, à l’orée de la réalisation de ce projet qui me tient depuis si longtemps, voilà que j’ai une sorte de vague à l’âme. Comment ne l’ai-je pas vu venir ? Comment n’y avais-je jamais ne serait-ce que pensé ? C’était pourtant évident ! Quinze ans de vie ! Je vais faire en sorte de profiter au maximum de ces derniers moments et de ne pas rater autant que possible une occasion de passer du temps avec les gens qui comptent pour moi ou qui ont compté pour moi. Puissent-ils me pardonner si je n’arrive pas à les voir, ou à les revoir. Plus que quarante-cinq jours.

Mar. 7 nov. 2017. — Nuit blanche. Révisions. Droit social. Douche. Coca zéro. Tram. Sept heures et demi. Amphithéâtre D2. Examen. Neuf heures et demi. Maëlle. Café-BU. Onze heures et demi. Food House. Seekh kabab. 7 Up cerise. À emporter. La Quotidienne. Quatorze heures trente. Radio Canada. Coma. Vingt-trois heures trente. Blade Runner 2022 - Black Out. Pause. Coca zéro. Blade Runner 2036 - Nexus Dawn. Blade Runner 2048 - Nowhere to Run. Coma. Dream of electric sheep.

Lun. 6 nov. 2017. — J’ai finalement décidé de laisser tomber l’utilisation des polices web que j’avais installées ces derniers jours pour cet espace. Après avoir effectué quelques tests grâce, notamment, au Pingdom Website Speed Test, j’ai remarqué que leur utilisation augmentait considérablement la latence lors d’une première visite sur ces pages — évidemment lorsque les polices sont finalement en cache, le problème ne se pose plus. La différence est clairement significative. Avec l’utilisation des polices — et cela n’est pas étonnant — la taille totale s’alourdit drastiquement ; pour ce quatrième volume par exemple, et avant la publication de l’entrée du jour, en les supprimant on passe de 131,9 kB à 42,5 kB (dans la version compressée avec gzip). Selon l’outil utilisé, il faut en moyenne 115 ms pour télécharger cette page auxquelles on devait rajouter en moyenne 460 ms pour les polices. Une demi-seconde, finalement, cela n’est pas si mal. Cependant si l’on rajoute le temps de traitement du navigateur et une latence plus ou moins longue des serveurs de GitHub, j’en arrivais à, parfois, voir la page clignoter, c’est-à-dire voir afficher d’abord les éléments de mise en forme tout en ayant le texte invisible et, une fois les polices téléchargées, voir la page être traitée pour finalement afficher le résultat — ainsi que je l’expliquais avant-hier et malgré l’utilisation de font-display: optional.

Alors, effectivement, l’on pourrait considérer que je chipote quelque peu en argumentant autour d’un petit clignotement lors du premier téléchargement des polices et d’un délai supplémentaire de quelques centaines de millisecondes. Seulement tous ces tests ont été effectués avec des connexions en haut débit depuis la France et des serveurs en Suède. En réalité, ce qui a fini d’achever mon retour en arrière sont les tests effectués en simulant une connection bas débit en 56kbps. Déjà sans les polices web à télécharger cette page n’est pas un modèle de rapidité ; avec, on arrivait aisément, et à vue de nez, à un délai d’attente de trente secondes en l’état actuel de ce volume. Cela n’était pas soutenable. J’ai déjà parlé ici et des raisons qui me poussent à rester le plus léger possible afin de rendre mes pages accessibles. Ce point de vue est toujours valable, je ne reviens pas dessus. Et je pourrais même faire encore plus d’efforts. En effet Aptivate, dont j’avais déjà parlé, recommande de construire des pages qui ne dépassent pas les 25 kB. Certes leurs calculs se basent sur des chiffres qui ont plus de dix ans maintenant, et la situation générale s’est peut-être améliorée. Mais je dépasse allègrement cette taille sur nombre de mes pages, notamment ici avec ma lubie de vouloir présenter les volumes de mon journal sur une seule et unique page. Ce qui aboutit au fait qu’il faut environ 20,71 secondes pour télécharger complètement cette page de plus de 100 kB, dans sa version non compressée, en 56kbps — heureusement, si l’on n’attend pas de téléchargement supplémentaire comme les polices web, dès 5 kB le texte commence à s’afficher. Je n’avais donc finalement pas envie d’alourdir le tout de près de 100 kB uniquement pour des polices de caractère. Je n’ai évidemment par la prétention de me dire que des gens de partout dans le monde, avec des connexions allant du simple au quintuple, vont venir me visiter. Ma démarche est probablement inutile, et je ne trouve rien à redire aux personnes qui ne suivent pas la même route que moi, mais j’aime l’idée qu’internet, et notamment le web, soit disponible pour tous. Dès lors, à ma modeste mesure, j’applique ces principes autant que possible afin de permettre, justement, cette accessibilité.

Un peu plus tard. — Sur le même thème, mais en plus poussé, Dan Luu avait expliqué en 2014 comment, et sans vraiment de connaissance sur la question, il avait drastiquement épuré sa configuration d’alors basée sur Octopress pour gagner pas moins de 10 secondes de chargement de son site — sachant que, de surcroît, plus le site est rapide et plus les visiteurs vont avoir tendance à y rester et à y revenir. J’apprécie aussi particulièrement le pragmatisme de sa conclusion : « I get a lot of complaints about how ugly my site is, but if the tradeoff for making my site usable for people on slow connections is that people with fast connections complain that my site is ugly, I’ll take the ugly side of the tradeoff ».

Dim. 5 nov. 2017. — Je me retrouve à utiliser comme téléphone portable un bon vieux GSM, plus spécifiquement un Nokia 3220. À l’ère des téléphones intelligents à 1 000 euros, je dois dire que je me sens un peu en décallage. Il est intéressant de voir que la documentation est toujours bien présente ici et là sur internet — notamment les codes machines. Ce n’est pas étonnant ; on a tendance à oublier qu’une bonne partie du monde utilise toujours activement ces téléphones. Celui que j’ai pu récupérer vient de chez Orange. Aussi, avant de pouvoir m’en servir j’ai dû faire sauter le simlock, ce qui de nos jours se fait littéralement en trois clics. J’ai ainsi pu sans mal effectuer un hard reset et me retrouver avec un système presque tout neuf. Presque, dis-je, parce que les paramètres d’usine sont en fait ceux d’Orange avec sa configuration par défaut pour le GPRS et, apparemment, son impossibilité à la changer depuis les menus du téléphone. Cherchant à le paramétrer pour créer un point d’accès vers Free en suivant des instructions trouvées sur une discussion du forum de FreeMobileNews, je me rends compte que les menus dont il est fait mention sont inexistants sur mon appareil. Il est possible que nous n’ayons pas la même version aussi je me réfère au guide de l’utilisateur, en essayant d’utiliser les informations fournis sur ce forum ainsi que celles fournies par l’assistance Free mobile, mais sans grand succès jusqu’à présent. Lorsque j’essaye de me connecter, le téléphone me demande toujours de m’enregistrer d’abord pour le GPRS. Bref, je n’ai donc pas moyen pour le moment d’avoir un accès à internet depuis ce téléphone. J’avoue que c’est plus pour l’amusement et par curiosité que pour autre chose ; mon forfait ne m’autorisant que 50 Mo de données, je n’irai de toute façon pas très loin.

Sam. 4 nov. 2017. — Comme je le prévoyais il y a deux jours concernant le graphisme du site, j’ai téléchargé les polices que j’utilise afin de les servir depuis le nom de domaine attribué par GitHub et non plus depuis les serveurs de Google. J’en ai aussi profité pour externaliser les CSS dans des fichiers à part alors qu’avant ils étaient directement intégrés dans chaque page. Je n’avais jamais prévu qu’il y en aurai autant sur ce site, mais il a finalement grandi et je ne veux pas devoir régénérer toutes les pages pour une simple mise à jour de la forme. Pour en revenir aux polices, j’ai suivi les conseils de Monica Dinculescu qui recommande d’utiliser constamment font-display: optional. Elle explique en effet qu’il peut être louable de faire en sorte que son site ait un rendu plus agréable mais qu’il ne faut pas sacrifier pour autant la vitesse de chargement, surtout pour ce qui n’est, finalement, qu’une question de forme. Je souscris totalement à cette idée comme j’ai déjà pu l’expliquer dans ce journal en mettant en avant les deux secrets de M. Cegłowski pour augmenter les perfomances d’un site web qui sont 1) faire en sorte que les éléments les plus importants de la page se chargent et s’affichent en premier, et 2) s’arrêter là. Il n’est pas certain que chez moi les polices fassent partis des « éléments les plus importants » mais pourtant je souhaitais améliorer le rendu. C’est là que l’option font-display intervient. Celle-ci permet de gérer la façon dont le navigateur va s’occuper des polices. Selon les dires de Rob Dodson dans son article Controlling Font Performance with font-display la stratégie par défaut est d’utiliser l’option block qui explique pourquoi sur certains sites le texte met du temps à apparaître alors même que l’on voit des éléments de mise en forme. Simplement le navigateur, en attendant de télécharger la police, rend le texte invisible ; dès que la police est disponible, il traite le texte et le rend alors visible. Une autre solution est d’utiliser l’option swap qui permet d’afficher le texte directement en utilisant les polices systèmes, de télécharger en arrière-plan la police et de l’utiliser dès qu’elle est disponible. C’est ce qui explique pourquoi, sur d’autres sites, alors que l’on a commencé la lecture, la police change soudainement. Une troisième solution est d’utiliser fallback qui est en fait la même chose que swap à cela près que si le téléchargement prend trop de temps, le navigateur laisse tomber et reste simplement sur les polices systèmes sans chercher à utiliser les polices web.

Aucune de ces solutions ne me convient. Premièrement parce que je trouve tout à fait désagréable d’avoir à attendre le téléchargement de la police pour pouvoir lire le texte, ou que le texte change soudainement de police alors que j’ai commencé la lecture. Je ne vais donc pas infliger cela aux rares personnes qui se perdraient par ici. La seconde raison est de ne pas contribuer à une utilisation abusive de la bande passante des lecteurs. Si celle-ci est lente, on se retrouve à perdre du temps et des données, avec des soucis d’affichage, et à ralentir d’autant le chargement des pages, juste pour une question d’esthétisme. Avec fallback c’est encore pire car, non content d’avoir commencé à télécharger les polices — et donc avoir consommé le forfait de données —, elles ne sont même pas utilisées. Aussi la dernière option, optional, me paraît la plus appropriée. M. Dodson explique qu’ici durant les cent premières millisecondes (c’est une recommandation de sa part, cela dépend en réalité des navigateurs) il va être déterminé s’il est judicieux de télécharger la police ou non. Si la connexion est rapide — mettons depuis une ligne ADSL — tout sera téléchargé et rendu aussi vite. Par contre sur une connexion lente, voir très lente — comme l’expérimente Mme Dinculescu avec de la 2G à Taïwan (cf. son article) — le navigateur ne va même pas chercher à récupérer les polices web et utilisera celles du système pour afficher le texte. Autrement dit, si la connexion le permet alors les polices web seront téléchargées et le site offrira la calligraphie que j’ai choisi ; sinon, tant pis. J’espère que c’est un bon compris.

