f6k ~ log : vol. 4 (dep. sept. 17)

Rédaction en cours

Mar. 5 sept. 2017. — Paris, Roissy Charles de Gaulle, France. — Terminal 2E. Rompu de fatigue, la transition est difficile. Le passage à la douane, automatisé dorénavant, se fait en un temps record. Je récupère mon sac et me voilà de retour sur le sol de notre chère France. C’est le début d’après-midi, le temps est gris mais je suis ravi de constater qu’il ne fait pas aussi froid que je l’aurais cru. Comme je l’avais sous-entendu à la fin du volume précédent, les impacts de l’ouragan Harvey ont quelque peu chamboulé le climat dans le nord mexicain, réduisant d’autant la température sur place. Cela m’a aidé à me réhabituer à un environnement plus froid. Je vais rester ici jusqu’à demain matin ; je prendrai ensuite un bus en direction de la Normandie pour retourner au travail demain soir. Il faut que je pense à l’université aussi. J’ai mille et une chose à faire mais, pourtant, je ne m’en fais pas tellement. Il résonne encore à mes oreilles des rythmes de banda mexicaine et, tournant la tête, j’ai l’impression d’apercevoir l’espace d’une fraction de seconde un vendeur de tacos ambulant. Si je ferme les yeux, alors soudain j’ai la sensation que je suis toujours là-bas, qu’il me suffit d’un rien pour prendre un bus pour Acapulco et arriver directement au bord de la playa Papagayo. Encore un petit effort et me voilà à Zipolite, rigolant à gorge déployée aux blagues de ce cher Antonio, tandis que son chat Mao Yang se frotte à ma jambe dans l’espoir d’un câlin. Tout à l’heure j’irai m’immerger dans le Pacifique du côté de la playa del amor. Mais pas maintenant. Maintenant je veux juste rester un peu plus longtemps en haut du Cósmico, bercé par le son des vagues en contrebas, enrobé de cette douce chaleur tropicale, tandis que je finis ma bière, cette bière si rafraîchissante. Si la vida te da limones, pide ¡tequila y sal!

Lun. 18 sept. 2017. — Langrune-sur-Mer, Normandie. — Mes deux premières semaines de rentrée ont été bien remplies, trop remplies même. J’ai commencé par retrouver mon travail au lycée où je reprends cette année mon mi-temps comme assistant d’éducation pour deux nuits d’internat et une matinée d’externat. J’ai enchaîné toute la semaine suivante comme manœuvre sur le chantier d’un restaurant gastronomique. Je ne peux pas dire que j’ai été d’une grande aide, déjà à cause de la fatigue provoquée par le décalage horaire mais surtout parce que je n’y connais pas grand chose. Le travail commençait tôt le matin et finissait tard le soir ; ce qui m’a fatigué encore plus. Cependant ce fut une petite expérience riche en apprentissages et en rencontres. Surtout cela m’a permis de passer du temps avec les amis à qui appartiennent le restaurant en plus d’être gracieusement logé. La semaine passée je suis retourné au lycée pour reprendre mon service. Puis celui-ci terminé, je me suis cette fois-ci retrouvé sans perspective de logement. L’on m’avait pourtant fait miroiter une possible place dans une colocation mais finalement cela ne s’est pas fait. J’ai alors honteusement contacté des amis vivants sur la Côte de Nacre. Ce coin de pays porte ce nom du au fait que la mer est ici très irisée, lui donnant une couleur de nacre. Je me retrouve donc à quelques centaines de mètres de la Manche dans une petite maison de pierre typiquement normande. J’y suis arrivé vendredi soir dernier et, par décompensation je pense, je suis tombé malade le lendemain, sinusite et bronchite. Je suis donc de repos forcé depuis, ce qui au final n’est pas plus mal. Je vais en profiter pour finir les lectures que j’ai entamé et publier les dernières chroniques pour le Summer Star Wars qui prend fin dans quelques jours.

Mercr. 20 sept. 2017. — Mondeville. — Hier en fin de journée heure de Paris, s’est déclaré au Mexique un tremblement de terre de magnitude 7.1 au niveau d’Izúcar de Matamoros, plus précisément vers Raboso à l’est de l’État de Puebla. Extrêmement violent il a eu des répercussions importantes, notamment à Cuernavaca dans l’État voisin de Morelos. Selon les informations que j’ai pu glaner sur les radios locales il y a eu de nombreux dommages un peu partout, entre autres dans le centre historique et près du zócalo où j’ai mon logement, mais le plus impressionnant restant probablement l’effondrement de la Torre Latinoamericana. Dans la nuit qui a suivi une réplique s’est faite ressentir sans pour autant générer trop de problèmes supplémentaires. Les recherches dans les décombres ont commencé peu après le séisme, ont duré toute la nuit et continuent aujourd’hui. De plus une grande partie de la population mais aussi des entreprises privées aident comme elles le peuvent les personnes et les structures qui en ont besoin en apportant logistique, matériels, nourritures, médicaments, etc. De nombreux témoignages ont émergé sur les réseaux sociaux mais aussi dans les médias — même venant des médias eux-mêmes. Selon tout ce que j’ai pu voir, lire et entendre, cela a été l’enfer à vivre. Heureusement toutes les personnes que je connais sont saines et sauves mais sont clairement sous le choc. J’ai une envie folle d’être sur place, et ressent une certaine culpabilité à être si loin alors que je pourrais moi aussi aider. Depuis que c’est arrivé je n’arrive pas à décrocher de mon téléphone, à l’affût de toutes nouvelles informations. Je voudrais tellement être là-bas.

Lun. 25 sept. 2017. — Caen. — Durant mon séjour au Mexique, un petit accident est arrivé à mon IdeaPad. Pour le dire rapidement, il a pris de la bière. Le résultat est que le clavier est devenu inutilisable et j’ai du le remplacer sur place par un clavier usb qwerty en espagnol. Mon utilisation première de cette machine est pour les cours ; aussi devoir me balader avec un gros clavier en plus rend le côté nomade un peu obsolète. J’ai donc dû lui trouver un remplaçant et, en l’absence d’argent pour ça, j’ai récupéré un petit Eee PC Seashell, un 1015BXO selon dmidecode, sur lequel j’ai installé une Debian 8. C’est un ordinateur sympa, assez léger et qui fait office pour moi de machine à écrire évoluée — je n’ai pas tellement besoin de plus. L’installation de GNU/Linux et sa configuration se fait sans souci. J’ai juste eu un petit problème avec le son. La bestiole embarque une ATI Wrestler HDMI avec un chipset Realtek ALC269VB chez moi. Seulement il se trouve qu’à cause du HDMI le système détecte deux cartes sons au lieu d’une. Aussi, par défaut, il va chercher à utiliser la première alors que le son ne peut sortir que de la seconde. Pour corriger cela, il faut simplement indiquer au système d’utiliser la deuxième (notée 1) en créant un fichier /etc/asound.conf contenant ces lignes :

defaults.ctl.card 1
defaults.pcm.card 1
defaults.timer.card 1

Ceci étant fait, il ne restera plus qu’à lancer alsamixer et augmenter le volume sur Master.