Vendr. 3 nov. 2017. — « Je dis aux enfants d’une école : “Écrivez chaque jour quelques lignes dans un gros cahier. Non pas un journal intime consacré à vos états d’âme, mais au contraire un journal dirigé sur le monde extérieur, ses gens, ses animaux et ses choses. Et vous verrez que de jour en jour, non seulement vous rédigerez mieux et plus facilement, mais surtout vous aurez un plus riche butin à enregistrer. Car votre œil et votre oreille apprendront à découper et à retenir dans l’immense et informe magma des perceptions quotidiennes ce qui peut passer dans votre écriture. De même que le regard du grand photographe cerne et cadre la scène qui peut faire une image.” ». — Michel Tournier, Journal extime, 2002 ; repris de l’ancien blog d’Emmanuel Clément.

Jeu. 2 nov. 2017. — Comme cela m’arrive environ une fois par an, j’ai modifié substantiellement la charte graphique de ces pages. Jusqu’à présent, j’utilisais les polices de caractère systèmes pour afficher le texte — en suivant l’exemple donné par Wikipedia. J’ai dorénavant décidé de me lancer dans quelque chose d’un peu plus moderne et recherché grâce aux avancées permises par CSS3, mais tout en gardant une certaine continuité avec la version précédente du site. L’idée a été de faire évoluer l’apparence textuelle mais sans modifier la taille des polices, telles que déjà utilisées. L’avantage principal de cette contrainte est que si un visiteur désactive les polices web, la struture générale n’en sera que peu affectée lors du basculement vers les polices systèmes que j’utilisais jusque là par défaut — et qui seront dès lors réactivées dans ce cas-là. La seule véritable modification, outre l’ajout des polices en elles-mêmes, est ainsi une augmentation de huit pixels sur la largeur maximale de la page pour prendre en compte un empattement des polices plus prononcé — c’est donc presque négligeable. Recherchant un effet copiant ce que l’on peut trouver dans les ouvrages papiers, et après plusieurs essais, je me suis rabattu sur trois polices différentes. Elles sont toutes très courantes, j’avoue n’avoir pas fait dans l’excentricité. La première, et la principale, est Libre Baskerville par Impallari Type pour le corps du texte, qui est une reprise de la fameuse police datant de 1941 ; la seconde, pour les titres, est Domine du même auteur ; enfin pour la police à chasse fixe j’ai jeté mon dévolu sur Inconsolata par Raph Levien qui présente l’avantage dans ma configuration d’être à la même hauteur que Libre Baskerville. Pour cet essai, j’utilise le service Google Font qui est d’une simplicité enfantine dans son utilisation mais qui est une horreur en terme de respect de la vie privée des utilisateurs. Si je compte garder cette disposition, il me faudra rapidement récupérer les polices en question et tout basculer en local. Même si je ne suis pas certain de respecter scrupuleusement les bonnes pratiques en terme de typographie sur le web je suis plutôt satisfait du résultat et j’ai la sensation que le confort de lecture est significativement augmenté. En tout cas les essais de rendu que j’ai pu effectuer sur différentes machines, tant fixes que mobiles, ainsi que sur différents navigateurs sont assez concluants.

Mercr. 1 nov. 2017. — Qu’il est dommage qu’Halloween ne soit pas fêté autant qu’il peut l’être outre-Atlantique ! Dans les rues, l’on croise certes quelques déguisements et, le soir venu, quelques enfants costumés et masqués parcourent le voisinage afin de récolter des bonbons ; mais encore beaucoup trop peu à mon goût. Par habitude, j’ai acheté l’équivalent d’un tiroir entier de sucreries en tout genre mais, malheureusement, personne dans les alentours n’est venu en réclamer. J’ai donc épanché hier ma soif de cette fête en regardant La Famille Addams ainsi que les deux premiers épisodes de la nouvelle saison de Stranger Things en mangeant les fameux bonbons — tout du moins une petite partie. J’ai aussi lu de nombreuses publications en ligne marquant cette journée. L’on m’a d’ailleurs passé un article à clic du magazine Open Minded présentant Les 13 légendes urbaines japonaises les plus flippantes de l’histoire. Évidemment il est facile et manque de détails mais il y est question notamment du Kagome Kagome, ce jeu d’enfants où, en ronde, ils tournent en chantant autour de l’un d’entre eux désigné comme Oni — communément traduit en français par « diable » mais qui correspond en réalité plus à un esprit maléfique. Cela m’a fait pensé à un autre jeu venant du Japon et qui a été (qui est toujours ?) beaucoup pratiqué. Il s’agit du Hitori Kakurenbo que l’on pourrait traduire par « cache-cache solitaire ». C’est un jeu qui, comme son nom l’indique, se joue seul, dans une maison, les portes et fenêtres closes, de nuit. Il fut si répandu qu’il fait parti maintenant du folklore japonais et qu’il s’est même vu être exporté — magie de l’Internet — jusque notamment aux États-Unis d’Amérique au milieu des années 2000. Voici comment il se joue.

Il faut tout d’abord se trouver seul dans une maison ou un appartement. Seul, c’est-à-dire qu’il faut qu’il n’y ai personne d’autre, pas même des animaux de compagnie. Dans une maison ou un appartement, car il faut pouvoir fermer à clef toutes les issues, cela pour des questions de sécurité — il faut savoir cependant que certains conseillent malgré tout de se ménager une sortie de secours aisément accessible, au cas où. Plusieurs choses vont être nécessaires pour jouer. Il faut se munir :

L’on doit d’abord commencer par donner à la peluche un nom qui lui est propre et, de préférence, le nom ne doit pas être celui d’une personne de votre entourage. Disons que l’on appelle notre peluche Nounours. Ceci étant fait, il faut explicitement dire son nom à la peluche. L’étape suivante consiste à ouvrir le ventre de Nounours, d’en retirer tout le rembourrage, et de le remplacer par le riz ainsi que par des bouts de vos ongles que vous couperez — à défaut d’ongles, on peut y placer l’une de ces mèches de cheveux, voir son sang. À l’aide de l’aiguille et du fil rouge, recoudre soigneusement la peluche de sorte que le riz et les ongles ne puissent plus en sortir. Assurez-vous aussi d’avoir suffisamment de fil pour que, la suture finie, vous puissiez ligoter la peluche en l’enroulant autour de son corps, contraignant ses membres. N’hésitez pas à serrer mais ne faîtes pas de nœud. À trois heures précises du matin, rendez-vous dans la salle de bain et faîtes couler un bain — il n’est pas nécessaire que l’eau soit profonde. Déposer le verre d’eau salé non loin de là. Tenant la peluche de vos deux mains face à vous, répétez trois fois de façon audible : « pour la première partie du jeu, moi (votre prénom), je serai Oni ». Déposer alors la peluche dans la baignoire. Sortez de la salle de bain et munissez-vous du couteau. Puis parcourez la maison afin de fermer à clefs toutes les issues et d’éteindre absolument toutes les lumières, aucune ne doit rester allumée. Il est cependant permis de laisser la télévision mais uniquement sur une image fixe, comme une mire par exemple. Maintenant que tout est éteint, fermez les yeux et comptez lentement et silencieusement jusqu’à dix. Au bout de dix, toujours dans le noir, retournez dans la salle de bain, allumez la lumière et dites très fort : « j’ai trouvé Nounours ! » avant de le poignarder avec le couteau. Vous venez de gagner la première partie du jeu.

Sans enlever le couteau de son corps, prenez la peluche et tenez-la de vos deux mains face à vous. Répétez trois fois de façon audible : « pour la deuxième partie du jeu, toi Nounours, tu seras Oni », et reposez-le dans la baignoire. Rapidement, saisissez le verre d’eau salée que vous avez laissé tout à l’heure, sortez de la salle de bain — éteignez la lumière au passage — et, le plus silencieusement du monde mais sans perdre de temps, cachez-vous. Privilégiez autant que possible une cachette fermée ; l’endroit tout indiqué reste un placard. Évitez les lieux trop accessibles pour une peluche d’assez petite taille — par exemple le dessous d’un lit, de son point de vue, ne constitue pas une cachette viable. Dans tous les cas, surtout, ne changez pas de cachette quand vous en avez choisi une. Qu’importe celle où vous vous trouverez, il est aussi très important que le verre d’eau salé reste à votre portée, là où vous êtes caché. Veillez à ne surtout pas le perdre ou le renverser en route. De la même manière, veillez à ne faire aucun bruit, sous aucun prétexte. En cas de problème, si vous devez utiliser votre téléphone portable, restez discret. Soyez à l’affût du moindre grincement, du moindre craquement, du moindre souffle. Et, quoiqu’il puisse arriver, quoique vous puissiez entendre ou ressentir, restez caché aussi longtemps que possible.

Il existe deux façons de terminer le jeu. La première est d’arriver à tenir bien caché jusqu’au matin sans faire de bruit. Aux premières lueurs du jour, il sera possible de sortir. Mais ce n’est pas la seule manière. Au cas où, pour une raison impérieuse ou une autre, il devient inconcevable de rester cacher, il est envisageable de stopper le jeu prématurément. Cependant le rituel à respecter est extrêmement précis. Avant toute chose, il faut boire le plus d’eau salé possible mais, surtout, sans l’avaler. Gardez-la en bouche, sortez de la cachette et diriger vous vers la salle de bain. Préparez-vous ; ne partez pas du principe que la peluche sera toujours à l’endroit où vous l’avez laissée. Si elle n’y est plus, fouillez la maison jusqu’à la découvrir. En ayant condamné toutes les issues, vous vous êtes assurés qu’elle n’a pas pu sortir de la maison ; il est absolument nécessaire de la retrouver. Dès que vous l’avez, crachez l’eau salé dessus et dites très fort trois fois : « j’ai gagné ! ». Que vous ayez attendu le lever du jour ou bien que vous ayez réussi à interrompre le jeu, dans les deux cas il reste une dernière chose importante à effectuer. Il est en effet impératif de détruire totalement la peluche en la brûlant, et dans les meilleurs délais. Malgré cela, dans les jours qui suivront le jeu, restez cependant attentif ; il est probable de sentir une présence constante sur soi ou voir même de tomber malade, et certains joueurs rapportent la survenue d’accidents domestiques étranges.

Mar. 31 oct. 2017. — Peek-a-Boo!

Lun. 30 oct. 2017. — Depuis avant même mes véritables débuts sous GNU/Linux à la fin de l’été 2004, j’étais attiré par la ligne de commande et les environnements minimalistes. Comme beaucoup j’ai commencé par utiliser des interfaces graphiques ressemblant à ce que l’on peut trouver sous Windows ou Mac OS. J’ai débuté avec GNOME et KDE puis suis passé sous XFCE. Mais utilisant de plus en plus mon terminal pour toute sorte de chose, j’ai délaissé ces gros environnements de bureau tout en réduisant considérablement l’utilisation de la souris. Dès lors c’est tout naturellement que je me suis dirigé vers des gestionnaires de fenêtres plus sobres. Suivant les conseils de gapz à l’époque, je suis passé sous Fluxbox, un gestionnaire léger, sans fioritures mais toujours avec des possibilités élevées de modification — j’étais, et depuis longtemps, très porté sur la customisation de mon interface graphique. Le temps passant, je suis finalement arrivé à un point où je n’utilisais plus que le terminal pour interagir avec mon ordinateur mis à part pour deux tâches spécifiques — à savoir la naviguation sur le web avec Firefox et l’édition de photos avec Gimp. Pour tout le reste je n’utilisais que des programmes en ligne de commande depuis un émulateur de terminal — xterm(1) d’abord puis urxvt(1). Un jour j’ai essayé un gestionnaire de bureau d’un tout autre genre, un tiled window manager nommé larswm. L’idée ici est que c’est le gestionnaire de fenêtres qui s’occupe, tout seul, de la gestion des fenêtres — c’est-à-dire qu’elles seront disposées automatiquement en mosaïque selon un schéma prédéfini. L’avantage est que l’on ne s’occupe plus d’arranger les fenêtres, le gestionnaire le fait pour nous. Quand on a l’habitude de ne lancer principalement que des terminaux, c’est un gain de temps considérable et une tranquilité pour l’esprit. De plus il pouvait être piloté uniquement depuis le clavier. Fini l’obligation d’aller chercher la souris pour changer de bureau virtuel ou déplacer une fenêtre si le besoin s’en faisait sentir. Intrigué, je testais et j’ai été conquis. J’en parlais à gapz qui me suivit dans mon aventure et, lui comme moi, l’avons utilisé pendant plusieurs années. Mais ce gestionnaire n’était plus maintenu depuis longtemps, et gapz a fini par éprouver le besoin d’aller chercher du code un peu plus neuf — et surtout encore activement maintenu et maintenable. Après quelques recherches et des essais, il s’est tourné vers ratpoison. Cette fois-ci, c’est moi qui le suivais. Depuis, tout en faisant quelques détours par dwm et monsterwm, j’en suis arrivé à n’utiliser plus que ce gestionnaire, encore aujourd’hui. Quant à gapz, il est maintenant sous i3.

Aujourd’hui donc mon bureau consiste en un ou plusieurs terminaux s’étallant sur toute la surface de mon écran. Autrement dit, des tas de lignes blanches sur fond noir. Oui, le même genre de chose que l’on voit dans les films lorsqu’il s’agit de montrer les exploits d’un nerd bien ou mal intentionné — nous en avons une exemple marquant avec la série Mr. Robot. Forcément, cela m’a valu de nombreuses remarques de gens qui pouvaient tomber nez-à-nez avec mon système. Il y plusieurs types de réactions que j’ai pu observer. Pour en citer quelques-unes nous avons les grands yeux écarquillés, me demandant si j’arrivais à me retrouver là-dedans ; les regards inquiets, me demandant si j’allais pouvoir réparer l’ordinateur ; les sourires stupéfaits, me demandant si je n’étais pas en train d’attaquer le ministère de la défense. Non, je suis simplement en train de lire mes mails avec mutt(1). Je pense que tous ceux et celles qui utilisent leur ordinateur comme je le fais ont eu le droit à ces remarques. Personnellement cela me fait sourire et je prends toujours le temps d’expliquer que j’utilise ma machine d’une manière que je trouve plus productive et efficace. J’interagis avec elle avec des mots et des phrases, et non pas avec des images, tout simplement. Il est toujours intéressant de voir l’imaginaire qui se projette sur ma façon d’utiliser ma machine parce que c’est différent, très différent. C’est tellement intéressant d’ailleurs qu’il existe même des réflexions assez poussées sur le sujet. Alors que je lisais les nouvelles du jour, et de fil en aiguille suivant les joies de la sérendipité, je suis tombé sur le mémoire d’Oriane Piquer-Louis, préparé sous la direction de Mme le Professeur Véronique Richard de Paris IV Sorbonne, qu’elle a soutenu en 2012 dans le cadre de son master 2 Information et Communication spécialité Médias et Communication. Intitulé Informatique et présentation de soi : la ligne de commande, une esthétique de l’efficacité ?, il est diffusé en pdf sous une licence libre et peut être récupéré via un lien en fin de page. Dans cette recherche l’auteur y explore « les raisons qui poussent une certaine frange des utilisateurs d’ordinateurs à les configurer en ligne de commande, et à en étudier l’impact en terme de présentation de soi ». Le lecteur averti remarquera d’emblée une légère maladresse dans l’utilisation des termes — un ordinateur configuré en ligne de commande n’a pas beaucoup de sens, mais l’on comprend tout de même ce qu’elle entend par là. Au cours de son travail elle a donc essayé de mettre en relation cette utilisation inhabituelle (selon ses termes) et les imaginaires auxquels cela renvoie, dans le but de découvrir ainsi « jusqu’où l’utilisation d’un certain type d’interface peut influencer le rapport à l’informatique ». Elle tente de répondre à cette question au travers de trois axes imbriqués à savoir une réflexion concernant les usages, une autre tournant autour du concept d’image du texte telle que développé par Emmanuël Souchier, et enfin selon un angle plus social — politique, dit-elle — inspiré par Michel Foucault.

J’avoue que je ne me serais jamais attendu à tomber un jour sur un sujet de ce type. Mû par la curiosité, j’ai commencé la lecture dès le téléchargement effectué et j’ai été agréablement surpris dès le départ. Évidemment je me suis senti rapidement concerné, notamment par les exemples qu’elle donne en introduction — du même type que ceux exposés ci-dessus — et qu’elle reprend dans le corps de son mémoire. Partant de ces anecdotes, l’auteur interroge donc les imaginaires que les réactions traduisent et elle amène la réflexion vers des contrées que je n’avais pas eu l’occasion de visiter — ou en tout cas, pas sous cet angle. Je n’ai pas encore tout lu mais, jusqu’à présent, et bien que j’ai de sérieuses réserves concernant le style, c’est intéressant, riche et a même le luxe d’être saupoudré d’une légère touche d’humour.

Dim. 29 oct. 2017. — Lhisbei a lancé ce matin un concours sur le RSF Blog pour gagner le Bifrost 88. C’est la version papier sortie il y a quelques jours qu’il est possible de remporter — la version numérique, accusant un peu de retard, ne paraîtra quant à elle que le 31 octobre. Les participations sont ouvertes jusqu’au 5 novembre et le gagnant sera désigné le lendemain. À la lecture du sommaire, je n’ai pas l’impression qu’il y ait une quelconque thématique autour d’Halloween. Peut-être avec la nouvelle phare du numéro La Vallée de l’étrange par Greg Egan ? Ce titre renvoie clairement à une notion inventée par le roboticien Masahiro Mori dans les années 1970. Dans son article Petit détour par la vallée de l’étrange paru l’an dernier dans le journal du CNRS, Lydia Ben Ytzhak explique que cela « désigne le fait que, lorsqu’un objet atteint un certain degré de ressemblance anthropomorphique, apparaît une sensation d’angoisse et de malaise », peu importe que « l’objet soit un robot androïde, une prothèse ou une marionnette ». L’image de la vallée vient en fait de la représentation émanant d’un graphique où, nous dit-elle, « les ordonnées représentent la familiarité (ou la sympathie) et l’abscisse, le degré d’anthropomorphisme », avant de s’interroger sur les origines de ce phénomène. J’y reviendrai si je gagne le concours mais nous avons donc là, peut-être, un texte pouvant être en lien avec cette période de l’année.

À ce propos, de l’autre côté de l’Atlantique, les festivités mexicaines pour el Día de Muertos ont déjà commencé. De toutes les fêtes calendaires et qui existent à travers le monde, celle-ci est certainement l’une de mes préférées. Ne pas être là-bas en ce moment revient pour moi à ce que certains pourraient ressentir en ne fêtant pas Noël. C’est dire ma frustration. Un des évènements importants durant cette période se trouve dans la capitale. Hier s’est tenu en effet la première partie d’un défilé gigantesque qui est organisé pour la deuxième fois consécutive dans la ville de Mexico. Il est à noter que cette année la manifestation a été dédiée aux victimes du séïsme qui a frappé le Mexique au mois de septembre. Dans son photoreportage La primera parte del desfile de Día de Muertos en Ciudad de México la rédaction du Huffington Post Mexique nous fait vivre par procuration ce moment. Tout au long de l’immense avenue Paseo de la Reforma en plein centre historique, le défilé s’est étendu sur plus de cinq kilomètres. Il a été divisé en plusieurs segments, chacun ayant son propre thème. Le premier, intitulé México Profundo, a été dédié à l’époque préhispanique et au cycle infini de régénération. Le second, México Mestizo, est revenu sur la colonisation espagnole et la Vice-royauté qui s’en est suivie. Le défilé a ici souhaité mettre aussi en avant la crainte vis-à-vis de Dieu avec l’arrivée du christianisme ainsi que les concepts, nouveaux pour les peuples d’alors, de récompense et de damnation éternelle et leur vision imagée de paradis et d’enfer. Il s’est agit alors de montrer comment les traditions préhispaniques se sont fusionnées avec le catholicisme imposé par les espagnols. Il est d’ailleurs intéressant je dois dire de voir que les effets de cette fusion sont toujours très profonds et très présents encore aujourd’hui au Mexique. Enfin le dernier segment a été consacré à la ville de Mexico elle-même, México Lindo y Querido, en commençant par la révolution mexicaine et en rendant hommage à diverses figures importantes de la ville comme José Guadalupe Posada. L’Agencia EFE s’est aussi fendue d’un article sur le sujet intitulé Así fue el desfile de Día de Muertos en CDMX dedicado a las víctimas del sismo, toujours pour le Huffington Post Mexique, où l’on pourra découvrir de nombreuses autres photos des chars, des costumes et des danses. L’une d’entre elles a notamment retenu mon attention. Il s’agit d’un cliché où l’on peut voir des femmes mexicaines en habits traditionnels post-coloniaux, portant de grands chapeaux ronds de paille, armées pour défendre la Révolution, maquillées comme la Catrina et au regard redoutable. Elles sont prises fusil sur l’épaule en position de combat, de face et en légère contre plongée devant la Columna de la Independencia sur laquelle se hisse El Ángel de la Independencia. Même si elle manque de sentiments, la photo est, je trouve, belle et emplie d’une signification toute particulière. Ah ! Comme je voudrais être sur place, manger du pan de muertos, des calaveritas de azúcar, me maquiller de noir, de blanc et de violet, et rendre hommage entre amis et en famille aux esprits des morts revenus sur Terre.

Sam. 28 oct. 2017. — Hier je parlais du blog de M. Piot qui nous raconte des passages de l’histoire avec un petit h. Aujourd’hui Matthieu Dugal dans son émission La sphère spéciale Halloween met en avant en début de programme la websérie documentaire Horror humanum est de Cédric Villain qui nous parle aussi d’histoire, parfois méconnue, mais dans son versant plus sanglant afin « de remettre en mémoire quelques méfaits commis au nom de logiques sociales et culturelles dont la bizarrerie et l’horreur ne se révélent qu’à la mesure de nos valeurs actuelles ». Durant le fragment consacré, M. Dugal nous diffuse une partie de l’épisode qui concerne le régime des Khmers rouges. Il est parfois difficile de prendre le temps de trouver du matériel accessible sur des sujets complexes comme ceux-là. Je dois dire que nous avons là une porte d’entrée tout à fait intéressante sur ces sujets qui concernent les heures les plus sombres de notre histoire commune. Vingt-deux épisodes ont d’ores et déjà été diffusés et, apparemment, quarante-cinq en tout sont prévus. Par ailleurs le site, en tant que complément de la websérie, est très bien fait et dispose même d’une frise chronologique ainsi que d’une carte mondiale pour nous aider à nous repérer.

Ven. 27 oct. 2017. — L’information a fait le tour du monde ; hier le gouvernement des États-Unis d’Amérique a ouvert de nouvelles archives concernant la mort du président John Fitzgerald “Jack” Kennedy, libérant ainsi 2 891 documents supplémentaires — et alors qu’il en reste encore 209 toujours gardés secrets. Comme le rappelle Luc Vinogradoff sur son blog Big Browser pour Le Monde, « la lecture des dizaines de milliers de pages rendues publiques prendra des mois » mais, pourtant, il est possible déjà d’apprendre des choses assez intéressantes, notamment sur Lee Harvey Oswald. En attendant d’en savoir plus, pour se replonger dans l’ambiance, il serait peut-être bon de revenir sur le fameux film JFK d’Oliver Stone, de relire 11/22/63 de Stephen King — d’ailleurs on m’a dit récemment qu’il existait une série reprenant ce roman, il faudra que je m’y penche —, et même de revoir l’épisode 7 de la saison 4 de The X-Files L’Homme à la cigarette dont une fiche très extensive existe sur le wikia de la série. De son côté Jean-Christophe Piot, amateur d’histoire tenant le blog Déjà Vu où il revient sur des histoires d’hier suivant l’actualité d’aujourd’hui, a décidé de son côté de nous raconter l’histoire non moins intéressante d’un autre président assassiné, Abraham Lincoln.

Jeu. 26 oct. 2017. — Je sors peu à peu de ma léthargie de ces derniers jours et reprends contact avec la réalité du grand tout dehors. Mais je le fais doucement par l’intermédiaire du filtre de mon écran d’ordinateur. Je rattrape ainsi aujourd’hui une thématique relative à la conquête spatiale dans les médias traditionnels qui me renvoie à ma chronique du Summer Star Wars de cet été sur la série Mars.

La tête au carré présentée par Mathieu Vidard a vu son émission de mardi revenir sur les avancées concernant la colonisation de la planète rouge dans Objectif Mars. Il y reçoit Peter Weiss, directeur de la division Espace de la Compagnie maritime d’expertises (dite COMEX) travaillant sur l’élaboration du scaphandre spatial Gandolfi 2 qui, nous le savons, est beaucoup trop lourd et encombrant en l’état pour être réellement utilisé — l’on peut prendre par exemple les difficultés de Thomas Pesquet lors de son retour sur Terre après un voyage de longue durée en apesanteur appliquées à une sortie sur Mars affublé d’une combinaison d’au moins trente kilogrammes en ressenti pour comprendre que cela n’est pas encore très viable. Autour de la table se trouve aussi Cyprien Verseux, le fameux astrobiologiste qui a passé un an reclu avec cinq autres chercheurs dans une base de onze mètres de diamètres sur les sommets d’Hawaï lors de la mission HI-Seas 365. Il est d’ailleurs toujours aussi réticent à nous parler des relations intimes entre les participants à l’expérience. C’est dommage car, d’un point de vue relationnel, c’est tout bonnement très intéressant et, à mon sens, assez essentiel pour la bonne marche d’une mission de ce type — surtout perdu dans l’espace puis sur une autre planète à des milliers de kilomètres sans aucune possibilité de s’échapper. M. Vidard tente pourtant de faire un intelligent parallèle avec les sociétés bonobos connues pour régler leurs différends par cette méthode pacifique, mais sans succès. M. Verseux, pourtant cobaye d’expérience, ne souhaite pas s’étendre sur ce sujet — il faut simplement espérer que lui et les autres n’ont pas été aussi timides dans leur compte-rendu final de mission. Ensuite l’émission est agrémentée de différents passages du documentaire diffusé le soir même sur France 5 et réalisé par Thierry Robert, présent sur le plateau lui aussi. Il s’agit de L’homme qui voulait plonger sur Mars dévoilé lors de l’émission Science grand format, aussi présenté par M. Vidard, et dont le replay est encore disponible pour quelques jours. Je n’ai pas encore vu ce dernier, mais j’en ai entendu de bons retours. Je pense que je le visionnerai ce soir.

Je ne me lasse évidemment pas de ce thème mais je regrette cependant qu’il soit toujours trop axé sur ce que l’on nomme généralement les sciences dures et leur ingénierie. J’aimerais voir être mis plus en avant des questions médicales et psychopathologiques qu’impliquent un tel voyage et une conquête de ce genre, mais aussi celles ayant trait à la sociologie — comme la sexualité par exemple —, la bioéthique ou bien les problèmes juridiques. L’on m’a d’ailleurs fait passé un article de Daniel Oberhaus intitulé To boldly go where no body has gone before; what to do when an astronaut dies in space chez Slate en 2015 et traduit en français par Jean-Clément Nau. M. Oberhaus revient ici sur la question de la mort dans l’espace et ce qu’il serait possible de faire dans ce cas-là. Comme on le découvrira à la lecture, le sujet est surtout abordé d’un point de vue technique. À ce propos Roger Schlueter, journaliste au Belleville News-Democrat, a mené sa petite enquête auprès de la NASA ces dernières semaines et a publié ses résultats justement ce mardi dans un article au titre évocateur, NASA has no plans if astronaut dies, killed in space. Il explique ainsi que bien peu d’astronautes contactés n’avaient évoqué le sujet de la mort à l’entraînement, ni même ne s’étaient tout simplement posé la question. Mieux encore, l’institution elle-même ne semble rien avoir prévu comme plan sinon un deuxième discours en cas de drame de ce type — comme cela avait été le cas en 1969. Tout du moins, il n’y a rien de prévu officiellement ; peut-être que les autorités n’ont pas envie de mettre en avant cette question quand tout l’enjeu en effet est de regarder avec espoir vers un but commun. Dans un autre genre d’idée, j’aimerais aussi en savoir plus sur les tentatives de remise en question, notamment par les États-Unis d’Amérique, du traité sur les principes régissant les activités des États en matière d’exploration et d’utilisation de l’espace extra-atmosphérique, y compris la Lune et les autres corps célestes de 1967 et de l’accord régissant les activités des États sur la Lune et les autres corps célestes — le fameux traité sur la Lune de 1984 — qui tous deux posent des limitations quant à l’appropriation et l’exploitation des ressources présentes entre autres sur des planètes extra-terrestres. Mais sur cette dernière question, je pense que je vais faire ces recherches par moi-même dès que mes révisions pour mes examens approchant m’en fourniront le temps.

Dim. 22 oct. 2017. — Premier week-end de vacances. Je l’ai passé à dormir. C’est la même chose à chaque fois ; il me faut plusieurs jours pour me remettre de mon rythme de travail et de la fatigue accumulée. Je pense que je serai vraiment opérationnel d’ici la fin de la semaine, peut-être avant avec un peu de chance. Je vais quand même en profiter pour rattraper tout un tas de choses que j’ai en souffrance dès demain, et cela malgré le manque flagrant de motivation. Il faut que je me prépare pour mon premier examen qui arrivera le 7 novembre. Il faut aussi que je me remette en forme physiquement, il y a eu beaucoup trop de laisser aller de ce côté ces derniers mois. Bref, le fameux train-train de la vie quotidienne. Je n’ai pas l’air d’avoir beaucoup de choses à raconter, n’est-ce pas ? C’est marrant. Durant la sieste que j’ai fait dans l’après-midi, j’ai écrit dans mon rêve une longue entrée dans ce journal pour aujourd’hui. Cela portait sur un truc qui, je crois, me travaille depuis quelques jours. Pourtant, bien que j’avais le souvenir d’avoir rédigé durant mon sommeil, impossible de me souvenir du contenu. Ou peut-être cela traduit juste le fait que j’ai envie d’écrire ? De la même manière que j’ai une envie furieuse de lire sans trouver le temps de me poser pour le faire vraiment ? En attendant d’avoir des réponses à tout cela, je vais finir de regarder Les dents de la mer qui repasse sur Arte avant de me rendormir à nouveau.

Mar. 17 oct. 2017. — Je parlais hier de mes préoccupations concernant la sécurité sur mon Raspberry Pi 3. Justement, hier même, l’avis de sécurité Debian DSA-3999 concernant wpa a été diffusé. De quoi s’agit-il ? Mathy Vanhoef, chercheur au sein du groupe imec-DistriNet de l’Université Catholique de Leuven en Belgique (KU Leuven), a découvert de multiples vulnérabilités dans le protocole WPA affectant à la fois le côté serveur et client — typiquement hostapd et wpa_supplicant sur bon nombre de machines, y compris dans sa dernière version 2.6. Il a donc sorti un papier intitulé Key Reinstallation Attacks: Forcing Nonce Reuse in WPA2 donnant le détail de ses découvertes, mais aussi le site krackattacks.com afin de présenter son travail. M. Vanhoef explique en substance que tous les réseaux Wi-Fi modernes sont affectés, que d’une façon générale si le matériel utilisé supporte le Wi-Fi alors il est vulnérable — cela impliquant notamment Android (y compris les versions 6.0 et supérieures), GNU/Linux, MacOS, OpenBSD, MediaTek et d’autres encore. L’auteur a de plus mis en place plusieurs variantes de son attaque et nous donne la démonstration d’un PoC sur l’utilisation possible pour une attaque MITM dans sa vidéo KRACK Attacks - Bypassing WPA2 against Android and Linux sur YouTube. Redoutable. Il reprendra par ailleurs sa recherche et ses résultats lors de la conférence Computer and Communications Security 2017 (CCS) ce 1er novembre. Évidemment M. Vanhoef ne peut savoir si la vulnérabilité dont il traite a déjà été (ou est déjà) utilisée mais il invite à mettre à jour le plus rapidement possible les systèmes impactés via les mises à jour de sécurité qui sont déjà disponibles. Autant sur des systèmes libres — comme Debian — celles-ci ont été largement intégrées et diffusées et il y a fort à parier que bon nombre d’utilisateurs l’ont déjà appliqué. Cependant cette réactivité des équipes de développement n’est pas aussi efficace sur les systèmes Android. Par exemple aucune mise à jour ne semble être disponible pour mon téléphone chinois sous Android 6.0 et sa surcouche EMUI 4.0.3 et, pour dire la vérité, je ne pense pas que quoique ce soit sera fait en ce sens avant quelques temps — le dernier patch de sécurité d’Android datant chez moi du 1er avril 2017. La question se pose aussi pour les box internet. Par exemple la Freebox Révolution (version 6) là où je suis présentement utilise hostapd dans une version estampillée git-20140327 quand le dépôt officiel montre évidemment une activité il y a environ dix heures à l’instant où je le consulte. Est-ce qu’elle sera mise à jour ? Je viens de la redémarrer pour voir, mais rien ne semble avoir été appliqué. C’est confirmé d’ailleurs par le flux d’actualité de l’assistance free.fr faisant état de la dernière mise à jour du firmware remontant au 3 octobre et qui concerne le player passé en version 1.3.12. C’est tout de même assez problématique et l’on peut certainement regretter à mon sens le manque de communication et de réactivité sur du matériel aussi sensible (voir le bug FS#21854 pour plus de détails).

Lun. 16 oct. 2017. — Je cherche à remplacer Raspbian sur mon Raspberry Pi 3 par un BSD, principalement pour des raisons de sécurité. Idéalement je souhaiterais y mettre OpenBSD. Mais j’ai deux problèmes. Le premier vient du fait que je connais assez mal ce monde. J’ai utilisé sporadiquement NetBSD en simple utilisateur et j’ai dû faire une seule installation d’OpenBSD sur un iBook G3 Clamshell à une certaine époque — je ne connais pas du tout les autres BSD. Je suis les annonces de ces deux distributions concernant le Raspberry Pi 3 mais force est d’avouer que le support n’est toujours pas complet ; en tout cas il manque encore la prise en charge d’un composant essentiel dans mon utilisation, à savoir le Wi-Fi puisque j’utilise notamment ma machine comme point d’accès pour connecter mon téléphone et mon ordinateur portable. Plus spécifiquement, concernant OpenBSD, pour le moment il est impossible de booter depuis la carte SD car selon la documentation au moment où j’écris ces lignes aucun pilote n’est encore disponible. Il faut donc utiliser une clef usb pour démarrer le système avant de basculer sur la SD — si j’ai bien tout compris. Au-delà de ça, dans un article paru dans l’OpenBSD Journal qui commence à dater un peu (9 avr.), Ian Darwin explique qu’en plus le pilote HDMI n’est pas utilisé par le noyau, que l’arbre des ports n’est pas encore optimisé pour cette machine et, pire dans mon cas donc, il n’y a pas de support pour le chipset Wi-Fi intégré. De toute façon M. Darwin dit bien qu’entrer dans l’univers OpenBSD par la porte du Raspberry Pi 3 n’est pas une bonne idée à cause du manque de prise en charge. Concernant NetBSD maintenant, les choses sont un peu mieux. Depuis juillet 2017 le Raspberry Pi 3 est supporté par NetBSD 7 et NetBSD 8. Complètement ? Non car il manque encore le support du Wi-Fi et du bluetooth — même si ce dernier a l’air d’être pris en charge par NetBSD current. Il va donc me falloir encore patienter.

Dim. 15 oct. 2017. — Depuis quelques temps je me retrouve assez dans certains écrits récents de Cyrille Borne, ingénieur informatique devenu enseignant en 2003. Je l’ai suivi jusqu’à présent sur les différents blogs qu’il a eu où il traite de logiciels libres, d’informatique en général, de sa vision de la société, et de pleins d’autres choses aussi comme, notamment, de son expérience de prof dans un lycée plus ou moins oublié par son académie avec des élèves qui s’abreuvent de vidéos débiles sur youtube.

Comme j’ai déjà pu l’évoquer dans ce journal, je suis rentré en septembre dans ma troisième année d’assistant d’éducation — c’est-à-dire que je suis surveillant, un pion quoi — dans un lycée professionnel et technologique. Malgré de très grands atouts, notamment des ateliers gigantesques faisant la fierté du recteur, le lycée souffre d’une mauvaise image de marque. D’une part, et comme dit, c’est un lycée professionnel et, apparemment en France, c’est (vraiment) moins bien que d’être un lycée général — même nos élèves qui aiment ce qu’ils font ont ce cliché. Ensuite il lui colle à la peau une affreuse image de lycée de zone mais qui n’en a pas le statut. Cependant cet établissement mériterait clairement d’être déclaré zone d’éducation prioritaire histoire d’avoir des moyens à la hauteur des défis et problèmes que les équipes pédagogiques, éducatives et administratives ont à résoudre au quotidien — problèmes qui font parfois la une du journal régional. Mais cela ne se fera pas. Pourquoi ? Deux raisons. La première découle de la contradiction dans mes phrases précédentes : être simplement vu comme un lycée de zone est déjà dommageable pour la réputation du lycée parce que c’est très mal perçu ; avoir véritablement le statut en question finirai d’enfoncer le clou. La seconde raison serait due aux coûts trop grands que cela engendrerai pour l’académie selon les off que j’ai pu entendre. Et pourtant, pourtant. Nous avons certains gamins qui, bien qu’encore jeunes, sont clairement abîmés, vivent dans des environnements sociaux et familiaux difficiles, violents parfois. Et tout cela s’exprime par un mal-être profond, des réactions brusques, des pieds de nez à toute forme d’autorité, une recherche d’attention par tous les moyens — même (surtout ?) les moins recommandables.

Nous passons, en tant que pion, et surtout le soir à l’internat, pas mal de temps à échanger avec les élèves. Parfois, ils nous racontent d’où ils viennent et ce qu’ils vivent, les douleurs émotionnelles, les manques et les carences. Mais la violence ressentie aussi, omniprésente, qu’ils intègrent et expriment ensuite comme ils peuvent. Je me suis personnellement retrouvé dans des situations où, physiquement, j’étais le dernier rempart empêchant une explosion d’agressivité entre élèves. Il n’y plus le temps alors pour la parole ou pour le raisonnement, tout tient à un fil. Après coup, je me demande encore comment se fait-il que ces situations, plus qu’électriques, n’ont pas complètement dégénérées. C’est peut-être dû à la chance ? L’an dernier, un collègue a fait un tour aux urgences et a eu droit à huit jours d’interruption temporaire de travail suite à une agression qu’il a subi dans l’enceinte du lycée par des éléments extérieurs — comprendre, pas des élèves à nous. Le lendemain pourtant, il arrivait au lycée ; il n’avait pas voulu se faire manger par la peur et était revenu affronter la situation, ne pas ruminer seul chez lui. En y pensant, c’est la décision la plus judicieuse qu’il pouvait prendre. M. Borne disait dans son complément 6 du 30 septembre qu’il a « l’habitude de travailler avec les jeunes, de faire retirer les casquettes, d’avoir des gamins qui ont des piercings, des écarteurs, des gros tatouages. Comprenez que quand nos jeunes feraient peur à n’importe quelle petite vieille, nous c’est notre quotidien ». J’ai des élèves qui se sont complètement déscolarisés et auxquels il ne reste rien, des exclusions pour avoir défoncé le crâne d’un autre élève à coup-de-poing américain, d’autres qui se sont mis dans de tels problèmes qu’ils ne pouvaient plus venir à l’école sans risques, d’autres encore qui ont fini en prison ou qui n’en sont pas loin. J’ai un collègue recruté cette année qui, comme moi, est diplomé en psychologie. Pour payer ses études, il travaillait dans la sécurité privée. Il a fait une blague récemment à l’un de nos CPE lui disant qu’il l’avait recruté non pas parce qu’il avait étudié la psychologie mais parce qu’il avait un passif en sécurité. C’est certain, c’est loin du lycée tranquille de centre-ville où il suffit de faire les gros yeux pour imposer le silence. Si vous avez été pion dans mon lycée, vous pouvez être pion presque n’importe où.

Le tableau présenté paraît bien sombre ? Il ne l’est pas du tout. Je parie que je pourrais postuler pour un de ces lycées de centre-ville et être pris sans aucunes questions. Mais je ne le fais pas. Je ne changerai d’établissement pour rien au monde. Comme expliqué, nous avons des élèves en difficulté, en vraiment grande difficulté parfois. Certains sont, à l’inverse, très stables et sans problèmes. Et il y a toute la palette entre les deux. Dans tous les cas, les uns comme les autres ont tous quelque chose en eux qui mérite qu’on continue, ils ont tous un potentiel à exploiter. Et tous les collègues aiment ces gamins ; oui, ils peuvent être immatures, oui, certains ne sont vraiment pas des flèches, oui, certains passent leur temps à chercher les problèmes, oui, on retrouve des couteaux ou des brises vitres planqués dans les poches, oui, des fois, cela sent étrangement les plantes aux abords du lycée dès huit heures le matin et on pars en chasse, oui, certains nous tapent vraiment sur les nerfs, mais il ne viendrait à aucun d’entre nous l’idée de les laisser tomber. Il y a beaucoup de boulot. Ne serait-ce que faire comprendre à certains qu’il vaut mieux prendre deux secondes — juste deux réelles secondes — et réflêchir aux conséquences avant d’agir paraît mission impossible. M. Borne, dans nombre de ses articles, parle d’un devoir ; devoir d’inculquer des règles, devoir de préparer cette génération à la vie difficile qui les attend, là, dehors. C’est un travail de longue haleine, on avance millimètre par millimètre, quotidiennement, sans relâche. Des fois, cela fonctionne ; des fois, non. Mais quand cela fonctionne, on sait que l’on a fait, à notre mesure, quelque chose de bien.

Mercr. 11 oct. 2017. — Les préparations pour le NaNoWriMo vont bon train sur le canal IRC. Ce matin il y avait une discussion entre Ippa et Marylou concernant leurs univers de science-fiction respectifs et les recherches qu’ils avaient à faire pour obtenir quelque chose de cohérent. J’ai cru bon, dès lors, de partager avec eux un lien que j’avais trouvé cet été sur le shaarli de sebsauvage et que je garde pour le jour où, moi-même, je me déciderai enfin à me lancer dans de la science-fiction pour mon NaNo. Il s’agit du site Atomic Rockets tenu par Winchell Chung depuis 1999. Il maintient, seul, un nombre impressionnant de pages très complètes sur toutes sortes de sujets, depuis la conception des ponts de vaisseaux spatiaux, jusqu’à la confection de mondes scientifiquement consistants en passant par la mise en place de systèmes politiques, culturels, etc. Il y a des cartes, des schémas, des extraits d’ouvrages, de romans, et de bande-dessinées, des explications sur de possibles controverses, et j’en passe encore. Le site peut se lire comme un livre, de façon linéaire, mais l’on aura tendance à y naviguer par l’intermédiaire du menu en bas de chaque page, voir en passant par l’index. Rajoutant régulièrement de nouveaux contenus, toutes les informations que proposent Chung ont été vérifiées, contrôlées et sont mises à jours le cas échéant, ce qui fait de ce site une base incontournable, une véritabe mine d’or, pour tout écrivain, en herbe ou non, de science-fiction plutôt porté sur la hard science, le space opera et/ou le planet opera, mais aussi pour toute personne qui s’intéresse de près ou de loin à ces genres.

Mar. 10 oct. 2017. — Je n’ai longtemps été attiré que par les romans édités ; j’entends par là des histoires écrites par des auteurs qui contactent des maisons d’édition qui s’occupent alors de la mise en production et de la proposition de l’ouvrage au public. Mais depuis quelques temps je remarque que je suis de plus en plus curieux de l’auto-publication. Le tournant, je pense, a été ma lecture de L’Anomalie du Centaure de C.P. Rigel que j’avais évoqué dans le deuxième volume de ce journal. Je ne savais pas, lorsque j’ai commencé à le lire, qu’il s’agissait d’un amateur qui s’était auto-publié, je ne l’ai appris qu’en cours de lecture. J’avais vraiment beaucoup aimé ce livre et il avait remis en question les préjugés inconscients que je pouvais avoir en matière d’auto-édition — ce qui est surprenant puisque je suis un convaincu de cette forme d’édition et que j’avais déjà trouvé quelques titres qui pouvaient m’intéresser sur InLibroVeritas mais sans jamais vraiment les lire. Mon problème surtout, j’imagine, était de savoir si la lecture valait le coup ou non. L’avantage de passer par des maisons d’édition installées est que l’on a au moins la certitude que l’ouvrage a déjà été lu, relu, et sélectionné, corrigé jusqu’à un résultat convaincant, que d’une certaine manière donc — du moins du point de vue de l’éditeur — le roman mérite d’être vendu. Pourtant il est clair que ce n’est pas un gage de qualité. Nous avons généralement tous déjà eu entre les mains au moins un livre dont on se demande pourquoi il avait été édité ; inversement, il y a de nombreux auteurs qui ont littéralement galéré avant de trouver une maison d’édition et alors même que l’ouvrage in fine s’avère excellent. Le roman de Rigel, outre le plaisir que j’ai pris à le lire, a donc aussi eu le mérite de m’avoir ouvert les yeux sur mes contradictions à ce sujet.

Mais il n’y a pas que lui. En effet depuis que je participe au NaNoWriMo, je me suis rapproché d’autres participants, du débutant qui s’incrit pour la première fois, jusqu’à de véritables auteurs — selon moi en tout cas — qui écrivent depuis des années. Ces personnes dont je parle s’auto-publient soit directement par l’intermédiaire de blogs ou encore grâce à des sites spécialisés. J’ai pu lire certains de leurs écrits et y prendre beaucoup de plaisir. C’est ainsi que je me suis mis à suivre IMG par exemple, connue sous le pseudonyme de nat28 sur WeLoveWords, qui s’est lancée cette année dans un projet Bradbury. J’aime tellement ce qu’elle écrit que je me suis inscrit sur le site pour pouvoir la suivre et, pourquoi pas, découvrir d’autres auteurs publiant leurs propres textes. Évidemment tout n’est pas excellent mais l’on tombe souvent sur des pépites qui méritent réellement la lecture. De la même manière, je traîne aussi un peu sur Wattpad, autre plateforme bien connue, mais je n’ai pas encore trouvé les auteurs qui m’accrochent. J’avoue que je cherche surtout de la science-fiction et les résultats de mes recherches sont assez pauvres en français — et je n’ai pas encore eu le courage de me lancer dans des lectures en anglais. J’ai pourtant une ou deux histoires dans ma liste à lire sur le site ; il faudra que je m’y mette. Je me suis aussi lancé dans la lecture de fan fiction sur le site de référence en la matière à savoir fanfiction.net. Petite parenthèse, et pour information, la sélection de la langue française sur ce site ne peut pas se faire par une recherche mais se fait après avoir choisi l’univers fictionnel, en utilisant le filtre prévu. Pour le moment je n’ai lu que deux fictions, l’une se plaçant dans l’univers de Star Wars et l’autre dans le cadre de la série X-Files. Je n’ai pas encore complètement accroché je dois dire, mais cela me plaît assez. Dans un autre genre, je me suis aussi replongé aujourd’hui dans les journaux intimes, et notamment dans tout ce que l’on peut trouver sur la plateforme en français Journal Intime.com. Ici tout est différent bien sûr puisque l’on n’est plus dans la fiction pure mais dans l’autobiographie, romancée ou non. Cela satisfait malgré tout mes envies de lecture compulsive et rapide — enfin en apparence cependant car nous avons là un véritable vortex temporel dans lequel se perdent allègrement les heures.

Je ne délaisse donc certainement pas mes lectures tirées du monde de l’édition traditionnelle mais je me rends compte que durant de nombreuses années je suis passé à côté de lectures vraiment intéressantes et enrichissantes.

Lun. 9 oct. 2017. — Comme je l’avais déjà expliqué à la fin du mois dernier, mon Eee PC fonctionne parfaitement sous Debian 8. J’avais eu des problèmes de sons que j’avais pu résoudre sans trop de soucis. Une autre petite chose que je devais régler cependant était le gestion du son par l’intermédiaire des touches Fonction du clavier. En effet celles-ci fonctionnent toutes et ont un comportement attendu sauf celles concernant le son qui n’ont pas d’effets. Mon gestionnaire de fenêtres étant ratpoison, je me suis souvenu que gapz s’était confectionné une configuration justement pour cela. Reprenant le travail de Stephan Walter, il y a ajouté une fonction pratique qui permet d’activer ou de désactiver le son — le fameux mute — tout en permettant d’augmenter et baisser le volume et d’avoir un retour sur son niveau dans la barre d’état de ratpoison. Le script est récupérable directement depuis la section Code du site de gapz et j’en ai une copie dans mon dossier scripts sur github. Pour son intégration avec le gestionnaire de fenêtres, rien de plus simple, il suffit d’ajouter ces quelques règles dans le ~/.ratpoisonrc :

definekey top XF86AudioRaiseVolume exec ~/g/scripts/rat-volume.sh 5%+
definekey top XF86AudioLowerVolume exec ~/g/scripts/rat-volume.sh 5%-
definekey top XF86AudioMute exec ~/g/scripts/rat-volume.sh

Il faudra bien sûr veiller à ce que les touches de fonction portent bien les bons noms en les vérifiant avec l’outil xev, et indiquer aussi le bon chemin vers le script. Notons que celui-ci utilise abondamment amixer qui devrait de toute façon être installé par défaut si le gestionnaire de son alsa est présent. Il se trouve que gapz avait aussi mis en place le même genre de configuration pour la gestion de la luminosité de l’écran avec rat-bright mais, celle-ci fonctionnant nativement sans problème sur mon système, je ne l’utilise pas.

Dim. 8 oct. 2017. — Je n’ai toujours pas payé l’université. C’est étrange. J’ai voulu le faire à plusieurs reprises, m’étant même déplacé à l’administration mais il m’a été dit à la caisse qu’il fallait prendre rendez-vous. Je dois juste délivrer un chèque, est-il vraiment nécessaire de prendre rendez-vous pour cela ? J’imagine que non, mais c’est la procédure. Il me faut donc simplement envoyer la somme par courrier ou juste mettre moi-même l’enveloppe dans la boîte aux lettres du bâtiment A. Pourtant, je ne l’ai toujours pas fait. Est-ce que c’est une façon pour moi d’éviter quelque chose que je ne veux pas ? À savoir recommencer, encore, ce fichu semestre ? Je ne sais pas vraiment ; peut-être. Quoiqu’il en soit j’ai tout de même jusqu’au 15 octobre pour m’affranchir de la somme, faute de quoi je ne serai pas éligible aux examens de décembre. Ce qui serait quand même dommage puisque je suis revenu spécialement pour cela. Dans le même temps je n’ai toujours pas fait mon TD pour demain 10 heures. Mais je dois dire que cette semaine ne m’a pas vraiment laissé le temps de m’y plonger comme je le voulais. Je m’étais fixé comme objectif de faire mes TD les fins de semaine mais je me rends compte que c’est finalement une mauvaise option. Je devrais plutôt les faire en début de semaine — bien en avance donc — histoire de voir venir.

Ainsi, cela fait plus d’un mois que je suis rentré et je vois que je ne suis toujours pas calé dans mon quotidien. Je pense que cela vient du fait que je suis rivé sur la fin, sur le fait de repartir au lieu de me concentrer sur les choses que j’ai à faire au jour le jour. C’est clairement une erreur et cela entraîne des désagréments comme le fait que je ne suis pas complètement investi dans mes études universitaires, que je n’ai pas repris le sport et que je ne fais pas la moitié des choses à faire que je note pourtant assez consciencieusement dans mon bullet journal.

Depuis plusieurs années déjà j’étais à la recherche d’un système qui puisse m’aider dans la gestion des tâches quotidiennes. Il existe de nombreuses manières de faire cela, notamment mise en avant par David Allen dans son ouvrage maintenant bien connu Getting things done, abrégé en GTD, publié en 2001. Sans aller jusqu’à des choses aussi poussées que cela je m’étais reporté sur l’utilisation d’un petit outils nommé Todo.txt. C’est en fait un simple script bash qui permet facilement de gérer un fichier en texte brut contenant une liste de choses à faire que l’on peut arranger par date, priorité, etc. L’avantage que j’y trouve est que le fichier est facilement exportable et lisible sur tous types de support — depuis un simple terminal, en passant par n’importe quel éditeur de texte, jusqu’à des applications pour téléphones intelligents. Mais ce fichier, et sa gestion par Todo.txt a ses limites, notamment lorsque l’on veut établir d’autres types de listes, comme une pile de livres à lire, des épisodes de séries vus, l’avancée dans des exercices physiques quotidiens, etc. J’avais donc d’autres fichiers en texte brut pour chacunes de ses différentes listes, en plus de mon fichier todo.txt. Et puis, la sérendipité aidant, je suis tombé à la fin du mois d’août dernier sur le concept de bullet journal développé par Ryder Carroll. Il le présente comme un système analogique pour l’âge numérique — mauvaise traduction personnelle de the analog system for the digital age. L’idée est finalement assez simple. Il a regroupé au sein d’un même bloc-note papier un agenda, une liste de choses à faire et un journal. L’idée d’utiliser un bloc-note papier est somme toute assez intéressante puisque cela permet de modeler son contenu à notre guise. Au lieu d’utiliser un agenda avec une présentation figée, il est possible de créer la sienne, voir de la faire évoluer dans le temps en fonction des besoins. De plus, sur une page vierge, il est possible d’imaginer et d’arranger toutes les listes dont on pourrait avoir besoin à notre convenance. Si la chose n’est pas forcément simple à expliquer, voir à comprendre, c’est pourtant très basique et très efficace. D’ailleurs l’auteur a publié une courte vidéo expliquant clairement le concept. Le phénomène a pris tellement d’ampleur qu’une large communauté s’est créée autour de cela et l’on retrouve de nombreuses vidéos présentant différents journaux personnels sur youtube ou encore de nombreuses photos sur instagram — ce qui aide pour voir ce qu’il est possible de faire et donner des idées.

Inutile de le préciser, j’ai été séduit. Par contre, bien que j’ai essayé de commencer à utiliser ce système dans un format papier, celui-ci ne me convient pas. Principalement parce qu’il m’est difficile de me déplacer constamment avec un bloc-note qui doit, pour répondre à une utilisation efficace, avoir une certaine taille. Je pourrais en avoir un vraiment petit qui se loge dans la poche arrière de mon pantalon, avec un stylo tout aussi discret, mais je n’ai pas trouvé cela pratique. Mais, comme beaucoup de gens, je ne me déplace pratiquement jamais sans mon téléphone. J’ai donc décidé de reprendre le bullet journal et de l’adapter dans un format numérique au sein d’un fichier en texte brut. L’avantage est que je peux le synchroniser entre mon téléphone et mon ordinateur, et l’éditer à ma guise sur l’un ou l’autre. Le seul désavantage est qu’il ne m’est pas possible de le customiser autant que l’on pourrait le faire sur du papier. Je reste dépendant, forcément, des contraintes liées à un fichier numérique en texte brut — par exemple, il est difficile de faire des cercles et d’écrire au sein de ceux-ci aisément, même en faisant de l’ASCII art. Cependant j’ai pu m’en arranger et développer mon propre système sur cette base. Après environ un mois d’utilisation, je dois dire que j’en suis assez content. À l’inverse de beaucoup d’autres, je n’utilise pas d’agenda par jours, mais uniquement par semaine, dans lequel je note ma liste de choses à faire durant ces septs jours. J’y ajoute une date lorsqu’il est nécessaire pour moi de faire quelque chose un jour spécifique, comme prendre un rendez-vous par exemple. Chaque semaine se retrouve prise dans une plus grande catégorie mensuelle qui m’offre un simple calendrier basique tel que le fourni la commande cal(1) sous GNU/Linux. Juste sous celui-ci, j’y adjoins sans problème des évènements devant arriver pendant le mois en cours, comme des anniversaires, des rendez-vous, des examens, etc., que je peux ensuite reporter dans la semaine en cours lorsque celle-ci survient. À part cela, j’ai aussi mis en place une pile à lire et un suivi des épisodes des séries que je regarde. Il me faudra rajouter aussi un compteur de mes exercices physiques quotidiens, et mon bullet journal sera presque complet. Initialement j’avais aussi rajouté un suivi de mes heures de sommeil, mais j’ai rapidement abandonné l’idée, n’y voyant qu’un intérêt très relatif.

Cela fait donc plus d’un mois que j’utilise le bullet journal avec plus ou moins de succès. Plus ou moins parce qu’en effet je le mets à jour relativement régulièrement et le consulte pareillement. Cependant, et même s’il me permet de gérer plus efficacement toutes les choses que j’ai à faire, il n’est pas complètement efficient pour lutter contre mon inertie naturelle. Mais les choses sont en bonne progression je pense, et je ne désespère pas d’arriver au final à une efficacité renforcée.

Mar. 3 oct. 2017. — J’ai commencé à mettre en place mon projet pour le NaNoWriMo de cette année. J’ai décidé de reprendre mon récit inachevé autour de mon voyage au Mexique durant l’été 2016, qui correspond en fait au volume 1 de ce présent journal. J’ai ainsi créé la page sur le site du NaNo, ce qui ne m’a pas pris beaucoup de temps puisque je reprends exactement le même sujet que l’an passé. Je ne sais pas si cette année je vais publier au fur et à mesure mes écrits. À l’origine j’avais eu cette idée histoire de me motiver un peu mais force est de constater que cela n’a que peu d’influence sur le résultat. Il est même possible que cela ne m’aide pas car le simple fait de voir une publication, même sur un obscure dépôt github que personne ne visite, me pousse invariablement à relire ce que je viens d’écrire et à le corriger. Cela pourrait être une bonne chose en soi mais dans le cadre du NaNo où le but est d’avancer pour arriver au bout, cela se transforme en contrainte et en perte de temps. Le mois de novembre n’est pas fait pour la relecture, ni pour peaufiner le texte ; le but est simplement d’écrire, d’avancer et d’atteindre les 50 000 mots. L’équipe de Paris a aussi commencé à travailler pour mettre en place des évènements. Les deux plus importants dans mon cas avant le lancement officiel seront deux temps de préparation, des NaNoPrep, les samedi 14 et vendredi 20 octobre, sur le canal irc #nanowrimo_france. Ce sont des rendez-vous que je vais tenter le plus possible d’honorer étant donné qu’il me va être absolument nécessaire de bien préparer les choses cette fois-ci. Avant ces dates cependant, je m’empêche de faire quoique ce soit de concret pour le moment ; je ne souhaite pas me lancer trop tôt et perdre mon modjo avant même que cela ne commence vraiment. Mais il est évident que l’excitation du démarrage commence à monter !

Je ne perds cependant pas de vue mes deux objectifs principaux que je me suis fixé jusqu’à fin décembre. Tout d’abord, faire de l’argent, le plus possible pour les projets à venir. Ensuite — et je n’en ai pas encore vraiment parlé jusqu’à présent — finaliser complètement ma licence de droit. L’an dernier, je m’étais retrouvé à relever un grand défi, à savoir repasser pratiquement toutes mes matières des deux semestres au rattrapage. Ce fût une période difficile et j’étais parti au Mexique au début du mois de juillet avant même de connaître les résultats. La conclusion a été assez mitigée ; je n’ai pas eu mon année mais cette nouvelle a été atténuée par le fait que j’avais tout de même réussi à valider toutes mes matières sauf une, le droit social. J’avais pourtant eu cette matière lors de la première session mais le jeu des contrôles continus m’avaient obligé à la repasser au rattrapage et, malheureusement et sans que je le comprenne vraiment, je ne l’ai pas eu à la seconde session. Devoir repasser une matière où l’on a déjà eu la moyenne est déjà une épreuve en soi, mais la rater lors de la seconde session rend les choses encore plus difficile. Mais en droit il y a rarement de demi-victoire. J’ai donc beau pu réussir toutes mes matières, je me retrouve malgré tout à devoir refaire une année supplémentaire pour repasser le droit social qui se trouve être au moment où j’écris ces lignes, et c’est le comble, en grande réforme. Heureusement le programme du premier semestre porte sur les relations individuelles donc l’impact est relatif, mais tout de même. J’ai donc encore environ deux mois et demi devant moi pour me préparer à un examen que j’ai déjà eu une fois. Je ne suis pas complètement serein cependant puisque c’est une épreuve que j’ai aussi raté une fois. Mais dans cette situation ubuesque je ne perds pas espoir et c’est pour moi en fait une opportunité. Je vais donc étudier au maximum cette matière pour la valider au mois de décembre tout en mettant assez d’argent de côté. Ensuite, et en tablant sur le fait que je l’aurai effectivement passé avec succès, je vais pouvoir poursuivre ma route dans une direction qui m’attire depuis maintenant longtemps. Il me faut juste être encore un peu patient. Simplement encore un peu de patience.

Je reste donc proche du droit et continue de me cultiver dans ce domaine. D’ailleurs l’on m’a fait passé cette nuit la critique d’Étienne Tarride du livre de l’éthnologue Christiane Besnier intitulé La Vérité côté cour. Une ethnologue aux assises. Ayant assité à une quarantaine de procès criminels, elle y apporte un regard précis du comportement des différents acteurs présents, tant du côté de la cour que du côté des prévenus et de leurs avocats. Selon M. Tarride elle évite aisément les éceuils récurrents que font les commentateurs non expérimentés du droit tout en y jetant une réflexion selon un angle que l’on a peu l’habitude de lire. Malgré quelques reserves, l’ouvrage paraît riche et intéressant, et il faudra que je vois s’il est disponible dans ma bibliothèque universitaire.

Dim. 1 oct. 2017. — Caen. — Le compte à rebourd a commencé. Dans un mois exactement ce sera le début du NaNoWriMo. C’est toujours une sorte de défi pour moi qui n’ai jamais réussi à le terminer, et cela pour plusieurs raisons. La première est un manque évident de préparation. Mes expériences passées m’ont appris que je ne suis pas de ceux qui peuvent se lancer sans avoir une histoire et un plan assez bien défini. De ce fait, j’avais opté jusqu’à présent pour de la non-fiction — ce qui est assez marginal pour un NaNoWriMo où l’on doit normalement écrire de la fiction. La seconde raison est le manque flagrant de temps que j’ai à y consacrer. Idéalement pour atteindre le but des 50 000 mots il faut en écrire, de mémoire, 1613 par jour. Je sais que certains arrivent à dégager quotidiennement des heures pour cela en s’organisant des créneaux dans la journée. C’est une chose sur laquelle il faut que je travaille. Heureusement cette année mon planning universitaire est assez léger, j’ai donc bon espoir de ce côté. Pour en revenir à mon premier problème, je pense que je vais me motiver pour terminer — en fait reprendre — ce que j’avais déjà initié pour mes deux premiers NaNoWriMo. C’est-à-dire que je vais rester sur de la non-fiction — oui malgré tout — parce que j’ai déjà pas mal de notes mais qu’il va me falloir remettre quelque peu en forme durant ce mois d’octobre, et j’en profiterai pour faire quelques recherches sur des sujets que je vais avoir à développer. L’idée sera d’avoir quelque chose de bien construit, au moins sur la papier, avant que le mois de novembre ne commence effectivement. Il ne me restera plus qu’à simplement me lancer dans l’éciture proprement dite. Je sais que je vais sûrement avoir quelques difficultés en route, peut-être des recherches supplémentaires à faire au moment de la rédaction sur des choses que je n’aurai pas prévu, mais comme dit j’aurai plus de temps pour cela que les années précédentes. Il va falloir que je développe aussi une certaine méthodologie pour mon écriture dû à mes nombreux déplacements en semaine. Je sais d’ores et déjà que je ne pourrais pas écrire le matin, ou disons en tout cas tôt le matin ; j’essayerai donc de privilégier un temps pour cela le soir et j’adapterai en fonction de ma progression. De plus, je sais que la région Europe :: France :: Paris va organiser des évènements de préparation vers la fin du mois d’octobre, histoire de pouvoir commencer à bien se mettre dans le bain. Cela sans parler des personnes constamment présentes sur le canal irc #nanowrimo_france. Je m’intéresse cette année aussi à la région Europe :: France :: Elsewhere qui je crois va proposer quelques rendez-vous, et qui s’est dotée de canaux sur Discord. Tout ce qu’il faut donc pour mettre toutes les chances de son côté.

Jeu. 28 sept. 2017. — Mondeville. — Depuis quelques temps je cherchais une manière simple et économique de pouvoir dupliquer le système présent sur mon Raspberry Pi en cas de défaillance de la carte SD — ce qui va forcément arriver un jour. Aussi j’ai été assez intéressé par la publication de ZeroHeure sur son blog à propos d’une manière d’installer un GNU/Linux en simplement le copiant depuis une distribution déjà installée. Sorte de clonage à la main donc. Cette technique, même si un peu rudimentaire, pourrait complètement me convenir car ce type de carte à la fin de leur cycle d’écriture reste accessible en lecture. De plus elle ne nécessite aucun outil en particulier, pas d’accès internet, ni même d’accès réseau, en plus d’être assez rapide. L’auteur a ausi publié cet article sur linuxfr.org où l’on peut retrouver quelques commentaires intéressants, et notamment une autre manière de procéder. Et pendant que le système se copie, on pourra toujours passer le temps en allant faire un tour dans les archives des clichés pris par le photographe Nick DeWolf durant la fin des années 1950 et 1960.

Lun. 25 sept. 2017. — Caen. — Durant mon séjour au Mexique, un petit accident est arrivé à mon IdeaPad. Pour le dire rapidement, il a pris de la bière. Le résultat est que le clavier est devenu inutilisable et j’ai du le remplacer sur place par un clavier usb qwerty en espagnol. Mon utilisation première de cette machine est pour les cours ; aussi devoir me balader avec un gros clavier en plus rend le côté nomade un peu obsolète. J’ai donc dû lui trouver un remplaçant et, en l’absence d’argent pour ça, j’ai récupéré un petit Eee PC Seashell, un 1015BXO selon dmidecode, sur lequel j’ai installé une Debian 8. C’est un ordinateur sympa, assez léger et qui fait office pour moi de machine à écrire évoluée — je n’ai pas tellement besoin de plus. L’installation de GNU/Linux et sa configuration se fait sans souci. J’ai juste eu un petit problème avec le son. La bestiole embarque une ATI Wrestler HDMI avec un chipset Realtek ALC269VB chez moi. Seulement il se trouve qu’à cause du HDMI le système détecte deux cartes sons au lieu d’une. Aussi, par défaut, il va chercher à utiliser la première alors que le son ne peut sortir que de la seconde. Pour corriger cela, il faut simplement indiquer au système d’utiliser la deuxième (notée 1) en créant un fichier /etc/asound.conf contenant ces lignes :

defaults.ctl.card 1
defaults.pcm.card 1
defaults.timer.card 1

Ceci étant fait, il ne restera plus qu’à lancer alsamixer et augmenter le volume sur Master.

Mercr. 20 sept. 2017. — Mondeville. — Hier en fin de journée heure de Paris, s’est déclaré au Mexique un tremblement de terre de magnitude 7.1 au niveau d’Izúcar de Matamoros, plus précisément vers Raboso à l’est de l’État de Puebla. Extrêmement violent il a eu des répercussions importantes, notamment à Cuernavaca dans l’État voisin de Morelos. Selon les informations que j’ai pu glaner sur les radios locales il y a eu de nombreux dommages un peu partout, entre autres dans le centre historique et près du zócalo où j’ai mon logement, mais le plus impressionnant restant probablement l’effondrement de la Torre Latinoamericana. Dans la nuit qui a suivi une réplique s’est faite ressentir sans pour autant générer trop de problèmes supplémentaires. Les recherches dans les décombres ont commencé peu après le séisme, ont duré toute la nuit et continuent aujourd’hui. De plus une grande partie de la population mais aussi des entreprises privées aident comme elles le peuvent les personnes et les structures qui en ont besoin en apportant logistique, matériels, nourritures, médicaments, etc. De nombreux témoignages ont émergé sur les réseaux sociaux mais aussi dans les médias — même venant des médias eux-mêmes. Selon tout ce que j’ai pu voir, lire et entendre, cela a été l’enfer à vivre. Heureusement toutes les personnes que je connais sont saines et sauves mais sont clairement sous le choc. J’ai une envie folle d’être sur place, et ressent une certaine culpabilité à être si loin alors que je pourrais moi aussi aider. Depuis que c’est arrivé je n’arrive pas à décrocher de mon téléphone, à l’affût de toutes nouvelles informations. Je voudrais tellement être là-bas.

Lun. 18 sept. 2017. — Langrune-sur-Mer, Normandie. — Mes deux premières semaines de rentrée ont été bien remplies, trop remplies même. J’ai commencé par retrouver mon travail au lycée où je reprends cette année mon mi-temps comme assistant d’éducation pour deux nuits d’internat et une matinée d’externat. J’ai enchaîné toute la semaine suivante comme manœuvre sur le chantier d’un restaurant gastronomique. Je ne peux pas dire que j’ai été d’une grande aide, déjà à cause de la fatigue provoquée par le décalage horaire mais surtout parce que je n’y connais pas grand chose. Le travail commençait tôt le matin et finissait tard le soir ; ce qui m’a fatigué encore plus. Cependant ce fut une petite expérience riche en apprentissages et en rencontres. Surtout cela m’a permis de passer du temps avec les amis à qui appartiennent le restaurant en plus d’être gracieusement logé. La semaine passée je suis retourné au lycée pour reprendre mon service. Puis celui-ci terminé, je me suis cette fois-ci retrouvé sans perspective de logement. L’on m’avait pourtant fait miroiter une possible place dans une colocation mais finalement cela ne s’est pas fait. J’ai alors honteusement contacté des amis vivants sur la Côte de Nacre. Ce coin de pays porte ce nom du au fait que la mer est ici très irisée, lui donnant une couleur de nacre. Je me retrouve donc à quelques centaines de mètres de la Manche dans une petite maison de pierre typiquement normande. J’y suis arrivé vendredi soir dernier et, par décompensation je pense, je suis tombé malade le lendemain, sinusite et bronchite. Je suis donc de repos forcé depuis, ce qui au final n’est pas plus mal. Je vais en profiter pour finir les lectures que j’ai entamé et publier les dernières chroniques pour le Summer Star Wars qui prend fin dans quelques jours.

Mar. 5 sept. 2017. — Paris, Roissy Charles de Gaulle, France. — Terminal 2E. Rompu de fatigue, la transition est difficile. Le passage à la douane, automatisé dorénavant, se fait en un temps record. Je récupère mon sac et me voilà de retour sur le sol de notre chère France. C’est le début d’après-midi, le temps est gris mais je suis ravi de constater qu’il ne fait pas aussi froid que je l’aurais cru. Comme je l’avais sous-entendu à la fin du volume précédent, les impacts de l’ouragan Harvey ont quelque peu chamboulé le climat dans le nord mexicain, réduisant d’autant la température sur place. Cela m’a aidé à me réhabituer à un environnement plus froid. Je vais rester ici jusqu’à demain matin ; je prendrai ensuite un bus en direction de la Normandie pour retourner au travail demain soir. Il faut que je pense à l’université aussi. J’ai mille et une chose à faire mais, pourtant, je ne m’en fais pas tellement. Il résonne encore à mes oreilles des rythmes de banda mexicaine et, tournant la tête, j’ai l’impression d’apercevoir l’espace d’une fraction de seconde un vendeur de tacos ambulant. Si je ferme les yeux, alors soudain j’ai la sensation que je suis toujours là-bas, qu’il me suffit d’un rien pour prendre un bus pour Acapulco et arriver directement au bord de la playa Papagayo. Encore un petit effort et me voilà à Zipolite, rigolant à gorge déployée aux blagues de ce cher Antonio, tandis que son chat Mao Yang se frotte à ma jambe dans l’espoir d’un câlin. Tout à l’heure j’irai m’immerger dans le Pacifique du côté de la playa del amor. Mais pas maintenant. Maintenant je veux juste rester un peu plus longtemps en haut du Cósmico, bercé par le son des vagues en contrebas, enrobé de cette douce chaleur tropicale, tandis que je finis ma bière, cette bière si rafraîchissante. Si la vida te da limones, pide ¡tequila y sal!